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 life is a highway (s/e)


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Eason Harjo

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· life is a highway (s/e) · Dim 7 Juin - 20:33
STELLA x EASON (part iii)
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La vie qu’il avait fui et qu’il s’était à maintes reprises refusé de choisir était devenue la sienne ; il pouvait l’appeler ainsi, dire des « ma vie » et y trouver un semblant de sens.
Il l’avait fait, durant ces mois qu’il avait passé en Californie en compagnie des deux sexagénaires embourgeoisés qu’il aurait surement dû considérer comme ses parents : Jeffrey Archibald et Eugenia Marie Fink. Un couple qui s’était révélé patient, aimant, prêt à tout pour qu’Archer – qu’ils avaient eu un mal particulier à appeler Eason – se sente bien parmi eux, dans cette  villa grappillant plusieurs milliers de mètres construite dans le plus pure style traditionnel espagnol sur Brookside road. Il s’était senti comme un éléphant dans un magasin de porcelaine – rat des champs débarqué en ville, dans un coin où il n’était probablement pas très bon de venir secouer ses puces. Charming prince aux boots rapiécées, il avait accueilli l'oeillade de l'inconnue , n'hésitant pas à déglutir la boule qui s'était formée dans sa gorge, elle était si différente de lui, dans ce tailleur qui était de la même couleur que les Iris qu'il avait repéré en remontant l'allée - il s'était dit que leur jardinier (parce que ces gens devaient certainement en employer un (ce qui se révéla exact plus tard)) avait l'air de savoir ce qu'il faisait - Eason s'était montré particulièrement absorbé par le spectacle offert par les quelques papillons qui voletaient de fleur en fleur. Il se souvint qu'il avait trouvé cela bien étrange; ça n'était pas la saison. Ni pour ces fleurs d'éclore, ni pour les chenilles d'entamer leur transformation. Qu'est-ce qui pouvait bien se trouver dans l'eau ? Que se passait-il dans cette banlieue où pourtant le taux de criminalité en faisait l'une des pires de tous les états-unis ? L'argent, le fric, les picaillons. Tout ce qu'il n'avait jamais eu, avec lequel il n'avait pas appris à vivre; tout ce dont il pouvait absolument se passer. Vivre sans. Et pendant quelques secondes - des secondes-minutes, des secondes-heures, des secondes-jours, des secondes-années, les seize qu'il avait perdu, il s'était dit qu'il pouvait très bien vivre sans Jeff et Gina, sans cette villa, les splendides parterres, l'allée dallée de briques dans des nuances de beige - il y avait environ neuf nuances (il les avait toutes compté)-. Ou bien était-ce le contraire, non ? N'avaient-ils (Jeff et Gina, qu'il apprit d'abord à considérer comme un 'duo' avant de les prendre de manière individuelle, hors ensemble vasouillard) pas appris à vivre sans lui ? Il s'était habitué à ne pas les connaître, à ne pas les avoir dans sa vie - le manque avait alors commencé à se faire sentir; d'un seul coup, un après midi, alors qu'il les observait rire de concert, attablés dans le jardin arrière, l'un sirotant un whisky, l'autre lèvres trempées dans un mimosa, planqués sous un parasol bicolore. Ils lui donnèrent l'impression de flotter au dessus d'une réalité, l'image était aussi gorgée de soleil qu'une pellicule à l'italienne; ils vivaient la dolce vita et exprimaient le contentement ressenti en le voyant. Ce manque avait été le plus atroce de toute sa vie; pire que celui qu'il avait ressenti en perdant Bill, pire que celui qu'il avait ressenti en portant un regard sur la grise pas loin de studio city, pire que celle qui l'avait pris d'assaut lorsque Cait avait envoyé les papiers du divorce. Pire que celle qui l'avait tiraillé lorsque son sac noir sur le siège passager il avait appuyé sur la pédale d'accélérateur, laissant Windmont Bay derrière (il se fichait un peu de la ville, ceux et celles qu'elle abritait revêtaient nettement plus d'importance qu'une adresse sur des papiers). Les premières semaines avaient été les plus difficiles.
Il avait fallu qu'il s'ajuste, qu'il contourne ses appréhensions pour accepter  progressivement que ce choix, il l'imputait à toutes ces choses, toutes ces personnes qu'il avait dit 'aimer' - l'envie de leur donner la meilleure version de lui, celle qui était plus susceptible de ""rester"" - de s'ancrer, de donner des secondes chances - était le meilleur à prendre. Harjo avait voulu pouvoir faire partie de toutes ces existences sans que la menace de départ, peu scrupuleuse, ne plane constamment sur eux. Mais, après qu'un héritage ait été viré sur son compte (sa grand-mère qui était originaire de Lombardi et descendait apparemment d'une illustre famille - dont il n'avait visiblement pas réussi à imprimer le nom - lui avait laissé un lègue assez conséquent (le genre de somme avec laquelle il n'aurait jamais su quoi faire), un trust fund entier pour 'celui qui allait revenir') il était retombé dans le plus ancien de ses travers.
Et après cinq mois d'une absence débutée de la manière la plus inattendue qui soit, le retour en Oregon s'était fait silencieusement. C'était tout Eason Harjo, arriver de la manière la moins dérangeante; sans remous, espérant passer inaperçu. La première personne qui découvrit son retour fut Sylvia, terrible mythomane qui bossait au turnpike avec, et qu'il croisa, toujours absorbée par ses magazines sur la 'parentalité' de l'autre côté de son booth; elle avait craché, un cure dent coincé à la commissure de ses lèvres tracées de fushia un "Bah ça alors, Eason Harjo sous mes mirettes, suis-je en train d'halluciner ?!" il avait dû arguer que les voitures derrière lui étaient mécontentes pour qu'elle lui lâche la grappe et lève la barre; avant de la quitter, il avait été assez gentleman pour l'informer qu'elle avait du chapstick sur les chicots.
L'idée de monter une coopérative était née au lendemain de son installation dans cette maison victorienne située sur Bridgewater way lorsqu'il avait tenu une conversation avec Miss Brown - fournisseuse officielle de limonade-maison - qui lui avait signalé que les femmes du voisinage  s’ennuyaient ferme et étaient heureuses d'accueillir le 'beau jeune homme' qu'il était en leur sein, il avait choisi cette rue, ce bien en particulier parce que la moyenne d'âge tournait autour de soixante dix ans. Il appréciait le calme et la solitude, même s'il avait décidé de s'ouvrir davantage aux autres. Quelques rendez-vous, une chasse aux biens et l'achat d'une propriété aux abords de la ville plus tard, l'effervescence autour de lui avait quelque chose de surréaliste. - On dirait qu'une secte a encore choisi Windmont Bay comme nouvelle planque - entendit-il quelqu'un lancer, apparemment, le gourou est de Cali - pourquoi ça ne m'étonne pas ? - Ssssh, quelqu'un va t'entendre. Le brun s'était glissé parmi la horde d'individus venue passer des entretiens et se tenait appuyé contre le comptoir de l'accueil, un gobelet de café à la main dans lequel il touillait lentement. Il se pencha par dessus le comptoir pour attraper un listing, lorsqu'il reprit position des traits attirèrent aussitôt son attention; un large sourire prenait déjà ses lèvres en joug: Wild Stella. 

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Stella Kahnwald

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· Re: life is a highway (s/e) · Mer 17 Juin - 15:27
Elle n’avait sans doute rien à faire là mais quand Stella balayait l’endroit des yeux, elle se disait aussi: et pourquoi pas? Pourquoi lui et pas moi? Pourquoi celle-ci et pas moi? La réponse était pourtant évidente: ils avaient sûrement l’expérience, le sérieux, le professionnalisme, tant de qualités qu’un employeur potentiel analysait avec attention, alors qu’elle avait un CV qui ne représentait en rien sa réalité. Mais Stella Kahnwald le savait, elle n’était ni dupe, ni naïve, si elle détaillait son expérience de la vie sur cette fichue feuille de papier, qu’y verrait-on? Des études inachevées, un diplôme en carton, des déplacements erratiques, des vides intersidéraux qu’elle ne pourrait évidemment pas valablement expliquer, de trop courtes périodes d’emploi qui ne manqueraient pas de soulever d’autres questions (pourquoi…?) Elle avait trente-huit ans et pas la moindre expérience à faire valoriser, que ça soit pour le job pour lequel elle était venue postuler (dont elle ignorait le but, à vrai dire, parce qu’elle n’avait pas fait le tri, elle avait envoyé son cv factice à toutes les offres de Windmont Bay, parce qu’elle ne faisait pas dans la dentelle, Stella Kahnwald, c’était bien connu) ou un autre. Mais elle était là, parce qu’elle connaissait mieux que quiconque le célèbre adage: qui ne tente rien n’a rien et puis, si ça se trouvait, elle allait tirer son épingle du jeu, n’était-ce pas l’un de ses talents innés?
Et puis si ça ne marchait pas… Stella n’en serait pas non plus effondrée, qu’on se le dise. Elle n’aspirait pas spécialement à travailler mais cela faisait près d’un an qu’elle était revenue à Windmont Bay, on allait commencer à se demander de quoi elle vivait et puis, accessoirement, elle devait bien l’avouer, elle s’emmerdait un peu. L’Oregon, ce n’était pas New York, la Californie, ou n’importe quel lieu qui offrait la panoplie complète de jeux auxquels elle s’adonnait habituellement. C’était trop calme, il ne s’y passait rien et elle se trimballait la réputation qu’elle s’était taillée avec sa fureur adolescente (forcément, ça laissait des marques). Non pas qu’elle ait fait quoi que ce soit pour adoucir le personnage qu’elle offrait à ses voisins mais la blonde vivait particulièrement mal le fait de traîner ses démons et ses fantômes, c’était pour ça qu’elle était partie, qu’elle n’était jamais revenue, jusqu’à ce que sa vie prenne un tournant désastreux (elle arracherait les yeux à celui qui sifflerait karma is a bitch dans son sillage).
Du coup, elle était là, dans cette salle, à observer ses rivaux d’un oeil perçant et impitoyable, leur souhaitant un échec bien cuisant alors qu’elle n’était même pas sûre de ce qu’elle voulait leur ravir. Pourquoi eux et pas elle? Pourquoi elle ne réussirait pas quelque chose dans sa vie, pour une fois? Elle doutait que dégoter ce boulot rende Brandon fier - ou même qu’il s’en soucie - et en un sens, elle ne le faisait pas pour lui, même si c’était pour lui qu’elle restait. Elle le faisait pour elle. Pour cesser de tourner comme un lion en cage, pour se distraire, pour ne pas continuer à défier les bouteilles d’alcool (et perdre la partie), pour ne pas céder à l’appel d’une petite ligne de cocaïne (qui ne troublerait ses sens qu’un certain temps, avant de la ramener sur terre, dans un état encore plus lamentable). Elle avait trente-huit ans, bordel. Etait-ce trop tard pour changer? Pour se refaire? Pour obtenir un pardon qu’elle aurait dû demander depuis longtemps? Pour fuir ses démons? Survivre au poison qu’était son esprit manipulateur? Pour arriver à aimer quelqu’un, enfin? Parce qu’il était là, le souci, non? Stella avait l’impression d’avoir tout fait pour se soustraire aux risques que l’affection, l’attention, pouvaient apporter. Se soucier de quelqu’un d’autre, c’était se soumettre aux aléas de la vie, au manque, à la déception, au chagrin, à la jalousie, à la frustration. Elle n’avait pas voulu de ces émotions, même si elle les avait expérimentées pour d’autres raisons, et elle en avait une trouille bleue, elle le savait. Mais si elle ne les affrontait pas maintenant, alors quand?
Stella ne savait pas combien de temps sa résolution tiendrait, pas plus qu’elle ne se faisait d’illusions au sujet de ce job, de ses chances de réussir, mais tant qu’elle résistait au désir urgent de battre en retraite, de quitter Windmont Bay, n’y avait-il pas une chance pour qu’elle effleure la douce liqueur de la rédemption? Tout était lié et rien ne l’était. Ce n’était pas pour Bran qu’elle était là, mais elle avait la sensation que ne rien faire n’était pas une option non plus. Elle n’avait pas vraiment besoin de ce boulot mais elle le voulait quand même. Elle regrettait son retour en Oregon et ne se voyait plus ailleurs non plus. Sa vie était synonyme de chaos et pourtant elle n’avait jamais parue aussi calme et plate qu’aujourd’hui. Y avait-il seulement le moindre sens à tout cela?
Le fil de ses pensées fut interrompu lorsqu’il apparut. Le coeur amoché eut un soubresaut et Stella pensa d’abord à un mirage. Elle l’avait guetté, bien malgré elle, les premières semaines, même s’il n’avait pas émis la moindre estimation de son absence. Deux semaines? Un mois? Trois? Plutôt près de six, en vérité, si bien qu’au bout d’un moment, elle l’avait relégué dans un coin poussiéreux, parce qu’elle n’aimait pas attendre Stella, et elle n’allait certainement pas soupirer après un type qui lui retournait la tête et disparaissait du jour au lendemain - elle ne se dit pas, à ce moment-là, que c’était ce qu’elle avait fait, toute sa vie, avec son propre rejeton. Pour la première fois, elle avait été de ce côté de la barrière, elle avait été celle qui était dans l’ignorance, qui ne savait pas quand (ou même si) il allait revenir et elle avait détesté cette sensation. Elle préférait avoir les cartes, jouer à sa façon, contrôler (même si tout était relatif) les situations. Elle ne voulait pas avoir ce sursaut (une étincelle, vibrante, sautillante, aveuglante) de joie à la simple vue d’un grand échalas qui jouait trop bien avec les mots. Ce n’était pas lui. Pendant une seconde, elle se surprit à souhaiter cela: que ça ne soit pas lui. Puis un sourire s’ébaucha sur les lèvres d’Eason, ce sourire trop rare, qu’elle n’avait qu’entraperçu au cours de leurs discussions insensées, et son propre visage se mutina. Elle eut beau chercher à contenir le sourire qui lui chatouillait les lèvres, elle sentit celles-ci s’étirer lentement, tandis que ses paupières se plissaient légèrement, dans une moue moins ironique que Stella ne l’aurait voulue. La blonde prit une profonde inspiration, expira la rébellion interne et se leva pour approcher d’un air nonchalant le comptoir sur lequel elle posa un coude (d’une façon plus attendue dans un bar qu’à l’accueil d’une salle d’attente).
- Tiens, tiens, mais regardez ce que le chat nous a ramené?
Elle songea évidemment à la façon dont ils s’étaient quittés. Elle se dit, aussi, que si elle avait su qu’il se passerait tant de semaines entre le départ d’Eason et cette rencontre inopinée, elle l’aurait embrassé plutôt que de le pousser à aller chercher son colis. Mais Stella savait que c’était facile à dire ça, après, quand tout était passé. Sa vie était une succession de conclusions semblables, vagues regrets après les faits, quand la situation était irrémédiable. Agir au moment indiqué, par contre, c’était une autre affaire.
Mais voilà. Il l’avait embrassée, lui avait fait des promesses idiotes et était parti.
Elle n’avait pas cru à ses paroles et l’avait regardé partir, le goût de ses lèvres encore sur les siennes.
Et maintenant ils étaient là et tout ce qu’elle trouva à dire fut une banalité affligeante.
- Qu’est-ce que tu fais dans le coin, beau brun? Windmont Bay te manquait à ce point?
Mais que disait-on à quelqu’un qu’on connaissait à peine et qui pourtant avait l’air d’avoir vu plus clairement en vous que n’importe qui d’autre avant lui?

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Eason Harjo

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· Re: life is a highway (s/e) · Sam 20 Juin - 18:56
STELLA x EASON (part iii)
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Il éprouva un mal fou à comprendre que d’un seul coup, absolument tout – les sensations, les paroles, la chaleur qu’il avait éprouvé à chaque fois que son chemin avait croisé cette femme – revienne, le possède comme l’aurait fait un esprit malin ; instigateur des mêmes sensations, des mêmes paroles, de cette même chaleur – Eason Harjo se souvint de tout, de celui qu’il avait été avant Stockton, avant que tout ne soit complètement mis sans dessus dessous.
Il eut l’impression qu’à l’instant où Stella Kahnwald – mischievous smirk , woman growls, mysteries and all – se dessina sous ses billes bouillonnantes, tout avait retrouvé sa place ; chaque trait qu’il avait paumé, chaque certitude qu’il avait froissé, chaque savoir qu’il avait cru avoir oublié.
Il ne l’avait pas oublié, elle.
Pas lorsqu’il avait flirté avec d’autres femmes, pas lorsqu’il s’était laissé aborder, dans tous ces autres bars, pas à chaque fois qu’il avait commandé un shot de vodka à son honneur ;  elles n’avaient pas eu son mordant, elles n’étaient pas assez cyniques, désabusées, n'avaient pas assez de ce ‘il ne savait quoi’ qui manquait continuellement et le faisait freiner, changer de direction – pas qu’il ait dédaigné les bras, les histoires mais il n’avait pas autant aimé les leurs ; les personnalités, pas leurs histoires, pas leurs bras, pas leurs façon d’aborder des sujets de la vie quotidienne, avec entrain, avec légèreté – pas comme l’aurait fait la seule et unique Stella – avec son pessimisme et ses surnoms débiles.
Eason se complaisait de cette gravité (celle qui ne le lâchait pas d'une semelle) et s’il l’avait longtemps porté comme le plus beau des apparats ; c’était surtout le sourire qu’elle gribouillait au fusain grossier sur son visage qu’il exhibait le mieux. Il était apparu aussitôt qu'il avait posé les yeux sur elle, lui aussi.
Et il aurait même porté ses fardeaux, n’était-ce pas ce qu’il avait suggéré, avant qu’elle ne l’encourage à entamer sa quête de vérité. Elle ne l’avait pas repoussé, Blondie ; elle n’avait pas été l’égoïste qu’elle lui avait assuré être – au contraire s’était-il surpris à penser ; alors qu’il rebroussait chemin et se rendait dans le bureau de poste. Elle avait eu tant de force, tant de bon sens ; elle ne l’avait pas empêché d’être lui, ni de se découvrir – avec elle, il n’avait pas eu besoin d’explorer ce monde intérieur, de frôler toutes ses frontières, d’en tester la résistance – il s’était laissé porter par la vague et même si elle lui avait frôlé l’âme, il avait accusé la grisante sensation : il avait bu tous les shots en faisant le vœu que leurs chemins se croisent à nouveau. Il avait levé le verre et froncé ses épais sourcils : " A wild Stella !"  Pas à toutes ces choses qu’il s’était gardé de dire ; puisqu’il les lui avait dite, à elle et pas à une autre. Pourquoi ? Il  s’appuya davantage sur le comptoir ; il y avait presque dans leurs positions respectives un déjà-vu qu’il accueillit avec une étrange satisfaction – c’était comme s’il avait retenu sa respiration et que brusquement, il s’était rendu compte qu’il pouvait à nouveau le faire, sans avoir peur d’être maladroit, la victime d'un 'moment suspendu' qui sortait de sa confusion et retrouvait un sens, celui qu'aurait revêtu cette réalité où il lui avait toujours semblé être gravé. - Un lapin - répondit-il, il n'y avait pas de chat, il n'y avait plus rien d'autre à blâmer, ni à remercier - il avait coupé les liens étroits qu'il avait eu avec le doute et la honte, le 'souvenir de Bill' et les White Cave; Eason était un nouvel homme, près d'une femme qu'il avait rencontré lorsque le timing n'était pas bon. Mais, ne tenait qu'à lui de rectifier le tir; partir était un cadeau, la séparation, l'occasion de travailler sur leurs problèmes séparément, sans que la tentation d'imbiber leurs conversations ou de se sermonner se fasse trop tentante. Les fruits du hasard - ils avaient vu du monde et s'étaient vus, aussi. - J'ai retrouvé mon chemin - dans ses mots, il y avait bien plus - une information à saisir, un absolu à analyser, quelque chose qui méritait que l'on s'appesantisse dessus. J'pensais que tu aurais détalé - il se souvint s'être demandé si elle n'avait pas été qu'une vue de son esprit; la rencontre de deux imaginations - celle de l'ex soldat qu'il était, celle de l'héritier qui n'avait jamais pu exister, sur un plan, sur ce plan là. Tu avais raison de m'avoir souhaité bonne chasse au trésor... même si ,en un sens, j'en avais déjà trouvé un; il s'apprêtait à développer ses propos mais l'une des expertes en entreprise vint le couper dans son élan pour murmurer à son oreille qu'il avait pris un sacré retard et qu'il devait se rendre à un rendez-vous avec un apiculteur qui semblait intéressé par une mutualisation de leurs activités. - Et les entretiens ?  Il esquiva l'experte et reporta son attention sur Stella. - A te faire les yeux doux, j'ai oublié de te demander ce que tu fichais ici - il abandonna son gobelet de café. Je dois aller à un truc pro, viens avec moi. Il l'aurait emmené avec lui si elle avait exprimé de l'intérêt pour lui; il aurait fait en sorte que leurs chemins ne se séparent pas.
Il aurait fait en sorte que la conversation ne s'arrête pas sur un sidewalk, ni sur un bécot, ni sur un 'tu fais poireauter ton colis' inconsistant.  

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· Re: life is a highway (s/e) · Lun 27 Juil - 20:57
Elle le détailla sans vergogne, de son regard à la fois délavé et affuté comme une lame. Elle tranchait dans le vif, allait à l'essentiel, pourquoi se serait-elle privée de ce plaisir évident? A quoi bon, surtout, avec l'énergumène en face, qui voyait à travers comme si elle s'était tenue à poil, le coeur et le cerveau prêts à être disséqués. Minauder n'avait jamais été son genre mais c'était une manoeuvre complètement stérile avec Eason, elle ne se fatiguerait donc pas. A la place, elle laissa la chaleur délicieuse lui envahir les membres, caressa ses traits des yeux, plongea directement dans les billes insondables. Le vagabond était de retour, ou de passage, et Stella n'aurait jamais cru expérimenter cette pointe qui lui piquait le muscle cardiaque. Etait-ce une sorte de joie, de surprise, d'amusement? Etait-ce la simple sensation grisante d'être percée à jour, d'être vue, pour de vrai, pour ce qu'elle était, même si c'était moche et cassé? Etait-ce lui? Etait-ce une combinaison des deux? Ou la perspective de poursuivre une partie abandonnée quelques mois plus tôt? Etait-il la distraction qui lui avait manqué et qui rendait dès lors cette quête d'emploi inutile?
Si elle avait été un tant soit peu rêveuse, un brin romantique, peut-être que Stella aurait songé qu'un courant électrique était passé. Il n'y avait pas eu besoin de contact pour qu'il y ait transfert - sauf si on considérait un regard échangé comme un contact (et n'en était-ce pas un, après tout?) Plus fort qu'un coup, plus intense qu'un cri, aussi palpable. Le sourire de Stella s'accentua, tant elle jugea la notion risible. Ce genre de truc ne lui arrivait pas, à elle. Elle n'attendait pas une venue, elle n'espérait pas une présence, elle n'aspirait pas à l'attention et pourtant, elle serait bien restée là, tandis que les secondes se succédaient, figeant le décor, les figurants relégués au rang de silhouette en carton. Les mots n'étaient pas nécessaires, les discours illusoires. C'était tout et c'était rien. C'étaient deux étrangers que les trajectoires (pas destinées, trajectoires) ramenaient l'un à l'autre, des lignes droites qui s'étaient rencontrées à deux, trois, maintenant quatre, reprises. Qu'est-ce que ça valait, dans une vie, quatre face-à-face? Tout et rien.
Le sourire de l'intrigante se creusa encore davantage à l'allusion d'Eason. Une private joke, la preuve qu'il ne fallait pas davantage pour créer un lien, un souvenir commun, une évocation qu'eux seuls déchiffraient. Stella haussa les sourcils lorsqu'il déclara qu'il avait retrouvé son chemin, mais ne lui demanda pas ce qu'il entendait par-là. Ni ne chercha à l'interpréter, d'ailleurs. Stella ne faisait pas dans le décodage. Elle ne cherchait pas le sens cacher - trop de risques de se méprendre, d'y lire une ligne erronée - elle se fiait à ce qu'elle pouvait voir ou toucher.
- J'ai bien failli. Et puis non, lâcha-t-elle en guise de réponse, agrémentant la remarque d'un haussement d'épaules désinvolte.
A plusieurs reprises, elle avait été à deux doigts de partir. Sa valise était sous son lit, il suffisait qu'elle l'en tire, qu'elle la jette sur son lit et y fourre les quelques affaires qu'elle possédait (c'est-à-dire pas grand-chose; quand on avait l'habitude de se volatiliser du jour au lendemain, il valait mieux voyager léger, mais il devait s'en douter). Ce qui l'avait retenue, elle n'en savait rien: ce n'était pas l'avancée avec Bran, évidemment (quasi nulle); ni l'attente de l'escogriffe (fallait pas exagérer); ni les encouragements voilés de menaces de Jacob (elle se contrefoutait de ce qu'il pensait, de ce qu'il promettait si elle blessait à nouveau Bran, qu'il regarde d'abord chez lui avant de la juger), mais elle était restée. Coincée. Engluée. Clouée. Elle avait l'impression que c'était la destination finale d'un voyage éreintant qui n'avait que trop duré, qui avait épuisé toutes ses ressources. Elle n'avait plus nulle part où aller, voilà la vérité. Pas de quête d'identité à poursuivre, elle avait abandonné depuis longtemps. Pas de paix à trouver ailleurs, elle ne l'avait débusquée nulle part, alors ici ou ailleurs, vraiment. Ici, au moins, il y avait Bran, enfanté dans la douleur, emporté partout, culpabilité éternelle et impossible à gérer. Et il y avait aussi Eason, maintenant. Accessoirement. Ou pas tant que ça.
- Ce que tu dis n'a aucun sens pour moi, lui décocha-t-elle, railleuse.
Ah, ce bel étalon, trop doué avec les mots, ce que sa dégaine ne laissait pas présager. Il pensait sûrement avoir affaire à son égale mais Stella ne parlait pas en devinettes, elle laissait les charades aux autres.
Une femme interrompit cependant leur joute (ou leur danse, au choix) et Stella observa l'échange d'un air impassible, sans trahir l'incompréhension qu'il suscitait chez elle. Visiblement, Eason avait un rôle à jouer dans cette ruche où elle n'était qu'un intruse et lorsqu'il l'interrogea sur la raison de sa présence, elle agita la feuille froissée qu'elle malmenait depuis une vingtaine de minutes et qui faisait office de cv mensonger. Il pouvait rire, c'était aussi ridicule que ça le paraissait. Mais il ne manifesta pas la moindre esquisse de moquerie et annonça plutôt qu'il avait quelque chose à faire.
Viens avec moi
Stella le regarda, de la même façon qu'elle l'avait fixé plus tôt, en l'approchant. Sans perplexité, avec une franchise troublante. Elle se tourna légèrement mais ne se détacha pas du comptoir, comme si son coude y était rivé (attaché, ou seul gardien de son équilibre). Elle laissa passer quelques secondes, comme si elle se trouvait à un embranchement déjà rencontré auparavant, où elle avait l'opportunité de choisir l'autre voie. Le laisser filer une nouvelle fois, en partant du principe qu'il n'allait pas se volatiliser, cette fois? Ou le suivre, où qu'il aille, quoi qu'il fasse? Elle savait, maintenant, ce qui était le plus alléchant.
Son coude se détacha lentement de la surface plane et elle se tourna vers Eason, un sourire canaille aux lèvres:
- Lead the way, bel étalon, dit-elle un peu plus fort que nécessaire, histoire d'agrandir quelques regards, et embarrasser un peu Eason, avant de se glisser dans son sillage.
Qu'ils les laissent tous là, qu'ils se trouvent seul à seule.
Qu'ils retrouvent des marques qui s'étaient d'embée établies, pour jouer à un jeu sans règles.
Le leur. Le seul qui vaille la peine de prendre des risques.
De se brûler, de se perdre.
Ou de se trouver.

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Devils roll the dice, angels roll their eyes
And if I bleed, you'll be the last to know
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