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 don't ghost me again (tobias+victoria)


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Victoria Barrett

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· don't ghost me again (tobias+victoria) · Mer 6 Mai - 2:47
Il doit être presque dix heures lorsque je daigne sortir de mon lit. C'est tellement rare que je prenne le temps de me reposer mais aujourd'hui, j'en avais envie. Ou peut-être même besoin. La tête pleine de questions, il m'est difficile de trouver le sommeil la nuit et mes gardes sont de plus en plus longues en ce moment. J'adore mon travail, être ambulancière est une vocation pour moi mais je ne sais pas, j'ai l'impression que les gens sont un peu plus idiots qu'auparavant, que ces quelques semaines de panique à cause du virus leur ont donné envie de laisser parler leur créativité. Et vous parlez d'une créativité. Les appels se ressemblent et c'est usant. Je m'assois dans mon lit, tourne légèrement mon buste et les pieds dans le vide, j'entends mes parents discuter dans la cuisine. Nathan doit être entrain de travailler s'ils sont tous les deux là. Rapidement, je me lève et mes pieds sur le tapis, je prends quelques secondes pour m'étirer avant de commencer mon rituel habituel du matin : ouvrir les volets, dire bonjour au cimetière et puis faire mon lit. Ma mère m'a toujours dit que si on quitte sa chambre le lit défait, une mauvaise chose arrivera la journée même. Je ne suis pas superstitieuse mais pourtant, je le fais tous les matins. Et même lors de mes nuits à la caserne, si l'alarme me réveille en sursaut, je prends le temps de tirer les couvertures, ce qui a le don d'agacer mes collègues. Une fois cela fait, je file à la cuisine, écrase un bisou digne d'une enfant de cinq ans sur la joue de mes parents, attrape les céréales et m'en verse un bol plein. Du lait, un peu de miel et je commence à manger. Mes yeux passent de l'un à l'autre. Qu'est-ce que j'aime leur complicité et leur simplicité. J'ai été adoptée, je le sais et je le vis bien. Ils sont mes parents et personne ne pourra jamais remettre cela en cause. La matinée passe rapidement et après un grilled cheese en guise de repas de midi, je vérifie mes messages. Toujours aucune réponse de Tobias à mes nombreux textos. Cela fait quelques semaines que nous ne nous sommes pas vus et il me manque. Nous avons une relation en dents de scie, tous les deux. Tout allait si bien avant que je lui avoue mes sentiments il y a cinq ou six ans de cela. J'ai perdu le compte parce que c'est si loin et puis, tout ça, ça n'existe plus aujourd'hui. Il y a bien un garçon qui me plait mais ce n'est pas Tobias. J'enfile un jeans, un tshirt et coiffe rapidement mes cheveux. Il n'a pas répondu à mes nombreuses demandes pour que l'on se voit alors, je décide de prendre les devants. J'y vais, à ce soir ! Que je lance à mes parents en faisant claquer la porte de la maison derrière moi. Rapidement, je suis au volant de ma voiture et me dirige vers la bibliothèque, où Tobias travaille. S'il est là, tant mieux, s'il n'est pas là… J'en profiterais pour renouveler mon abonnement. Je conduis en direction de l'université, où je n'ai jamais mis les pieds, si ce n'est pour quelques bobos de certains étudiants. Un match de foot qui tourne mal, une bagarre dans les couloirs. Garée près de la bibliothèque, je saute de mon véhicule et range mon cellulaire dans la poche arrière de mon jeans. J'espère qu'il est là, vraiment, parce que j'ai terriblement envie de discuter avec lui, de m'aérer l'esprit et pourquoi pas de lui demander pourquoi il m'évite comme il le fait. Je ne veux pas le perdre à nouveau. Il n'y aura pas Caleb pour nous remettre les idées en place cette fois-ci. J'entre dans la bibliothèque et j'ai l'impression d'entrer dans une chambre mortuaire. Le silence règne ici et, si ça peut angoisser de nombreuses personnes, j'adore ce silence. Cela peut sembler bien étrange quand on me connaît, étant de nature bavarde et hyper active, mais il n'y a rien qui me met de meilleure humeur qu'un peu de silence, pour pouvoir le combler par la suite. Je regarde à l'accueil et il n'y a pas de Tobias. Je décide alors de me diriger vers les rayons et de regarder tout ce qui m'entoure. Je le vois au loin et un large sourire se dessine sur mon visage. Je me dirige vers mon ami d'un pas rapide et alors qu'il range des livres en rayon, je souffle J'aurais besoin de conseil pour un ami… Un livre du style 'prendre son téléphone et répondre aux messages de sa superbe amie de toujours'. Vous avez ça en rayon ? Je lui offre mon plus sourire et me retiens carrément de ne pas lui faire le plus gros câlin de l'univers. Sa petite tête m'a manqué et il me fallait simplement ça pour que mon mood un peu morose de cette matinée disparaisse. La simple idée de voir mon plus vieil ami me réchauffe le coeur et me fait du bien.

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Tobias Shaw

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· Re: don't ghost me again (tobias+victoria) · Sam 16 Mai - 11:07
Le manque d’entrain de Tobias Shaw était évident. Lui qui aimait pourtant son job venait à la bibliothèque avec des pieds de plomb. Il saluait sa responsable d’un geste morne, esquissait un pâle sourire pour lui assurer que tout allait bien quand elle s’inquiétait de le voir si morose, si silencieux, si distrait, si lent. Il était clair que ça n’allait pas mais il n’avait pas envie d’en parler - ne pouvait pas en parler. Parce que personne ne savait, pour Victor, personne ne pouvait dès lors savoir que son retour était à l’origine de cette dégringolade dans l’humeur toujours égale du fils du pasteur. Il n’était pas du genre à faire des remous, ni à se faire remarquer, mais il arborait peu cette mine défaite (ou du moins s’en était-il écarté, peu à peu, au fil des semaines, quand il avait compris qu’attendre le retour de Vic était vain, qu’il ne pouvait pas mettre sa vie sur pause en espérant des nouvelles, qu’il devait reprendre sa routine, l’adapter à son absence, tout en étant prêt à tout reprendre où ils s’étaient arrêtés lorsque le jeune agriculteur lui reviendrait). A aucun moment il n’avait imaginé de la rancoeur à l’égard de son amant, il avait été bien décidé à ne pas lui reprocher son silence, il s’était assuré qu’il serait trop heureux de le revoir (de le ravoir dans sa vie) pour l’accabler de morsures et d’amertume.
Mais voilà, les choses ne s’étaient pas passées comme ça. Victor était revenu, après ce qui avait semblé à Tobias une éternité, presque une année entière, et il l’avait largué. Comme ça. Sans véritable explication - ou en tout cas celles avancées n’avaient pas convaincu Tobias qui n’avait pourtant rien pu faire pour retenir son amoureux. Pire. Les mots, la remise en question de près d’une décennie d’un amour doux et sincère, dissimulé et protégé, avaient crevé le coeur du jeune bibliothécaire comme des balles de revolver auraient pu le faire. Il n’y avait pas eu d’effusion de sang mais la douleur physique avait pourtant été là, bien réelle, imprimée dans sa chair et c’était ce chagrin que le garçon ravivait chaque jour, qu’il nourrissait sous la couche d’hébétude. Ses gestes étaient lents parce que son esprit était ailleurs, focalisé sur ce que sa nouvelle réalité était censée être (et qu’il ne parvenait pas à accepter, à laquelle il ne trouvait aucun sens). Il ne savait pas comment il était supposé vivre sans Victor. Il l’avait fait pendant près de douze mois mais ça n’avait pas été pareil: parce qu’il attendait son amant, parce qu’il était sûr que la séparation était temporaire, nécessaire pour que son joli prince aille mieux. Il n’avait pas envisagé une seule seconde qu’il puisse être célibataire depuis plus d’un an. C’était inconcevable. Impossible. Il était sûr que son coeur ne s’en remettrait pas.
Ce jour-là n’échappait pas à ses nouvelles habitudes. Il avait salué Miss Egleton, éludé ses questions ( et évité son regard) et s’était mis directement au travail. Entre les rayons, il était moins dérangé, sauf par les occasionnelles demandes des visiteurs, mais eux aussi semblaient deviner les ondes négatives qu’il dégageait et préféraient se diriger vers l’accueil pour interroger la dame affable qui y était installée. Sans doute aurait-il droit à une légère réprimande et il était sûr que s’il lui disait carrément qu’il avait le coeur brisé, que c’était pour ça qu’il était dans cet état, Miss Egleton le laisserait faire son deuil dans son coin, mais il n’arrivait pas à formuler cet aveu, il avait peur de se mettre à pleurer comme ce jour-là, avec Victor, s’il disait les mots à haute voix. Il se trouvait dans une allée, son chariot de livres rendus posté à son côté. Il venait de les classer par ordre alphabétique pour pouvoir les ranger plus facilement au fur et à mesure et avait entrepris de les glisser dans les interstices lorsqu’une voix interrompit ses gestes mécaniques.
Une voix qu’il aurait reconnue entre mille. Une voix qui lui aurait fait bondir le coeur de joie, comme elle l’avait fait au cours des derniers mois, lorsque leur amitié s’était doucement renouée (il refusait d’y voir la coïncidence avec l’absence de Victor), à un autre moment, mais qui ne fit que serrer le pauvre muscle cardiaque en déroute. Tobias savait pourtant que ce moment devait arriver: son silence ne pourrait persister, pas avec quelqu’un comme Victoria. Le jeune homme suspendit son geste et se tourna vers elle, un sourire craquelé aux lèvres.
- Hey, commença-t-il, la voix rauque, avant de reposer son livre. Désolé, j’ai complètement oublié de te répondre, avoua-t-il comme si ce n’était pas évident, comme si ce n’était pas la raison pour laquelle elle était venue jusqu’ici pour le débusquer. Je ne me sens pas très bien, ces jours-ci, je ne voulais pas te contaminer.
Prétendre une maladie n’était peut-être pas indiqué mais n’en était-ce pas une, en quelques sortes? La maladie d’amour, ou plutôt celle du chagrin, un fléau qui touchait tous les coeurs amoureux et qui venait de s’insinuer dans le sien. Tobias avait l’impression qu’il ne retrouverait jamais le sourire, jamais la joie de vivre, jamais le plaisir et qu’il était condamné à errer dans le labyrinthe de son esprit torturé. Il n'avait pas envie de faire subir sa compagnie à son amie.
Ou plutôt, il avait peur des questions qui pourraient survenir.

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· Re: don't ghost me again (tobias+victoria) · Ven 12 Juin - 1:44
J'ai toujours un sourire collé au visage en temps normal. Mais ces derniers temps, je suis triste. Triste de quoi, pourquoi, j'en sais trop rien. J'en discute avec ma mère des fois et les excuses qu'elle me trouve ne me plaisent pas. Rien ne me convient et je pense que c'est parce que je sais d'où ça vient et ça me fait peur. J'ai l'impression d'être renvoyée des années en arrière et je n'aime pas cela. La vie et le bonheur, c'est quelque chose qui se cultive, un peu comme une plante. Et mon bonheur à moi, ce n'est pas une plante grasse qui n'a besoin d'amour et d'affection de temps en temps, quand on a le temps. Rien que de penser cela, je sais ce que je dois faire pour ma vie, mon bonheur et c'est d'ailleurs ce qui me motive à quitter la maison et à filer vers la bibliothèque de l'université. Mon bonheur, c'est son sourire, son rire et nos moments ensemble. Enfin, une partie de ce dernier. J'ai besoin de retrouver Tobias, mon Tobias. Pas celui dont je suis tombée amoureuse plus jeune mais celui que j'ai retrouvé il y a quelques temps. Des tas de choses nous arrivent tous les jours. Un jour sans émotions, c'est un peu un jour perdu à mes yeux et c'est bien pour cela que je vis à cent à l'heure. Le repos, c'est pas que c'est pour les faibles - et pourtant je dis souvent que je me reposerais dans ma tombe, une fois que je serai morte - mais je veux faire mon maximum de tout, pour tout. Et si je dois traverser une bonne partie de la ville pour trouver cette tête brune et coller un sourire - en sticker s'il le faut - et bien je le ferais. Parce que je suis idiote et qu'on a tous besoin d'un peu d'idiotie dans sa vie, non ? J'arrive rapidement et je le trouve tout aussi rapidement. C'est un immense sourire qui se dessine sur mon visage, rien que de le voir, ça me rend heureuse. Ouai, c'est ça le bonheur. Retrouver ses amis et être joie à l'idée de passer un moment avec eux, même si c'est pour discuter à voix basse entre des bouquins poussiéreux que des gens n'ont probablement pas touché depuis des années. Hey. Un simple mot et me voilà comblé. Il n'a pas perdu la parole. Par contre, son regard me montre bien qu'il a perdu quelque chose, la lumière, la passion, il manque quelque chose chez Tobias et ça m'inquiète presque. Non, ça m'inquiète. Il a complètement oublié de répondre. Sombre mensonge. On oublie de répondre à un message, pas à une salve de textos qui vous demande si vous êtes toujours en vie. Heureusement que l'une de mes lectures - habitude copiée sur mon père - est celle de lire les avis mortuaires au petit matin. Je ne me sens pas très bien, ces jours-ci, je ne voulais pas te contaminer. Je fais une petite mine triste et m'approche de lui. T'aurais pu me le dire Tobias… Je t'aurais amené de la soupe et je serai venue te faire du thé au citron et au gingembre ! Que je lâche le plus naturellement du monde, mon regard le couvant. Je me rapproche de lui et pose mes mains sur le chariot de livres à ses côtés. Et ça va mieux ? Tu te sens bien maintenant ? S'il est de retour au travail, je suppose que oui. Il va mieux sinon il ne viendrait pas contaminer tout le monde, n'est-ce pas ? Comme ce virus qui nous a embêter il y a quelques semaines. C'était appel sur appel à la caserne et je n'ai jamais connu un shift de cette intensité. Enfin, si ce n'est aux évènements importants bien entendu. Je peux te faire un câlin ? Que je demande rapidement. Ce n'est pas mon genre de demander ce genre de choses en temps normal mais là, je vois bien qu'il y a quelque chose qui cloche et ça me tracasse. J'ai presque une boule qui se forme dans mon estomac. On a vraiment l'impression qu'il a la peine du monde sur les épaules et c'est… difficile à regarder. T'es sûre que tu devrais être là si t'es malade Tobias ? Tu veux venir chez mes parents ce soir, pour te reposer et tout ? Ma mère fait de très bonnes soupes et je suis sure que ça fera plaisir à mes deux parents de revoir le petit Shaw, comme ils l'appellent toujours.
@Tobias Shaw
(sorry, j'ai été une grosse patate du rp ces derniers temps..)

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· Re: don't ghost me again (tobias+victoria) · Jeu 2 Juil - 11:04
Son père ne lui posait jamais de questions. Ils avaient perdu cette habitude depuis belle lurette. Celle de discuter, de partager. A force, ils avaient dû s’habituer au silence et à la réprobation de l’autre et dans une période comme celle-ci, cela arrangeait plutôt Tobias, qui n’aurait pas supporté de forcer la conversation, de chercher des sujets factices sur lesquels ils pourraient feindre de s’entendre. Son père avait sûrement remarqué le changement d’attitude et d’humeur mais, comme toujours, il se contentait d’un léger froncement de sourcils, d’un regard où brillait une vague lueur inquisitrice, mais jamais les mots ne venaient cueillir Tobias au passage. Il laissait son fils filer et retournait à ses sermons. Et Tobias… Tobias il retournait à ses rayons.
Mais il n’abuserait pas Victoria aussi facilement, il le savait. Parce que son amie était trop futée pour ça, déjà, mais surtout parce qu’elle avait une sensibilité que le pasteur n’avait pas, Tobias en était certain (à moins qu’il réserve sa retenue et son jugement à son dernier rejeton, c’était une possibilité aussi). Il redoutait dès lors davantage de passer sous le microscope de la pétillante Victoria que de frôler les questions muettes de son patriarche. L’un n’irait pas fouiner, fouiller, interroger, tandis que l’autre ne manquerait pas d’user de sa franchise naturelle pour lui tirer les vers du nez. En temps normal, dans une situation qui concernait n’importe quel autre sujet, il aurait même été ravi d’ouvrir son coeur, de se plaindre auprès d’elle, sachant qu’elle trouverait les mots pour le requinquer, mais Victor était son secret le mieux gardé et il comptait le préserver, encore et encore, quand bien même ça n’était plus utile, puisqu’ils n’étaient plus ensemble.
Il fallait juste qu’il tienne bon, qu’il fasse bonne figure, qu’il tire son plan pour ne pas alarmer Victoria, mais il n’avait plus d’énergie, il était apathique, abattu, il avait juste envie d’être seul. Il s’en voulut d’offrir un si piètre mensonge à son amie (c’était à croire, au fond, qu’il voulait le contraire, qu’elle s’insinue en lui, qu’elle le bouscule gentiment, qu’elle le sorte de sa léthargie) et il ne fut pas étonné qu’elle trouve une répartie enthousiaste et optimiste à sa maladie inventée. Allait-il mieux? Se sentait-il bien maintenant? Non. Non. Il avait l’impression qu’il n’irait plus jamais mieux, qu’il ne se sentirait plus jamais bien, mais il savait aussi qu’il avait cru la même chose quand Victor était parti et il avait pourtant fini par reprendre le cours de sa vie. Alors, maintenant, il ne lui restait plus qu’à attendre que ce sursaut vienne, n’est-ce pas? Mais comment l’espérer quand la dernière fois, il s’était assuré que ce n’était que temporaire, alors qu’aujourd’hui, tout était fini?
- Mmmh, ça va, ça dépend des jours, fut la réponse la plus sincère qu’il put trouver pour éluder la vérité.
Victoria voulut lui faire un câlin et même dans la brume de son esprit, Tobias sut que c’était plutôt inhabituel de la part de la demoiselle. Il lui décocha un regard incertain, un peu sceptique, et si l’envie ne manquait pas de céder à cette offre bienvenue, Tobias préféra y résister, certain de se mettre à pleurer dans le cas contraire.
- Non, non, ça va, je t’assure. Je dois juste me remettre…
Malheureusement, sa voix était à peu près aussi sûre et crédible que ses mots et elle se brisa sur le dernier mot. Se remettre. Pouvait-il seulement tourner la page? Ils étaient censés entamer un nouveau chapitre, pas refermer le bouquin. Et comment devait-il supporter l’idée de croiser Victor en ville sans avoir la possibilité de le retrouver, d’être seul avec lui, de glisser les mains sur son visage, de presser ses lèvres contre les siennes? La gorge de Tobias se serra et il se mordit la lèvre inférieure en tentant de refouler ses larmes.
- … ça va passer. C’est juste une mauvaise période à traverser.
L’euphémisme l’aurait presque fait sourire si son visage n’avait pas été si crispé par la douleur. Finalement, il déglutit, reposa le livre sur le chariot et lâcha d’une voix rocailleuse:
- En fait, je veux bien ce câlin…
Il n’attendit même pas qu’elle vienne à lui, il passa ses bras autour des épaules délicates et si solides à la fois de Victoria et enfouit son visage dans le creux de son cou.
Pour se cacher. Pour se reprendre. Pour s’imprégner de son parfum familier et rassurant. Pour se consoler de ne pouvoir serrer son amant dans ses bras. Pour se sentir moins seul.
Pour tout ça à la fois.

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