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 TRICK OF THE LIGHT, PART. 2 (E/D)


F I L T H Y S E C R E T :: windmont bay :: Bridgewater Way
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Dorothy Lowe

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· TRICK OF THE LIGHT, PART. 2 (E/D) · Dim 7 Juin - 19:37
trick of the light, part. 2
“I found it is the small everyday deeds of ordinary folk
that keep the darkness at bay, small acts of kindness and love.”
w/ @Eason Harjo



Les jours passèrent, rodés, chronométrés, ordinaires. Chaque jour respecta son emploi du temps, minute par minute, sans écart notable, sans frasque ni surprise. Une semaine saine et satisfaisante, qui permis à Emy de ne pas multiplier de crises et à Dorothy de dormir sans trouble. Ainsi, il n’y eut aucun évènement particulier qui risqua de mettre la jeune femme en retard à son rendez-vous avec Eason. Un rendez-vous qu’elle avait priorisé, par rapport à d’autres éventualités. Elle avait ainsi bordé Emy une heure plus tôt, lui confiant la télécommande de son écran pour lui permettre de choisir elle-même son programme du soir sans son intervention. Il allait sans dire que le vase posé sur son bureau était aujourd'hui vide, après avoir accueilli plusieurs jours durant le bouquet de fleurs dérobées. L'absence de couleurs rendait la pièce plus monotone, presque lugubre, mais Emy s'en accommodait. Dorothy savait qu’elle avait une heure devant elle, un créneau qu’elle estimait suffisant pour honorer sa promesse dans de bonnes conditions. D’un pas léger, presque de course, elle dévala la rue de Bridgewater Way, ses cheveux bruns virevoltant sur ses épaules, se surprenant à surveiller son reflet dans les fenêtres éclairées qu’elle dépassait. Ses lèvres étaient tintés du verre de vin qu'elle avait siroté avant de venir et une odeur de cookies s’échappaient de ses poches. Après quelques minutes de marche, elle arriva au portail du jardin et se stoppa net. Elle avait failli grimper par-dessus le portique pour s’introduire de la même façon qu’elle l’avait fait la semaine dernière. Cette fois-ci pourtant, elle était attendue - inutile donc d’enjamber quoique ce soit. Dans la pénombre, elle jeta un coup d’oeil au cadrant de sa montre et patienta. Elle ne su trop pourquoi mais, les mains enfouies dans les poches de sa salopette blanche, elle ressentit une pointe d’appréhension au fond de son estomac. L’attente de ces retrouvailles, sans doute, avait créé en elle des interrogations et des scénarios divers. Et si le jeune homme qu’elle avait rencontré avait changé d’avis et avait décidé de porter plainte contre elle ? Et si elle était tombée dans son piège et était revenue sur les lieux du crimes par naïveté ? Elle secoua la tête, essayant de chasser ces idées de son esprit et pria pour qu’il intervienne rapidement et la rassure. Dorothy se mit finalement sur la pointe des pieds et essaya de percevoir à travers la verdure du jardin une quelconque silhouette se dessiner sous le perron et se mouver pour la rejoindre. « Allez, Eason… » chuchota-t-elle avec ferveur, comme pour l’invoquer.

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· Re: TRICK OF THE LIGHT, PART. 2 (E/D) · Ven 19 Juin - 16:14

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DOROTHY x EASON (part ii)

@dorothy lowe

La remarque balancée par la sexagénaire l’avait dérangé ; il avait observé le contenu du pichet durant une demi-heure, lassé de constater qu’il y avait bien quelque part, dans ces propos qu’elle lui avait tenus, quelque chose de vrai : un mot, une lettre, toute une réalité qui lui avait jusque lors échappé.  Okay, il avait fait des efforts. Ils n'étaient pas seulement vestimentaires, vaniteux, destinés uniquement à attirer l'attention. Il en faisait depuis qu’il avait décidé de s’installer à Windmont Bay – il en avait fait lorsqu’il avait décidé d’accorder sa confiance à cette Dorothy voleuse et qu’il s’était presque retrouvé à redouter les minutes, la course effrénée des heures, des jours.  Molesté par une impatience qui tenait presque de l’ébullition. Pas qu'il l'ait trouvé à son goût, comme le lui avait suggéré Mrs Brown, elle était jolie, elle avait ce truc, d'ailleurs, dans le vert Zelena qu'il avait aperçu; de cette nature sauvage qui le poussait à s'interroger (et pas forcément à interroger le fondement) - mais elle n'était pas ce béguin qu'il avait eu, qui s'exprimait sans retenue et ne donnait, de prime abord, aucune raison de s'accrocher aussi éperdument, de cette rareté qu'il n'avait pas eu besoin de croiser sur une voie impénétrable; dissolue, énervée, blessée et prête à en découdre avec le monde, lui le premier. Dorothy Lowe n'était pas blonde, elle était la queue d'une étoile filante - l'écho d'un phénomène sur lequel il aurait dû s'empresser de faire un voeu - 'faites qu'elle ne soit pas partie' (pas Tulip dont il avait réussi à faire le deuil, l'autre).Il évoluait sur le fil et s'attardait rarement sur ceux qu'il rencontrait; c'était une chose qu'il avait décidé de changer. Une des choses, d'ailleurs. Il avait un sachet dans la main lorsqu'il aperçut cette chevelure foncée là, le dos qu'il avait déjà eu l'occasion d'observer. Il réprima le sourire qui attaquait déjà ses lèvres. - Hey - lança-t-il, d'un ton atténué, Dorothy Lowe - elle était venue; il ne l'avait pas attendu pour rien. Le constat le surprit, il l'empêcha de gratifier la jeune femme d'une réplique concernant sa ponctualité. Il agita le sachet qu'il tenait désormais entre ses deux mains, comme pour se donner une contenance dont il n'avait jamais réellement besoin. - C'est pour vous - ça n'était pas grand chose, une paire de gants de jardinage, à sa taille (ou ce qu'il avait deviné être sa taille - il n'y connaissait rien). - Je me suis dit que peut-être il valait mieux éviter le tétanos ou même si j'ai pas vraiment regardé vos mains...éviter de ruiner votre manucure - il lui fit un signe de tête, l'invitant à entrer par la porte qu'il repoussa. Cette fois-ci, il valait mieux faire les choses correctement; il avait été étonné de relever qu'elle n'avait pas enjambé la clôture pour s'inviter à l'intérieur de son jardin; jusque sous son perron où la cruche de limonade était restée. Il avait sorti quelques outils de jardinage, déposés aux pieds des marches qui avaient été réparées et peintes dans la foulée dans des tons verts (peut-être en l'honneur de ces yeux de chat là, il n'avait pas poussé la réflexion jusque là mais elle était fortement plausible, chez celui qui accordait une telle importance à toutes celles et tous ceux dont il croisait la route, ceux dont il remarquait la présence ceux, surtout, qui remarquaient la sienne). Et il fallait bien reconnaître qu'ils s'étaient remarqués. - J'vous ai pas trop fait attendre ? Il retira sa veste en toile beige et la laissa tomber sur l'une des marches; découvrant le t-shirt blanc que sa charmante voisine avait complimenté. Il lui présenta le bulbe qu'elle était venue planter.

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· Re: TRICK OF THE LIGHT, PART. 2 (E/D) · Sam 20 Juin - 12:52
w/ @Eason Harjo

Surprise, elle fit volte-face. Elle ne s’était pas attendue à ce qu’il arrive par l’extérieur et elle espérait qu’il ne l’avait pas aperçut en train d’épier l’intérieur avec insistance. « Eason. » le salua-t-elle en retour. Elle était rassurée de le voir seule, sans girophare derrière son dos. Perplexe, elle arqua un sourcil en apercevant le sac qu’il lui était destiné. Elle l'attrapa alors et jeta un coup d’oeil curieux à l'intérieur pour apercevoir son contenu. Des gants en cuir, jolie attention. « Oui, ma manucure et mes bagues de diamants et joyaux. » ironisa-t-elle avant d’ajouter, un peu plus conciliante. « Mais merci beaucoup. » Elle eut un sourire avant de le suivre à l’intérieur de la propriété privée. Les lieux n’avaient guère changés (du moins, le pensa-t-elle) mais y pénétrer de manière formelle, accueillie, rendait tout très différent. Elle se sentit presque mal à l’aise, opulente, alors que lorsqu’elle était venue par effraction, elle se croyait invisible et furtive. Son regard balaya les alentours comme si elle redoutait encore de voir apparaître un duo de flics puis reposa son attention sur son hôte qui lui présenta quelques outils et se défit de sa veste. « Ca a été. » confia-t-elle, distraitement avant de sursauter, se souvenant qu’elle avait quelque chose pour lui. « Avant de commencer… » Elle plongea une main au fond de sa poche et en sortit doucement, soigneusement, un petit sachet contenant deux cookies aux deux chocolats qu’elle avait réalisé plus tôt avec sa soeur aînée. « C’est pour vous. Hum, de la part de ma soeur, celle qui a profité de vos fleurs. » Ses joues prirent une teinte rosée tandis qu’elle espéra qu’il ne poserait pas trop de questions. A vrai dire, c’était surtout Dorothy qui avait pris l’initiative de concevoir ces cookies mais elle trouvait plus confortable de prétendre que c’était Emy qui avait tenu à le remercier. Lâche, sans doute mais la jeune femme n'était vraiment pas douée pour les rapports sociaux lorsqu'il s'agissait d'inconnus ; et encore moins quand cet inconnu était aussi insaisissable et surprenant. Sujette à une gêne qu’elle n’avait pas anticipée, elle déposa précautionneusement les cookies enveloppés sur la veste abandonnée d’Eason avant de reporter toute son attention sur les outils. Elle s’empressa d’enfiler ses gants et fit mine de ramasser tous les outils à la fois, dans une hâte détonnant avec la douceur qu’elle avait eu en présentant ses cookies. « On s’y met ? » Ses bras chargés plus que de raison, comme une armure derrière laquelle elle pouvait se cacher, elle fit face à Eason, attendant ses prochaines instructions.

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· Re: TRICK OF THE LIGHT, PART. 2 (E/D) · Sam 27 Juin - 18:55

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DOROTHY x EASON (part ii)

@dorothy lowe

Sous le parasol bicolore, une réplique du Roi Lear lui revenait sans cesse en tête : “Who is it that can tell me who I am?”  - souvent, Eason Archer Harjo Fink se disait qu’il ne s’agissait pas tant d’un « who » mais que la question devait probablement commencer par « what » qu’est-ce qui, pas qui, en ce bas monde pouvait attester de cette existence là – qui pouvait lui donner des réponses, dire, lui apprendre qui il était. Quoi. Ces bulbes, ces graines, toutes les plantes qui décoraient sa vie et étaient capables de dresser le portrait de l’homme qui en était tombé amoureux jusqu’à en faire partie.
Sous le cagnard déclinant, cette fois-ci, la réponse avait été plus franche à formuler.Un étrange troc songea-t-il. Il se pencha aussitôt sur le sachet déposé sur sa veste, l’attrapa de sa main libre, l’autre tenait encore le bulbe. Il jeta un coup d’œil à l’intérieur , renifla l’odeur sucrée qu’il dégageait ; ça faisait une éternité qu’il n’avait pas mangé des cookies ; pas depuis que Donna lui en avait fait, au lendemain d’un rhume qui lui avait ôté le goût et l’odorat – son cœur se décrocha dans son torse et il eut pendant quelques secondes le mal du pays, le mal de cet endroit qu’il devait désormais appeler ‘maison’ – pendant plusieurs mois, la chambre qu’il louait chez la mulâtresse avait été la chose la plus proche d’une maison. Ces cookies étaient le symbole d’une vie qu’il avait malgré tout, malgré le ‘je ne t’abandonne pas’ soufflé à demi mots avant d’en sortir, laissé derrière lui. En Cali, il avait accepté que celui qu’il était avant d’y mettre un panard n’était plus ; il avait été une succession d’Eason avant d’être le Archer que ces deux inconnus accro aux mimosas et au bourbon voulaient qu’il soit. Il l’avait été durant cinq mois, en fait, un peu moins. Le conformisme, rien ne l’énervait plus qu’accepter d’endosser un rôle, un habit, même une carapace ; il se préférait à poil, au milieu de ses semblables, sans à priori, sans attentes. Un bulbe de tulipe tendu dans une direction différente, attendant probablement que la direction (ou ce qui s’y trouvait) lui donne une réponse ; la simplicité des rapports, avaient-ils besoin de se connaître pour partager une activité, du temps, autre chose qu’une honnête dispute ? Ca n’était pas que des gâteaux – un mélange de farine, de morceaux de chocolat, de beurre – c’était tellement plus  qu’il ne trouva, à cet instant là, absolument rien d’autre à répliquer qu’un sourire, rien d’autre à ajouter qu’un hochement de tête entendu, une impression de compréhension qui ne devait son existence qu’à ce terrain qu’ils s’étaient chargés, à deux, de tracer à la craie ; dans cet espace, ils n’avaient pas à : premièrement se donner des airs, deuxièmement à se juger pour des actions dont souvent ils ne mesuraient pas le poids, troisièmement, se confier sur des sujets qui ne les intéressaient pas directement. Il ne releva pas l’information que la brunette avait glissé ; concernant cette sœur qui avait profité des fleurs, ça n’étaient ni ses oignons, ni ceux d’un tiers (et puisqu’il faisait partie de ce tiers, tout ce qu’il releva fut la redondance de sa propre pensée). Il ne commenta pas la hâte démontrée par Dorothy, il la suivit ; bien, ils étaient sur la même longueur d’onde. Bien, ils pouvaient travailler main dans la main. Bien, il y avait de quoi faire, entre elle et lui. Une Femme et un Homme (et les majuscules qu’il mettait n’étaient pas dépourvues de sens). Il n’avait été Eason Archer Harjo Fink qu’à peine cinq mois ; puis comme il avait quitté Windmont  - il avait quitté ce patronyme, cette identité éphémère (comme il avait quitté celle de ‘sale con’) un pas devant l’autre, sans observer de mouvement pivot : comme ça, badaboum, toutes ces lettres défaites avaient laissé place à Eason Harjo et c’était à cette seule version que Dorothy Lowe était confrontée. Des outils, des tulipes, un gazon qui laissa instantanément des traces sur son blue jean ; les mains protégées par des gants.  – Est-ce que tu es familière avec l’expression ‘Speak what you feel'? – il avait jeté le vouvoiement, agenouillé, il bêchait le terreau, une houe qu’il avait détaché de son bâton dans une main. L’autre s’appliquait à repousser les tiges qui penchaient. Je n’ai pas une seule seconde envisagé que tu ne viendrais pas ; il lui parlait pas de ce qu'il avait pensé ou de ce qu'il avait fait, ni de ce qu'il comptait faire plus tard, il exprimait les émotions , une en particulier - c'était même plus, un fait, la foi, la confiance. Et, j'suis pas du genre à faire confiance ou avoir foi en quoi que ce soit, qui que ce soit. Toi, tu relèves davantage de la loi de l'attraction; il ne développa pas son idée  celle de 'l'énergie qui attire une énergie semblable' mais c'était ainsi qu'il l'avait interprété sans aller bien loin dans sa réflexion. Je devrais probablement me féliciter d'avoir vu juste, je devrais probablement te remercier de ne pas m'avoir donné tort. Il fixait désormais un point situé derrière la jeune femme.

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· Re: TRICK OF THE LIGHT, PART. 2 (E/D) · Dim 28 Juin - 12:52
Dorothy écarquilla les yeux en voyant Eason se pencher et ramasser le sachet de cookies. Elle étudia sa réaction avec grande attention, comme si elle redoutait de voir sur son visage un signe de dégoût ou de moquerie mais ce fut tout autre chose qui se dessina sur ses traits. Perplexe, elle interpréta son regard vague comme de la nostalgie, ou peut-être de la tristesse. Soudain, il paraissait ailleurs et elle respecta le silence installé avec plus ou moins de confort. Heureusement, le songe d’Eason ne dura guère plus de quelques secondes et il retrouva son attitude flegmatique. Un hochement de sa tête fit comprendre à la jeune femme que les cookies lui plaisaient et elle s’en satisfit. Sans insister, elle se dirigea vers l’espace préparé pour leurs plantations communes. Elle s’accroupit et laissa tomber les outils près d’elle, avant de s’agenouiller à même la terre. Eason la rejoignit et elle enfila les gants offerts. Amusée un instant par le couinement du cuir, elle secoua la tête pour retrouver son sérieux et s’empressa de débuter sa tache, déterminée à prouver à ce voisin que les mauvaises herbes n’étaient que dans le terreau. Elle tendit l’oreille lorsqu’il s’adressa à elle et, étonnée par sa question et sa formulation soudain familière, s’interrompit dans son exercice de jardinage pour le regarder. Lui, par contre, continuait à bêcher avec une nonchalance déstabilisante. Ses mots, d’une profonde honnêteté, la laissèrent interdite tandis que son esprit fusait pour trouver la réponse la plus adéquate. Habituée à calculer et prévoir le monde autour d’elle, l’imprévu de l’échange la perturba. Elle finit par comprendre qu’une seule issue était possible : celle de l’honnêteté en retour. Une carte finalement, qui n’avait eu de cesse de s’imposer malgré ses différentes tentatives pour se dérober face à lui. « Je n’ai pas pensé ne pas venir. Ça m’a même obsédé. » Elle se pinça les lèvres avant d’enchaîner. « Mais j’ai douté de toi. Jusqu’à très récemment, j’ai crains que tu aies fait appel à la police. Ce n'est pas de ta faute, c'est juste moi qui suis trop habituée aux double-faces. » Elle leva son coude pour dégager une mèche de cheveux collée contre son front. « J’ai encore les mains libres alors je devrais aussi te remercier. » Elle sourit, finalement débarrassé d’un poids jusqu’ici bien présent. Il pouvait mal le prendre, mais à vrai dire, ça lui était égal à cet instant car elle avait fait preuve de sincérité et c’était exactement ce qu’il attendait de sa part. Elle garda son regard sur lui un instant, furtif, curieux, fasciné. « Je me sens en sécurité maintenant. » Un soupire s’échappa de ses lèvres et sa ride frontale s’adoucit. Elle attrapa le transplantoir et creusa attentivement la terre devant ses genoux. Un tas de possibilités pouvait encore se présenter - après tout, il était armé d’une bêche et son crâne n’était qu’à quelques centimètres de ses coups, mais la jeune femme ne le craignait plus. Il avait multiplié les actes positifs à son égard alors que le droit lui aurait justifié un traitement plus sévère. Souvent cataloguée, Dorothy préférait la plupart du temps offrir aux gens satisfaction en restant la jeune femme solitaire, sérieuse et autoritaire. Une muraille forgée ces cinq dernières années pour garder les individus à distance. Dorothy ne vit qu’à travers sa grande-soeur. Dorothy ne sort jamais. Dorothy est insaisissable, l’esprit toujours ailleurs. La liste est longue, et sans doute vraie dans une certaine mesure, mais Dorothy était tellement plus à la fois. Simplement, elle ne préférait pas l’avouer car, cachée derrière sa muraille, elle pouvait rester libre.

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· Re: TRICK OF THE LIGHT, PART. 2 (E/D) · Mar 14 Juil - 16:05

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DOROTHY x EASON (part ii)

@dorothy lowe

Balancelle suspendue, rocking chair, limonade bien fraîche, purple summer; l’herbe, l’odeur prenante de la terre, celle moins prononcée des tulipes et – le flanquant, comme l’ajout-du-destin Dorothy Lowe. Elle avait dans le regard l’expression des fuites tragiques, l’étincelle des phénomènes d’optique, il aurait peut-être couru après cette apparition, dans la nuit noire, dans les canyons du Colorado, dans les hautes plaines du Montana, jusqu’au fond de la Snake river – à s’en détacher le ligament ulnaire. Il aurait ri, ri de cette bêtise qui dans son étreinte chaude l’emprisonnait comme l’adolescent qu’il avait vaguement été ; une houe dans sa main gantée et le regard porté sur la ligne invisible de tous les possibles qui de leurs spots le saluaient souriants : rejoins-nous. Ce point-là, situé derrière la brunette, portrait de tous ses regrets qu’il pouvait abandonner, comme il avait abandonné l’allée dallée dans des tons beiges pour se concentrer sur les paillettes d’obsidiennes qui tourbillonnaient dans le vert zelena de son interlocutrice, devint flou (peut-être le fin signal l’intimant à concentrer toute son attention sur elle) ; il gloussa lorsqu’elle lui avoua se sentir en sécurité auprès de lui. Il avait quitté Tulip, Cait, Donna en partie parce qu’il pensait que cette propension à aspirer la lumière chez ceux qui l’entouraient faisait de lui le pire candidat à : à s’inscrire dans une relation, à s’offrir aux autres, à prendre de l’importance, à créer quelque chose d’impérissable (et parce qu’il avait décidé de tenter sa chance, de tout envoyer bouler pour s’accorder un break le ‘hold on, who the fuck am i ?’-shakespearien). La vérité, c’était qu’il avait crée de ses propres mains ce mythe selon lequel ça ne valait pas le coup (il ne valait pas le coup), il n’avait rien de mieux à faire que d’être ce demi-héros qui représentait la condition humaine : boots élimées, buveur de bière, poète de la old country, des cicatrices rebondies, des menottes dont l’acier aurait rongé la peau jusqu’à l’os. Speak what you feel, ha, c’était tellement ringard ;  pourtant, la justesse de ce cadre insuffla un engouement qui eut l’aspect d’une confirmation, d’une révélation, il aurait arraché tous les bulbes un à un pour assurer la prolongation de ce qui avait lieu dans ce jardin. Il avait connu une autre forme de solitude sous le parasol bicolore ; elle était différente de celle qui l’avait toujours habitée, elle avait été enfantée par tous ces aurevoirs qu’il avait prononcé, avant son départ, par toutes les vérités qui s’étaient révélées à lui – les lèvres de Blondie, l’odeur de Donna, les larmes de Cait, le sourire effronté de Dulce. La fougue de Dorothy. Il l’aurait mise en bouteille et il l’aurait mise à disposition de tous ceux qui n’avaient jamais eu le cran. La sincérité déconcertante entre leurs mains malhabiles, Dorothy et Eason déclaraient forfait. Il lui parut particulièrement difficile de retenir les mots qui franchirent aussitôt ses lèvres, encore affaiblies après avoir lutté contre les filtres conscients. -  Il n’y a que quelqu’un qui a toujours vécu sur le qui-vive qui puisse reconnaître un semblable – sur le qui-vive ou derrière un rempart, une muraille, des obstacles construits pour se protéger, bien plus que pour s’enfermer ; dans ce cas précis, il n’y avait pas punition plus douloureuse que de s’infliger les peines du monde : se tenir à l’écart d’une vie qui pouvait s’arrêter du jour au lendemain. L'impression de redite fut secouée et retomba sur le terreau où elle ne prit pas. – Ce jardin sera le tien à chaque fois que tu auras envie de laisser libre cours aux flots; à chaque fois que les digues auront envie de rompre– il n’avait pas connaissance de ce que vivait la jeune femme – elle ne savait pas non plus ce qu’il vivait. Mais, il savait qu’il ne pourrait jamais résister à la loi de l’attraction. Pas plus qu'il ne pourrait jamais résister à l'indicible, qu'importe la forme qu'il prenait: chevelure blonde ou brune, paroles acérées, courts-circuits sinusaux nocturnes ou in broad daylight. - Tu pourras enjamber la clôture, passer ta frustration sur quelques plants - il sourit, le jardin comme échappatoire, lui comme corde balancée à laquelle s'agripper. Elle avait dit qu'elle se sentait en sécurité et il avait ressenti cette envie de confirmer son intuition. - Et si ta soeur a envie de se joindre à toi, je te donne cette permission aussi.

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· Re: TRICK OF THE LIGHT, PART. 2 (E/D) · Sam 18 Juil - 21:46
w/ @Eason Harjo

Une phrase égarée qui eut un écho immense en Dorothy. Elle sentit le sens de ces mots jusqu’à l’os, preuve de leur justesse. Le qui-vive, c’était son rythme de vie, sa façon d’appréhender le futur. Elle avait toujours son téléphone contre elle, au cas où il sonnerait et annoncerait une mauvaise nouvelle - comme la fois où elle reçut l’appel fatidique des pompiers lui annonçant l’accident de ses parents. Elle jetait toujours un coup d’oeil par dessus son épaule, craignant de se faire réprimander ou agresser. Ainsi, entendre Eason le souligner et s’y identifier également, toucha Dorothy. Elle n’était, finalement, peut-être pas si seule dans cet épisode sans fin. Ses mains avaient cessé de travailler la terre. Elles restèrent en suspension, comme sa pensée. Son regard s’attendrit, mais impossible de savoir si Eason le perçut. Il lui proposa de revenir dans son jardin comme s’il s’agissait du sien. Une invitation bienveillante, alléchante, touchante qui, à sa dernière phrase, lui fit mal. Comme un oiseau à qui on venait de couper ses ailes, elle perdit l’étincelle dans ses yeux et baissa la tête. Il n’était pas du coin, là était la preuve irrévocable car autrement, il aurait sût que l’handicap d’Emy, la soeur de Dorothy, l’empêchait de grimper à sa guise sur quoique ce soit. « C’est gentil. » Une phrase simple, la déclinaison courtoise par excellence. « Emy ne pourrait pas. » Elle se mordit l’intérieur des joues, nerveuse, hésitant à aborder le sujet de l’handicap. Ce n’était pas un tabou, mais c’était souvent perçu comme une excuse qu’elle sortait pour éviter certaines situations. Et elle ne voulait pas qu’Eason s’apitoie sur son sort ou lui pardonne excessivement ses transgressions faites pour sa soeur. Pourtant, elle savait qu’elle en avait trop dit et que ne donner aucune justification lui porterait préjudice. Elle devait, une fois de plus, faire preuve de sincérité avec lui. C’était le pacte tacite qui s’était imposé à eux. Elle retira alors ses gants et les laissa tomber dans la terre pour attraper, au fond de la poche de sa salopette, son téléphone. Elle l’activa et montra l’écran à l’homme. Une photo d’elle et sa soeur en fauteuil en guise de fond. « Il lui faudrait 2-3 miracles pour gravir la clôture, mais peut-être que tu as ça en stock ? » Un sourire mutin se glissa sur ses lèvres tandis qu’elle observa les traits d’Eason, cherchant ses réactions. Son avis et ses pensées, étonnamment, lui importait. C’était incohérent, puisqu’elle s’était promit il y a de longues années maintenant, de ne laisser personne la juger. Mais le regard d’Eason, si juste, si discret, lui parut à cet instant essentiel.

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· Re: TRICK OF THE LIGHT, PART. 2 (E/D) · Mar 22 Sep - 12:21

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DOROTHY x EASON (part ii)

@dorothy lowe

Eason était un observateur. Ses yeux, ses sens utilisés comme principaux outils de travail, il en usait comme s'il s'agissait d'une machette qui avait pour principal but de l'aider à se frayer un chemin à travers l'épaisseur sombre et déroutante d'une jungle. La progression était parfois extrêmement difficile et s'il ne restait pas sur ses gardes, il risquait d'y perdre gros. C'était de ces analogies qui rendaient tout ce sur quoi il posait le regard particulièrement original, il ne fallait pas qu'il perde de vue ses objectifs, qu'il se laisse porter par le courant - car que cette attraction ait été inattendue et possédait ce caractère exceptionnel qui modelait absolument tous les liens qu'il arrivait - compte tenu de sa personnalité volatile - à créer, il ne devait pas oublier qu'il fonctionnait aux miracles et à l'acharnement. Il s'agrippait à ces chances et les ramenait à lui, à la seule force de ses bras, refusant d'accepter de n'être que ce gars qui, pieds dans le vide, s'accrochait à la marge pour ne pas se retrouver explosé sur un gravier inhospitalier. Aussi, parce qu'il avait appris à étudier les choses et à les considérer avec précaution, la mélancolie de Dorothy Lowe n'échappa pas à son oeil aiguisé, elle prit la forme d'une gêne et s'il n'avait pas été raisonnable, il aurait peut-être même juré avoir aperçu une boule être refoulée depuis la gorge vers  son estomac. Figée dans le geste qu'elle comptait effectuer, il mima la jeune femme. Bill lui avait déjà fait signaler qu'il se situait bien trop dans l'empathie de ses prochains et que c'était probablement pour cette raison qu'il n'arrivait pas à s'intégrer; l'enfant marginal qu'il avait été revint en force et le prit par le col pour lui flanquer une gifle sèche: s'était-il montré trop prompt ? N'avait-il pas été consciencieux dans son approche ? S'il avait raté quelque chose, une information: ça n'était pas de sa faute, Dorothy devait certainement faire de la rétention. Et comme il n'était pas de ceux qui ne se mêlaient pas de leurs oignons, forcément, le bât se rabattait invariablement du côté où il se trouvait. Evidemment, il s'abstint de tout commentaire et reprit sa tâche, restant toutefois parfaitement conscient que la femme qui se trouvait près de lui avait perdu son entrain. Quelques secondes s'écoulèrent puis un téléphone se matérialisa sous ses mordorées pour lui montrer, pour lui expliquer ce changement d'humeur; pour lui demander s'il avait des miracles en stock ou s'il était simplement cet homme qui préférait faire ami-ami avec des voleuses de fleurs ? N'était-ce pas un miracle en soi alors qu'ils n'étaient clairement pas partis sur d'excellentes bases ? Il releva le regard, lorsqu'il le planta dans celui de la brunette, aurait-on pu distinguer de l'intellection ou de la bienveillance ? - Sinon, je ne ferme jamais à clé; tu aurais pu le savoir si la première fois tu avais essayé de t'introduire dans mon jardin comme l'aurait fait un être humain - le sourire en coin qu'il affichait était encourageant. Peut-être que s'il avait été plus doué avec les phrases, il aurait fait pleuvoir son soutien mais il était un homme de faits pas de blablas. - Je dis juste que mon allée est parfaitement accessible en fauteuil et que si ce n'est que ça, je peux aussi installer une rampe. Il haussa les épaules, reportant son attention sur les tulipes. Les miracles ça n'est pas mon domaine mais je peux donner des coups de pouce; son sourire s'élargit. On ne devrait jamais abandonner sur de simples détails techniques, tu ne crois pas ? C'était au moins une chose qu'il n'avait jamais fait; refusant de rester sur place au lieu de repousser ses limites malgré que  son instinct lui ait souvent dicté le contraire. Je n'ai jamais eu de véritable maison avant celle-ci, débuta-t-il, il avait compris avec le temps qu'il ne devait pas seulement absorber et écouter mais qu'il fallait qu'il donne et qu'il parle. Parce que je perdais au jeu du compromis- inconcevable l'éventualité même de rejoindre un wagon qui l'avait abandonné tant d'années auparavant. Mais c'est ce dont est faite la vie. Il arrêta et se redressa. Il y a une place pour toi et Emy ici- il leva les mains et pencha la tête, c'était tout ce qu'il pouvait faire. Son truc c'était les coups de pouce, pas les miracles. Mais, dans un monde où les attentes étaient parfois trop hautes, il était peut-être plus sage de se reporter sur la moyenne, au lieu de penser, dormir, bouffer, chier-stellaire - la déception était moins marquante et la tristesse moins dévorante. Fais attention à toi, si je remarque que tu as la main verte, je risque d'en profiter - fit-il, désignant de son index les trous qu'ils avaient creusé pour les bulbes, c'était peut-être également un moyen de changer de sujet, d'alléger l'atmosphère, de refuser à la mélancolie de prendre ses quartiers car ils en avaient fini avec ses fourberies.

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· Re: TRICK OF THE LIGHT, PART. 2 (E/D) · Mar 29 Sep - 17:40
@Eason Harjo

Les fractions de seconde qu’il fallut à Eason pour visualiser le fond d’écran, assimiler le contexte puis pour prendre la parole parurent longues comme une éternité aux yeux de Dorothy. Néanmoins, lorsqu’il reprit la parole avec une nonchalance déconcertante et un pragmatisme bien réel, la demoiselle vit s’évanouir toutes ses appréhensions. Nulle critique, nulle pitié n’émanaient de ses propos. Rien qu’une bienveillance et un brin d’humour. Léger, mais suffisant pour illuminer son regard d’une façon assez franche, tranchant avec la douleur qu’elle avait ressenti quelques instants auparavant. « Et tu me dis ça à moi, qui me suis déjà introduite illégalement chez toi ? » Elle le taquinait, visiblement délivrée de la gêne qui l’embarrassa lorsqu’elle lui tendit son téléphone. Elle récupéra le mobile et le rangea dans la poche de sa salopette, écoutant chaque mot d’Eason comme une marche à suivre. A cet instant, elle avait la conviction qu’il était un être assez exceptionnel. Il s’afférait déjà à trouver des solutions d’accessibilité à sa sœur aînée alors qu’il ne la connaissait pas et ne lui devait rien. Les détails techniques qu’il évoqua n’était effectivement pas à considérer comme des obstacles et c’était quelque chose qu’elle avait appris par la force des choses. Quand on n’a pas le choix, on avance et on crée des solutions. Cet état d’esprit était vital à ses yeux et elle était agréablement surprise de le retrouver chez son hôte. « Les détails techniques et les compromis finalement, sont juste des jalons à gravir. » Elle lui lança un regard entendu avant d’afficher son étonnement lorsqu’il formula son invitation pour elle, et pour Emy. « Attention à ce que tu proposes ! » Elle rit de bon cœur, avant d’ajouter précipitamment de crainte d’être qualifiée d’impolie. « Merci beaucoup. » Elle suivit alors son regard jusqu’au terreau qu’ils avaient travaillé ensemble et du reconnaître que le résultat était en bonne voie. Elle savait que d’une manière tacite, il avait volontairement détourné le sujet de leur conversation et elle trouva cela fait avec tant de tact et de douceur qu’elle ne fit aucun commentaire pour le soulever. Sagement, elle reprit le boulot de sa sentence qui se transformait de plus en plus en récompense tant elle se sentait bien aux côtés d’Eason. Peut-être qu’elle traîna un peu en retirant certaines mauvaises herbes, comme pour retarder le moment où ils devraient planter les nouveaux plants car cette étape équivaudrait à la fin de leur rencontre. Lorsque ses gestes devinrent absolument superficiels, elle s’arrêta et leva son visage concentré sur le jeune homme à ses côtés. « J’ai soif, je me sers au tuyau d’arrosage ou je peux me servir à l’intérieur ? » Une façon comme une autre de retarder, toujours un peu plus, son départ de cette propriété.

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· Re: TRICK OF THE LIGHT, PART. 2 (E/D) · Sam 10 Oct - 11:26

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DOROTHY x EASON (part ii)

@dorothy lowe

Eason était un solitaire,  un taciturne.
Passer des journées seul, sans adresser la parole à qui que ce soit ou quoi que ce soit c'était dans ses cordes; il se complaisait de cette étrange confort qu'offrait le silence, il y avait trouvé une place pérenne et y évoluait sans que l'ombre d'un problème ne se projette à ses pieds. Toutefois, après trente cinq années passées à accepter la contrainte - oui, puisqu'il avait juste appris à vivre avec - il comprenait enfin qu'il devait s'extirper de cette place, qu'il fallait qu'il affronte les ténèbres, qu'il fasse jaillir la lumière comme il avait fait jaillir la confiance et la réassurance chez son interlocutrice. A force de repousser tout le monde, la seule chose qu'il prenait à coeur c'était cette détermination au détachement, la compréhension profonde de l'abandon. La solitude du parasol bicolore et l'impulsion qui était née - un verre de mimosa dans la paume, avant que le goût tangerine - champagne efface celui plus pâteux de la déception, agonisait progressivement. A cet instant là, Asher avait fait ses adieux et c'était pas l'empathie qui s'était exprimée en premier lieu. C'était autre chose, la malaisance - la fin d'une ère. - Mes décisions ne sont jamais irréfléchies - un, voire deux coups d'avance, toujours sur le 'qui-vive' c'était un 'coup de pouce', pas un miracle, le moment adéquat pour briser les schèmes, ces motifs répétitifs qui rythmaient leurs quotidiens pour en adopter d'autres ou pour , pour une fois peut-être ?, se montrer spontanés, vraiment désobéissants : fuck you life, fuck you health. Des 'so what ?' crachés d'un air détaché. Qu'aurait à répondre la vie, hein ? Il n'était plus question de contourner les problèmes, il était question de les prendre par leurs cornes dans cette arène qu'était le quotidien, à bras le corps, comme des putains de matadors - advienne que pourra. Ils avaient la force mentale, avaient connu bien trop de hauts et de bas, c'était à leur tour d'être heureux, d'avoir une place dans la lumière.
Deux était un excellent nombre qu'il ne tenait qu'à eux de transformer en chiffre. Il apprécia les minutes qui s'étendirent, le travail minutieux, que seuls leurs souffles , le chant des oiseaux, celui moins agréable de la tondeuse de miss Brown cadençaient. Il retira sa casquette, se passa une main dans les cheveux avant de la réenfiler à l'envers alors que la brunette se redressait pour lui demander si elle pouvait s'abreuver au tuyau d'arrosage. - Je sais pas, tu te considères comme une fleur ? Il se leva et pencha la tête, désignant sa maison. Viens , j'ai comme l'impression qu'il faut que je t'encourage -après quoi il monta les quelques marches désormais réparées et peintes dans des tons verts et ouvrit la porte, invitant la jeune femme à le devancer. Elle pouvait venir, à toute heure, maintenant qu'il l'avait ""invité"" (et qu'elle savait qu'il ne fermait jamais sa porte à clé). C'était comme s'il lui avait donné la permission de s'installer pas seulement dans son jardin mais dans sa vie aussi, sous ce toit, quand l'envie viendrait. - La cuisine se situe  tout droit. Il essuya ses boots et suivit la silhouette. J'ai de la bière, un pichet de citronnade , de l'eau et du café, sers-toi. Pour sa part, il s'empara d'une Bud et la porta à ses lèvres.

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· Re: TRICK OF THE LIGHT, PART. 2 (E/D) · Lun 19 Oct - 14:11
@Eason Harjo

Un haussement d’épaules pour toute réponse à sa question. Dorothy éprouvait une passion pour les fleurs et les plantes en général, certes, mais elle ne les enviait pas. Le sort qu’on leur réservait était souvent funestes : déracinées, coupées, manipulées, entortillées… Il n’était pas bon d’être une fleur mais, à bien des égards, Dorothy pouvait s’y trouver des ressemblances. Comme elles, la jeune femme trouvait toujours une issue pour s’en sortir, cherchait le rayon de soleil qui suffirait à son épanouissement personnel. Ni une, ni deux, elle se leva lorsqu’il lui fit signe de le suivre à l’intérieur de chez lui. Elle retira ses gants qu’elle laissa tomber dans la terre et lui emboîta le pas. Elle ressentit une sorte d’enthousiasme à l’idée de pénétrer dans sa demeure : maintes et maintes fois étaient-elles passé devant la propriété, s’interrogeant sur les mystères que la façade cachait. « Merci ! » Dit-elle d’une voix enjouée au moment d’entrer à l’intérieur. Elle leva son regard tout autour d’elle, observant avec intérêt la décoration et les meubles qui se présentaient à elle. Suivant les indications d’Eason, elle prit le chemin qui la mena à la cuisine. Elle le regarda se servir une bière et, bien qu’elle n’était pas - plus - portée sur l’alcool, choisit l’option de l’accompagner. Un peu maladroitement, elle saisit une bière fraîche à l’intérieur du frigo à sa suite et en but une gorgée. La saveur la fit grimacer mais elle se corrigea rapidement en se refusant de paraître ingrate. « C’est parfait ! » Elle mentit, mais elle ne voulait pas paraître idiote. Alors, elle reprit une gorgée, plus longue cette fois, qui eut au moins le mérite d’étancher sa soif. Elle reposa ensuite la bouteille sur le plan de travail de la cuisine et grimpa sur l’un des tabourets hauts. « C’est sympa chez toi, j’ai déjà repéré 2-3 trucs à chiper ! » Elle lui sourit avant de compléter ses propos. « Je plaisante, tes fleurs me suffisent. » Assise chez Eason, elle parut étonnamment à l’aise. Elle qui ne socialisait plus avec grand monde eut l’impression que cet environnement lui était favorable. La présence d’Eason y jouait pour beaucoup, il avait su l’accueillir avec tact et la comprendre sans la juger. « Je peux te poser une question ? Enfin, tu me diras, ceci est déjà une question… » Les mains calées sous ses cuisses, elle n’attendit pas réellement la réponse du jeune homme pour enchaîner. « Qui es-tu ? » Une question ingénue, si large qu'elle pouvait déstabiliser mais si importante aux yeux de la jeune femme. Elle ne cessait d'être surprise par tous les passe-droits qu'il lui octroyait et elle devinait que sa générosité à son égard devait être inhérente à sa personnalité. Comprendre qui il est l'aiderait à savoir de quelle façon il considèrait leur relation.

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· Re: TRICK OF THE LIGHT, PART. 2 (E/D) · Mer 4 Nov - 13:55

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DOROTHY x EASON (part ii)

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Il appréhenda son environnement différemment.

Cette cuisine – pas la pièce où il passait le plus de temps -  lui parut un peu plus familière; il ne détacha pas son regard de la brunette qui s’était installée sur un tabouret, qui se comportait comme l’animal qui prenait repère et apprenait les subtilités d’une danse; il n’y avait aucun danger en vue.
Eason prit appui sur le bord de l’évier en  fonte  et haussa les épaules. - Je n’accorde aucune importance aux objets - lança-t-il, faisant référence à ce qui pouvait bien se trouver dans cette maison, ce qui  décorait un espace qui  - s’il l’avait laissé complètement vide aurait certainement rendu son installation laborieuse et aurait encouragé cet instinct qui le poussait constamment à envisager le départ.
La gomme de ses chaussures ferme contre le carrelage damassé de sa cuisine aurait pu suffire pour jouer les rappels: oui, il était bel et bien présent, oui, il s’agissait bel et bien de sa cuisine, dans sa maison, dans cette tentative maladroite de se créer une existence et oui, il faisait tous ces efforts pour accepter un fait, un seul : il s’était construit durant tout ce temps, il existait, il n’était plus au bord de la yellowstone désormais. Mais il était au bord d’un changement. Il fallait qu’il l’accepte. Il devait l’accepter. Il n’avait pas d’autre choix. Elle avait dit “tes fleurs” et il avait ressenti l’impact d’une piqûre,  sur une étendue anonyme d’son cœur et un sourire était venu se perdre sur ses lèvres, visible malgré l’épaisseur d’une moustache dans laquelle il aurait pu passer le tranchant d'une lame. Qui était-il ?  - C’est tout ce que tu veux savoir ? - fit-il, avec dérision, d’un ton qui pourtant en disait long sur la justesse de cette attaque. Il n’avait pas encore appris à dominer son passé, pour en bavarder avec indifférence, il n’en était pas encore là: à ce point où d’une pichenette il aurait été capable de survivre à sa propre peur. Mais, il avait pris des résolutions - ou peut-être s'étaient-elles tout simplement imposées à lui ?Il prit une gorgée de sa bière, chercha dans le fond de sa bouteille le 'liquid courage' qu'il n'arrivait pas à trouver en circulation dans ses veines et dans une inspiration il se raconta, dans ces grandes lignes qui manquèrent tout autant d'enthousiasme que de véracité, celles qui auraient nécessité de la précision, de l'intérêt; il fit le résumé d'Eason Harjo et se rendit compte qu'il n'avait, encore une fois, pas tout dit. Il n'avait jamais réussi à tout dire, en tout cas, pas le concernant. - Un ex soldat qui est peut-être aussi mort là bas, avec Jimmy Stosic souffla-t-il, d'un air sombre, se rappelant ces arabesques qu'il avait cessé de voir, partout, comme les motifs d'un papier peint auquel il avait fini par s'habituer. Il aurait volontiers mélangé son sang au sien et il aurait mis fin à cette quête, avant même son commencement. Mais, il n'aurait pas fait toutes ces rencontres et il ne se serait pas découvert, il n'aurait rien su. Il y avait des jours où il se disait qu'il ne s'avait rien.  - La vérité, c'est qu'après plus de trente ans, je ne sais toujours pas qui je suis et que je ne le saurais peut-être jamais - il se débarrassa de sa bouteille vide. Il fronça les sourcils, dans cette posture réflexive, il refusa d'en rester là. Mais, cette idée me plait. Elle me plait vraiment. Je ne veux pas qu'on puisse me décrire ou qu'on puisse me circonscrire à quelques vulgaires mots, que quelques lignes fassent le récapitulatif de tout ce que j'ai vécu. Il argumenta sa tirade d'un sourire éclatant. Ces quelques mois en Californie avaient imprégné l'homme, il ne pouvait plus le nier. - Ce que tu veux savoir, ce serait pas plutôt qui je pourrais être pour toi ? Il la fixa sous ses paupières mi closes puis haussa à nouveau les épaules. Je n'ai aucune intention te concernant. Le choix te revient - il décrivit ce qui se trouvait autour. Je serai okay avec le fait de n'être que le proprio du tabouret sur lequel tu es assise ou le gars avec lequel tu jardines.

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· Re: TRICK OF THE LIGHT, PART. 2 (E/D) · Lun 9 Nov - 18:20
@Eason Harjo

Un bref sourire se lut sur ses lèvres aux paroles d’Eason. Il n’accordait pas d’importance aux objets, et c’était tout à son honneur mais cette confession renforça le sentiment insaisissable qu’elle éprouva à son égard. A quoi accordait-il de l’importance ? Perchée sur son tabouret haut, ses pieds calés sur la barre du siège, elle attendit avec impatience qu’il réponde à sa question concernant son identité. Que le mystère se lève enfin. Il lui révéla tout d’abord être un ancien soldat et son patriotisme pointa le nez. Ses parents, fiers américains, avaient toujours mis un point d’honneur à ce que leurs filles respectent les institutions, dont les vétérans. Son regard s’illumina alors d’admiration mais elle prit soin de ne pas laisser son engouement traverser ses lèvres. Grâce à Lucas, ancien soldat lui aussi, elle savait à quel point la guerre marque les âmes et les corps et qu’un trop plein d’enthousiasme n’était très certainement pas la bienvenue. Il poursuivit en avouant qu’il n’était pas certain de comment se définir et que cette entre-deux le satisfaisait. C’était très honnête de sa part et Dorothy sembla songeuse. Elle, elle savait qui elle était : une orpheline, une sœur, une aidante, une naturaliste. Finalement, elle se connaissait à travers les autres. Altruiste, voilà ce qu’elle était. A son détriment parfois (souvent) et si elle devait penser à elle qu’à travers son propre regard alors, effectivement, elle ne saurait pas se qualifier. Elle n’avait de réalité qu’à travers son utilité auprès des autres, voilà la conclusion qu’elle prit avant de se laisser surprendre par la dernière question d’Eason. « Mhm. » bafouilla-t-elle, déstabilisée par ce retour de flamme. Elle nécessita quelques instants de réflexion, son regard incapable de lâcher celui du jeune homme, considérant ses propos avec sérieux. La responsabilité qu’il lui donna était impressionnante et elle eut peur de ne pas savoir lui répondre avec justesse. Et s’ils n’étaient pas sur la même longueur d’ondes ? Et surtout, quelles étaient effectivement ses intentions, à elle, à son égard ? Elle baissa les yeux, le visage soudain dénué de toute expression facétieuse ou admirative. Elle était perdue, en partie angoissée. « Le choix, je ne sais pas quoi en faire. » Toute sa vie n’était que les conséquences d’évènements, d’actions, de paroles menées par d’autres. Elle décida alors, faisant preuve d’un courage immense, d’être sincère et d’extérioriser aussi précisément que possible. « J’apprécie être à tes côtés. J’ai le sentiment de ne pas être jugée – jamais. C’est libérateur. » Elle releva son regard et reconnu. « J’aimerais avoir plus que ton tabouret ou ton jardin. » Elle s’étonna elle-même tant s’entendre le dire à voix haute concrétisa un sentiment qu’elle éprouvait mais ne qualifiait pas jusqu’ici. Mettre des mots sur ce qu’elle éprouvait était un exercice méconnu mais Eason, à force de nonchalance et de simplicité, réussissait à lui faire exprimer des abstractions et des sentiments intérieurs qu’elle ne s’imaginait pas partager si facilement, si naturellement.

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· Re: TRICK OF THE LIGHT, PART. 2 (E/D) · Mer 11 Nov - 14:47

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DOROTHY x EASON (part ii)

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Longtemps, il n’avait accordé aucune importance ni aux objets qui facilitaient son quotidien, ni aux personnes qu’il lui arrivait de croiser: des rencontres, des échanges et des départs. Pas d’intentions, pas d’intérêts, une mascarade sociale qu’il limitait au maximum et de laquelle il se plaisait toujours à se dérober. C’était plus facile de sauter dans son truck, de changer d’état, de pays, de continent – un sac noir et son contenu : rien d’autre. Pas une seule attache, pour que son existence soit reconnue. Sa longanimité prenait son sens dans cet abandon de lui-même, c’était sa lutte, son propre enfer et il se l’imposait comme s’il y avait une palpabilité à cette image qu’il avait toujours eu de lui-même: william harjo avait donné le ton et eason harjo avait perpétué ces règles qui l’avaient , de cette façon abominablement délictueuse, enfermé - durant son enfance dont il ne gardait que des bribes de souvenirs, de son adolescence qu’il avait dérangé le fil, de ces plus belles années durant lesquelles il aurait dû se reposer sur des certitudes, loin des questionnements pénibles. Parfois, lorsqu’il se tenait debout, dans cette cuisine, et qu’il jetait un œil à travers la vitre de la fenêtre; White Cave lui souriait. Il s’immobilisait en pleine réalisation d’un geste et se retrouvait complètement happé, dans toutes les directions, sur la route, au bord de la yellowstone, appuyé sur le comptoir de ce bar où il avait rencontré Wild Stella, à Studio City, à New York dans son appartement qui possédait des moulures; dans la salle de classe du cours de science durant lequel il avait appris le décès de Bill. Jamais circonscrit ni par ce qu’il avait vécu, ni par ce qu’il possédait - à Stockton, il avait enfin saisi. L’importance des échanges, des personnes; et comment à travers ces interactions, il avait appris à s’accepter.  Il avait tort, il avait toujours accordé de l’importance aux autres, tant et si bien qu’il faisait le sacrifice de s’en éloigner; Eason était un être compliqué qui trainait un assortiment de casseroles. C'était un homme qui ne se pensait pas digne; qui avait une peur bleue de l'amour et qui préférait s'infliger de la souffrance pour oublier que tout ce qu'il désirait c'était d'appartenir: à un mouvement, à une institution, à une personne. Ni par le corps, ni par la pensée; il ne croyait pas en Dieu mais était pourtant persuadé que certaines choses étaient effectivement métaphysiques. Il avait conscience des limites de son intelligence et de son imagination. Mais, il avait également accepté qu'il n'était qu'un homme - de la chair, du sang, une âme avec des sentiments. Comme Dorothy Lowe qui lui faisait face et qui avouait qu'elle aurait aimé qu'il soit plus qu'une idée, une connaissance, quelque chose qui la lierait à un objet. Les mots qui résonnèrent malgré tout, le satisfirent, son sourire s'élargit et ses yeux refusèrent de quitter la brunette alors que son cerveau ralliait les informations, les rendant aussi assimilables que pénétrables, il hocha la tête, il acceptait - tout. L'aveu, le cadeau silencieux, offert non sans appréhension; il acceptait d'en prendre grand soin et d'essayer de se montrer à la hauteur. Il n'allait pas précipiter les choses, il n'allait que rendre et se satisfaire de ce qui lui serait donné, il allait faire de son mieux. Et il espérait que cela convienne à la jeune femme. - Je ne suis pas doué avec les promesses finit-il par dire, après avoir pris le temps de réfléchir - c'était une mise en garde, il ne promettait pas d'être un modèle, il serait un soutien, une aide, une échappatoire. Il se mit à jouer avec la capsule de sa bouteille de bière. J'ai appris à me dérober. On pouvait compter sur lui, tant qu'il était là; vanished, c'était moins sûr. A marcher en évitant les gens mais j'en ai marre il s'anima et grimaça face à son propre aveu.  Si je peux faire partie de ta vie, j'accepte - il leva les mains et les laissa retomber, la remercier, c'était ce qu'il aurait voulu faire; 'merci de me faire confiance' auraient été les mots justes. Mais ces mots auraient été superflus. Il le savait. - J'essayerais d'être plus, en respectant toutes les limites qu'elle fixerait, sans hésitation.
Elle pouvait elle aussi lui faire confiance.

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Dorothy Lowe

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· Re: TRICK OF THE LIGHT, PART. 2 (E/D) · Sam 14 Nov - 21:19
@Eason Harjo

Le sourire d’Eason la frappa comme une gifle. Ce sourire signifiait tout aussi bien l’acceptation de sa réponse, que son enthousiasme vis-à-vis d’elle. Hébétée, elle s’hasarda à un sourire en retour, ses mains se décrispèrent, et ses épaules se relâchèrent. Elle comprit à quel point l’exception qu’il était prêt à faire pour elle était une chance. Elle se sentit privilégiée, à juste titre ou non, elle s’en fichait. Peut-être le regretterait-il dans quelques jours, peut-être même qu’il ne tiendra pas sa promesse comme il le redoutait mais à cet instant, l’important n’était pas là. Tout ce qui comptait, c’était leur volonté, réciproque, de rester connectés. « C’est plus que suffisant. » Elle le regarda avec tendresse, l’oeil brillant, et descendit du tabouret. Un instant, elle vacilla en sa direction, comme si elle eut envie de venir contre lui, dans ses bras, de sceller cette promesse par une accolade mais elle se retint. Son oeil fut alors attiré par l’horloge derrière Eason et comme une Cendrillon contemporaine, elle s’affola. « Je dois y aller. Ma soeur. » Elle se pinça les lèvres, déchirée entre sa volonté de rester auprès de lui, et son devoir d’aidante. Bien sûr, elle n’avait pas le choix et comme la machine qu’elle était, elle brisa la bulle, l’énergie qui les liaient, pour se diriger vers la sortie de la cuisine. Ce départ était malvenu mais donnait la tonalité. Si Dorothy n’avait que peu d’amis, si peu de personnes ne lui faisaient de promesses, c’était précisément parce qu’elle ne pouvait pas leur accorder la priorité qu’ils étaient en droit d’attendre. Eason devrait comprendre qu’il ne pourrait jamais rivaliser avec l’importance que sa soeur Emy avait dans sa vie. Au seuil de la cuisine, elle se retourna finalement vers l’homme, si vite que ses cheveux châtains flottèrent un instant autour d’elle. « Merci pour tout. Ton pardon, ta générosité. Ton soutien. » Elle fit à son adresse un bref signe de la tête, une mélancolie se lisant dans ses yeux. Elle n’avait pas envie de partir, mais le devait. Le temps leur dirait si ce moment formait vraiment une bascule dans leur relation mais l’espoir et la perspective de s’être fait un nouvel ami la réchauffait très fort. Elle éprouvait envers cet homme un attrait indéniable et elle se sentit infiniment chanceuse de pouvoir compter sur lui. Un dernier sourire et un pincement au coeur. L’instant d’après, elle lui présenta de nouveau son dos et disparut définitivement.

sujet terminé

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