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 Hey brother... it's been a while.


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Skylar Beauchamp

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· Hey brother... it's been a while. · Sam 9 Mai - 20:57


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    ☼ Une nuit calme tombe lourdement sur la petite ville de Windmont Bay, les habitants s’empressent de terminer leurs tâches pour retrouver le confort rassurant de leurs jolies maisons entourées de clôture blanches et de haies bien taillées tandis que les nocturnes s’éveillent lentement et troublent le silence inquiétant qui envahit peu à peu les rues. Tes pieds, à l’étroit dans tes petites ballerines ternies et trouées, heurtent la chaussée en cadence. Tu avances péniblement, le cœur au bord des larmes et le corps las. En apparence c’est une nuit calme, mais dans son silence c’est une nuit de rage. La tête penchée vers l’arrière, tu vides la bouteille entamée quelques heures plus tôt lorsque la peine est devenue trop insupportable pour que tu restes sobre. Ce liquide âpre t’écorche le palet, racle le fond de ta gorge, il t’assèche et t’enlève le goût de vivre. Mais comment pourrais-tu l’avoir quand cette vie n’a rien d’autre à t’offrir que du vide ? D’un revers de manche colérique, tu essuies tes lèvres gercées, t’arrachant la peau, la faisant saigner. Ta langue récolte les précieuses gouttes de vie au moment où ta main pousse une lourde grille en fer forgée. L’angoisse surgit dans un bruit lorsque elle grince bruyamment sur ses gongs, mais il en faut bien plus pour t’impressionner. Sous tes chaussures, des graviers crissent et heurtent ta plante de pied très peu protégée par les fines semelles usées. Tu n’y prêtes aucune attention et ne ralentis pas pour autant ta marche. Mais chaque pas est un choc qui frappe durement ton cœur et tu finis par vaciller, les yeux embués et rougis par les larmes qui sillonnent sur tes joues rondes. Tes doigts se desserrent et le cadavre de la bouteille tombe sur le sol. Des morceaux de verre tranchants se retrouvent éparpillés dans cette allée inanimée du cimetière. L’endroit est bien glauque pour y passer son samedi soir, qu’est-ce que tu fais ici Skylar ? Le passé n’a de cesse de te ramener vers la mort, la grande faucheuse semble s’être prise d’affection pour les tiens et ce, depuis plus longtemps que tu ne le penses. T’es attirée par le vide, et ce soir tes pas te traînent par ici, vers cette terre remuée il y a douze ans jour pour jour afin d’y entreposer le corps de ta mère emportée par le cancer. Elle gît là, entre des planches de bois, une carcasse vide dont il n’y a plus rien à tirer sinon des regrets. De l’avoir perdu trop tôt, de n’avoir pas su la garder et sûrement, de n’avoir pas su profiter d’elle suffisamment de son vivant. Le jour où elle est partie, tu n’as pas eu d’autres choix que celui de prendre sa place à la maison et t’aurais aimé qu’il en soit autrement. T’aurais aimé que ton connard de géniteur ne se lamente pas davantage qu’il ne le faisait déjà sur son sort pour des raisons qui t’échappent encore, t’aurais aimé rester une enfant en devenir, une enfant avec un avenir. T’as perdu beaucoup quand elle est partie, mais pas tout. Et ce n’est pas uniquement pour pleurer sa perte que tu traînes tes guêtres dans ses allées mortuaires désertiques à la nuit tombée… Tu as d’autres plans en tête, bien qu’ils soient nébuleux et embrumés par l’alcool qui circule en abondance dans tes veines. Ta présence fantomatique parmi les ombres refuse de se mêler au cortège funèbre silencieux et le verre explosé sur le sol témoigne de ton envie d’être repérée. Ça ne devrait plus tarder… A cette heure-ci, plus personne ne traîne par ici. Qui s’attarderait au beau milieu d’un cimetière la nuit ? Les morts n’ont pas la réputation d’être causants ou de bonne compagnie et tu te demandes bien pourquoi il travaille ici, Jax. Quel est l’intérêt ? Qu’est-ce qui peut bien lui plaire dans le fait d’arpenter ses allées glauques à longueur de journées ? Au milieu des réminiscences perpétuelles du passé, trouve-t-il le silence mortel plaisant ? T’as beau chercher, tu ne comprends pas ce qu’on peut bien trouver d’intéressant à un pareil endroit. Le recueillement, faire son deuil, pleurer les siens : tout ça ce ne sont que de pures foutaises selon toi. Ça ne sert à rien. Ils sont partis vers une meilleure vie les morts, tu penses, et ils doivent bien rire de tout ça. Un jour, toi aussi, tu riras. Pour l’heure, t’as surtout envie de hurler ta peine que t’as pris l’habitude de masquer par ta haine. Tu ne devrais sûrement pas être là dans un aussi piteux état, ça ne va rien arranger tu sais…  Tu ne vas pas savoir te contrôler et Jax, il va payer les pots cassés. Il doit regretter lui-aussi, après tout vous avez partagés quelques années de vie alors tu sais bien tout ce qu’il a enduré. Et au fond de toi, tu comprends pourquoi il s’est tiré, tu comprends que c’était le mieux à faire mais tu n’arrives pas à accepter l’idée qu’il t’ait laissé derrière. Toi, la gamine esseulée, oubliée, t’as pleuré des jours et des nuits entières la disparition de ton aîné avant de décider de le rayer de ta vie. Il est plus simple de haïr que d’aimer, ça fait longtemps que tu en es arrivé à cette conclusion et si ça ne te rends pas heureuse, au moins ça ne te déçois plus.  Et pourtant, tu es là ce soir, en train d’arpenter les allées du cimetière à la recherche de ce fameux grand-frère. Alors Skylar, combien de temps continueras-tu à te mentir à toi-même, hein ? Tu secoues la tête, abusée par ta conscience et tes questionnements internes et de ton paquet de cigarettes, tu sors une cancéreuse pour venir la glisser sur ta lippes sèche. Où es-tu Jax ? L’impatience transparaît dans tes gestes nerveux, tu t’agaces sur ton briquet pour obtenir une maigre flamme qui fout le feu au bâtonnet de la mort sur lequel tu tires férocement. Et à travers la fumée que tu relâches devant ton visage, la silhouette du frère disparu se dessine. Un léger sourire fend tes lèvres, il se veut narquois mais ne l’est pas totalement. Refusant toutefois que ce sentiment bienheureux ne s’installe, tu reprends vite la main et d’un ton acerbe, tu craches « Alors l’croquemort, tu fais des heures supp’ ? »

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Jax Beauchamp

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· Re: Hey brother... it's been a while. · Sam 16 Mai - 16:51
Le cimetière le jour et le cimetière la nuit, ce n’était pas du tout le même décor. Il n’avait plus rien d’inquiétant pour l’employé qu’était devenu Jax au fil des semaines et il avait même été surpris de l’aisance avec laquelle il s’était mis à évoluer parmi les allées et les tombes, comme s’il était né pour ça. Mais il persistait une ambiance mystérieuse, auréolée d’inquiétude, quand le silence tombait sur l’endroit, comme s’il était plus dense, plus opaque ici qu’ailleurs, malgré les sources de grabuge extérieur - un coup de klaxon impatient, une groupe de jeunes riant haut et fort en longeant les murs, le cri indéfinissable de quelque animal nocturne qui traversait la pelouse. Si Jax devait être honnête, il devait avouer qu’il appréciait le côté un peu mystique de l’endroit, qu’il attendait avec une certaine impatience, parfois, l’arrivée du dernier tour avant de rentrer chez lui, quand il parcourait le périmètre en silence, guettant le moindre signe d’intrusion. Il arrivait que certains trouvent judicieux d’envahir l’espace des morts pour une soirée hantée et quand Jax les trouvait, il les rappelait à l’ordre et les ramenait à la grille - parfois, c’étaient les cadavres des bouteilles qui trahissaient le passage des contrevenants et, alors, Jax devait aller chercher un sac poubelle pour nettoyer la tombe qui avait servi de lieu de rassemblement.
Les premiers temps, Jax n’avait pas été rassuré à l’idée de parcourir le cimetière à la nuit tombée, mais les journées s’allongeaient avec l’arrivée de l’été et il savait qu’il n’aurait pas à expérimenter les longues nuits avant l’automne et l’hiver suivants, ce qui l’arrangeait bien. D’ici là, le jeune homme espérait s’être rôdé à son nouvel emploi (qu’il espérait être le dernier après les changements effectués au cours des deux dernières années) et, bientôt, ses virées seraient habituelles, il pourrait peut-être évoluer les yeux fermés, connaître les moindres recoins (et surtout ceux que les intrus préféraient). Pour l’heure, il prenait encore ses marques, travaillait la journée au milieu des fleurs et des plantes, les souvenirs des étés passés avec son père ravivés, et alternait avec des soirées où il jouait les gardiens de nuit. Les changements de fonction n’étaient pas pour lui déplaire, elles lui permettaient de ne pas s’enliser dans une routine, dans des tâches répétitives et ennuyeuses. Le cimetière était comme un jardin immense dont il fallait prendre soin avec méticulosité et Jax ne regrettait pas une seule seconde d’avoir opéré ce changement - même si ce changement, de son propre aveu, était principalement induit par son désir de vouloir être plus près de son amant.
Jax suivait désormais un parcours étudié pour visiter chaque recoin du cimetière et s’assurer que personne ne venait perturber le sommeil des morts ou profaner une tombe. Le jeune homme se disait que les gens qui reposaient six pieds sous terre n’en avaient pas grand-chose à faire des échos des rires imbibés et des histoires folles racontées mais il y avait aussi une sorte d’indécence à agir de la sorte quand Windmont Bay regorgeait d’endroits où boire en cachette et défier les autorités. Peut-être qu’il se faisait vieux jeu, ou peut-être qu’il accordait une attention toute particulière à cet endroit singulier mais le résultat était le même: Jax veillait au grain, il voulait faire son travail, consciencieusement, il voulait mériter les responsabilités qu’on lui avait données.
Au loin, un son attira son attention. Il connaissait désormais la mélodie de la grille grinçante et il songea que la personne qui s’invitait dans le cimetière ne s’inquiétait pas de se faire remarquer, auquel cas elle aurait fait attention à minimiser le son qui trahissait son arrivée. Fronçant légèrement les sourcils, Jax interrompit son tour et entreprit de se diriger vers la source du tapage. Du verre se brisa et Jax accéléra le pas, pas vraiment inquiet, mais pas tout à fait serein non plus (sans doute parce que ces sons lui évoquaient invariablement l’intrusion d’un ivrogne et il détestait les ivrognes, on ne savait jamais quelles allaient être leurs réactions et ils lui rappelaient bien trop cruellement son père, qui était le roi de ce peuple imbibé d’alcool) et quand il déboula dans une allée perpendiculaire, il s’arrêta net en devinant la silhouette frêle (trop frêle) qui semblait pourtant prendre toute la place, dissimulée par un écran de fumée, localisée par un rougeoiement incandescent.
Jax n’eut pas besoin de voir son visage pour la reconnaître. Même deux années d’un silence quasi complet, assourdissant, ne pouvaient effacer le souvenir de cette gamine qui avait grandi dans son sillage et qui avait été un dommage collatéral de sa couardise. Jax contempla sa soeur d’un air interdit, le regard vissé à ses chaussures abimées avant de remonter le long de ses jambes fines (trop fines), de son corps malingre, malmené, terrassé, pour remonter vers ses traits qu’il jugerait toujours enfantins, même s’il y avait longtemps que Skylar Beauchamp n’était plus une enfant - leur père y avait veillé. Le jeune homme déglutit avec difficulté et constata l’état d’ivresse avec ses joues lézardées de larmes, l’oscillation de la posture, il pouvait même presque sentir l’haleine empoisonnée de sa cadette. Qu’est-ce qu’elle fait là? se demanda-t-il d’abord avant d’éprouver un élan de culpabilité. Il en était presque venu à redouter ce face-à-face, ce qui était parfaitement ridicule, il le savait. Jax s’avança d’un pas et nota le sourire sans chaleur de sa soeur. La voix de Skylar perça enfin l’air et Jax sentit son coeur se serrer. Qu’avait-il fait? Qu’avaient-ils faits, lui et son père, de cette gamine qui n’avait rien demandé?
Il ne répondit pas immédiatement, chercha une raison à sa venue soudaine, elle qui l’avait férocement repoussé au cours des deux dernières années - au point qu’il avait cru ne jamais la revoir. Puis il songea à la visite qu’il avait payée ce matin à la tombe de sa mère et il en conclut qu’elle était là pour ça aussi, elle avait juste choisi un drôle de moment pour se pointer.
- Le cimetière est fermé. Si tu voulais voir sa tombe, il fallait venir en journée, pendant les heures d’ouverture, dit-il d’une voix qui se voulait neutre, tout en regrettant le sérieux de ses paroles.
N’avait-il donc rien d’autre à dire au seul membre vivant de sa famille? Il avait trop à dire, et aucun moyen de trouver les mots justes, il le savait. Et puis il était réticent à ouvrir la conversation quand elle était ivre, quand il était évident qu’elle n’était pas dans son état normal - et il ne savait même pas lequel était le pire.
Pinçant les lèvres, il alluma sa lampe de poche et balaya le gravier autour des pieds de Skylar, pour aviser les éclats de verre éparpillés (et l’état vraiment déplorable des ballerines de sa soeur).
- Est-ce que ça va? ne put-il s’empêcher de demander, quitte à risquer un ouragan de reproches et d’injures, autant lui montrer qu’il se souciait d’elle, même si elle devait s’imaginer le contraire.
Mais Jax n’avait jamais cessé de s’inquiéter pour elle, il ne se passait pas un jour sans qu’il se ronge de culpabilité, tout en n’ayant aucune idée de ce qu’il pouvait faire pour rouvrir le dialogue avec sa cadette. Ce soir, ce n’était peut-être pas le lieu ni le moment, mais Jax devrait composer avec les éléments.
- Tu veux un café? s’enquit-il finalement en éteignant sa lampe et en laissant retomber son bras le long de son flanc.

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· Re: Hey brother... it's been a while. · Dim 17 Mai - 13:35


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    ☼ L’atmosphère lugubre des lieux réunit les âmes sombres et rassemble les regrets, dans ces allées couvertes de graviers aux tombes bien alignées, les fantômes du passé se mêlent aux vivants pour une danse éternelle. Car ce sont bien à travers les souvenirs qu’ils continuent de vivre, tous ces morts, non ? Sans les vivants pour les rattacher à cette bonne vieille terre, ils ne seraient que de simples et tristes grains de poussière… Il se détache du cadre sinistre, celui que tu es venu trouver, bien vivant parmi les morts, son corps massif aux épaules larges s’impose dans l’allée et un léger frisson parcourt ta peau tandis qu’un vent de regret souffle sur vos retrouvailles inattendues. Et quelle étrange réunion ! Pourtant, tu trouves qu’elle vous ressemble bien car elle met en lumière votre passé commun et tu éprouves même une envie sarcastique de rire en pensant que c’est depuis leurs tombes, que vos parents vous rapprochent. Douce ironie, n’est-ce pas ? Quand le monstre était là, au lieu de vous souder pour l’affronter, vous vous êtes éloignés. Toi, fillette égarée, muette et désœuvrée, toujours dans l’ombre, silencieuse, à évoluer dans la pénombre sans oser faire entendre ta voix par crainte d’attirer des foudres imméritées. Le jour où il est parti, Jax, ce fut un coup de massue pour toi. Plus personne ne te protégerait. Plus personne ne prendrait les coups à ta place. Plus personne ne s’opposerait à la violence. Le jour où il est parti, Jax, tu as réalisé que tu ne pouvais compter que sur toi-même, que tu étais désespérément et irrémédiablement seule et que c’était ainsi qu’était faite la vie. A toi de décider de te battre, comme il l’avait fait ; ou de laisser tomber, comme elle l’avait fait. Un souffle nouveau t’a étreint alors, et t’as compris que pour être libre, il fallait qu’il soit mort.

    Mais qu’est-ce que la liberté lorsqu’autour de toi, il n’y a que du vide ? De cet affront insensé, qu’espères-tu tirer, Skylar ?  Si tu devais être honnête avec toi-même, ou avec Jax, tu avouerais qu’il te manque, que l’envie de renouer avec lui a toujours été présente, enfouie sous des couches de colère et des couches de tristesse, tu avouerais aussi que son départ a brisé ton cœur déjà largement meurtri et que tu aurais aimé qu’il vienne te chercher, qu’il t’enlève de cet endroit maudit, ce taudis où tu as grandi et où tous tes rêves se sont évanouis. Mais tu es bien trop fière pour réaliser un pareil exploit, tes murailles sont trop larges et trop hautes pour qu’on puisse les escalader (tu t’es assuré de ça) et tu préfères cracher du venin pour l’éloigner plutôt que distiller un doux nectar pour l’amadouer. La haine l’emporte haut la main. Tu te persuades qu’ainsi, rien ne t’atteint. Alors tu craches et tu vocifères, tu t’accroches à cette ambiance mortifère comme si elle pouvait t’aider à le confronter, ce frère que tu détestes tant aimer. Curieusement, c’est un sentiment serein qui t’étreint en l’apercevant et la chaleur de souvenirs familiers t’enveloppent malgré toi en douceur. Il n’y a pas eu que du mauvais dans votre histoire, il y a aussi eu des échappatoires, des moments hors du temps, des espaces de flottement, des accalmies, courtes mais essentielles qui vous auront permis à tous les deux de rester debout. C’est à ces réminiscences que tu dois ce sentiment agréable qui arrive à se faufiler jusqu’à ton âme – et peut-être que c’est ce que tu es venue chercher ici ce soir, Skylar, même si tu ne l’avoueras jamais. « Le cimetière est fermé. Si tu voulais voir sa tombe, il fallait venir en journée, pendant les heures d’ouverture. » La voix de Jax fend l’air, en écho à la tienne et c’est la déception qui accompagne ses paroles. Ta moue se mue en un air boudeur affligé et tu penches légèrement la tête sur le côté en le dévisageant.  Dois-tu être traitée comme n’importe quel visiteur ? Tu t’attendais à quoi, Skylar ? A ce qu’il bondisse de joie en te voyant, à ce qu’il déroule un tapis rouge pour que tu le souilles avec tes vilaines pattes, tes griffes et tes morsures ? Il n’est pas bête, Jax, et la distance qu’il entretient entre vous est très certainement plus sûre. C’est la safe zone dans laquelle vous ne vous jetez pas l’un sur l’autre pour vous écharper. Sage et avisé, le grand-frère, sûrement plus que tu ne le seras jamais. « Ah, y’a donc des heures pour emmerder les morts. Ces fainéants ne font plus que pioncer, j’vois pas trop ce que ça peut leur foutre tes heures de visite. » Chancelante, tu tires avec force sur la cigarette posée entre tes lèvres et tu aspires la fumée comme pour te donner le courage de l’affronter, ce frère qui n’a rien fait hormis te laisser tomber. « A c’qui paraît, c’est bien plus fun la nuit par ici et puisque t’es là, tu vas pouvoir me faire visiter justement ! C’est à ça qu’tu sers non ? ‘L’gardien des morts et de leur repos éternel’. Ça en jette ! Il en pense quoi ton mec ? Il kiff ? » Provocante, tu écrases les bouts de verre répandus autour de toi en t’avançant dans la sombre allée. Le bout de ta cigarette rougeoie, comme un signe : t’es là pour tout faire flamber. Oh tu te fiches bien des heures d’ouverture du lieu, tu te fiches des règles en général désormais car tu ne les vois plus que comme des limites, des atteintes à ta liberté. Tu ne seras plus jamais une fille sage, toi, une fille enchaînée. C’est terminé tout ça, c’est derrière toi. Tu es un électron libre qui oscille sur une ligne de conduite dangereuse et qui bascule, tantôt du côté de l’agonie, tantôt du côté de la vie. Tu survis péniblement, mais ce n’est pas à lui que tu l’avoueras, ça non ! Alors que tu t’approches, son visage t’apparaît plus clairement. Ce sérieux désemparé au fond des yeux qu’il a toujours eu pourrait t’émouvoir, mais tu refuses de te laisser berner par ta naïveté et tout ce que sa proximité peut évoquer chez toi. « Est-ce que ça va ? Tu veux un café ? » Serait-ce le début des hostilités ? La compassion dans sa voix sonne comme une invitation au sarcasme et tu ne te gênes pas pour saisir la perche qu’il te tend. « Un café à c’heure là ? Putain, Jax, les morts t’ont déjà retourné l’cerveau, c’est pas vraiment l’heure pour un café. Tu trouves que j’ai une sale gueule c’est ça ? Pourtant tout va bien. Je viens me recueillir sur la tombe de maman. Tu ne l’as pas fait toi aujourd’hui ? » Papillonnant des cils, tu oses un sourire narquois avant de te redresser brusquement et de faire semblant d’arranger ta coiffure. Puis, t’enchaînes, en prenant un air faussement préoccupé « Ça va mieux comme ça ? Tu crois qu’elle nous voit d’où elle est ? Tu crois qu’elle pense quoi de nous ? Qu’elle est fière ? » Un rire faux résonne entre les tombes, un rire de douleur qui martèle les stèles comme ton cœur frappe ta cage thoracique. « Elle doit se retourner dans sa tombe en nous voyant ouais… » Tu craches finalement, en écrasant ta cigarette terminée sur le sol. Puis, tu renifles bruyamment et avec aplomb, relève la tête pour ancrer ton regard vide dans celui de ton frère. « Tu m’laisses me recueillir avant d’me virer alors ? » T’aimerai pouvoir accepter ce café, cette main qu’il te tend, t’aimerai pouvoir discuter et aller de l’avant ; mais il y a quelque chose qui t’en empêche, quelque chose qui te freine. Tu te méfies des mains tendues, de ton expérience, personne n’agit par hasard et sans raison opportuniste.

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