hell to the liars

Afin de valider votre fiche et pour participer au concept même du forum, il est important que votre personnage possède toujours un ou plusieurs secrets. Et si vous aidiez Agnes Baker à propager ses rumeurs ? Par l'achat de rumeurs dans notre boutique, vous pouvez vous prêter au jeu des commérages. Ou vous pouvez opter pour les SMS anonymes, plus personnels.
wb bulletin
I.
Si vous souhaitez montrer votre soutien à FS,
vous pouvez voter pour les top-sites et/ou faire un petit
tour dans notre pub bazzart.
II.
L'aventure FS vous tente mais vous avez peur de vous
lancer ? N'hésitez pas à nous faire part de vos demandes
/idées/doutes dans la partie aide à la création . Plusieurs
pré-liens et mini-liens sont également disponibles.
III.
Pour toutes questions, demandes, suggestions, n'hésitez pas à
les poser dans ce sujet ou si vous voulez passer par MP,
veuillez contacter le staff sur le compte @The Observer.
home sweet home

Filthy Secret est un forum city avec un système de secrets. Il n'y a pas de lignes imposées, pas de pression (un rp par mois nous parait raisonnable). Pas de recensement, des mps seront envoyés pour s'assurer que l'envie et la motivation sont toujours présentes avant de procéder à la libération de l'avatar et suppression du compte. Les doublons de prénom (et de nom - sauf si affiliation) ainsi que les initiales dans les pseudos sont interdits.
Le Deal du moment : -60%
Chargeur rapide sans Fil Universel 10 W – ...
Voir le deal
13.59 €

 

 would you run or stay with me.


F I L T H Y S E C R E T :: windmont bay :: Harbor Row :: marceline's coffee shop
Aller en bas 

Joan Wright

messages : 667
name : anane.
face + © : natalie portman © romane, thinkky, vocivus.
multinicks : vesper, sharon.
points : 1278
age (birth) : thirty-six (17|08)
♡ status : divorced.
work : lawyer (resigned).
home : ocean avenue.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : ■■□

would you run or stay with me. Empty
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
· would you run or stay with me. · Sam 13 Juin - 18:59


Addison Holloway était une personne droite, c’était la première chose qu’on se disait quand on la voyait. Tête droite, cœur droit, pour tracer tout droit sa vie.
Droite mais pas sévère ni rigide, juste droite, pas plus. C’était aussi le genre de femmes discrète mais qui souriait beaucoup.
Elle était secrétaire dans un cabinet d’architectes de Portland et jeune mariée. Pas d’enfants. Sans doute était-elle le genre de femmes à en vouloir, ça allait avec le personnage.
Elle dégageait une sorte de sérénité, comme une force tranquille, et de la bienveillance, un côté maternel – décidément faite pour être mère dirait-on.
Elle ne fumait pas, ne buvait pas (un verre de porto le samedi soir avec les copines, mais rien qu’un), elle ne reprenait pas de dessert, elle était fidèle à son mari, elle s’arrêtait au feu orange et respectait les limitations de vitesse, elle avait bonne réputation – c’était une voisine exemplaire –, elle ne jurait pas, elle n’écoutait pas la musique trop fort, elle déclarait des impôts dans les temps.
En revanche, depuis quelques semaines, parfois – en réalité jusqu’à plusieurs soirs par semaine – Addison Holloway se rendait dans un club de strip-tease. Toujours seule. Quand on lui avait posé la question, elle-même n’avait su tout à fait expliquer ce qui l’amenait là – un peu de piment, d’excitation dans son quotidien bien ordinaire ? Il y avait sûrement de ça, et pourtant ceux qui l’observaient scrupuleusement étaient à même de noter qu’elle s’intéressait autant aux charmants jeunes hommes qui se déhanchaient sur scène en tenues légères qu’au public qui venait fréquenter les lieux. C’en était à se demander ce que ça pouvait apporter comme piment à sa vie d’aller dans un club de strip-tease et y passer plus de temps à observer les spectateurs que les acteurs de cet affriolant spectacle – mais allez savoir, en tout cas, Addison continuait à venir et revenir encore.
C’était à peu près tout ce qu’il y avait à savoir d’Addison Holloway, tout ce que Joan avait imaginé du reste – oui car précision importante, Addison Holloway, n’existait pas, il ne s’agissait pas d’une véritable personne mais d’une identité factice, un personnage que Joan s’était inventé quand sa présence dans le fameux club de strip-tease avait été remarquée.
La seule personne aux yeux desquelles Addison Holloway existait, donc, c’était Justyn. Joan sentait ses entrailles se ratatiner quand elle pensait à lui – un peu de culpabilité, pas mal de regrets.
Les évènements récents avaient fait chuter d’un sacré cran la réputation de Joan Wright. La population de Windmont Bay ne lui avait globalement jamais trop tenu rigueur de l’adultère qui lui avait coûté son mariage avec Keane – la faute, sans doute à sa bonne éducation, sa douceur innée et sa sensibilité non feinte qui lui attiraient naturellement la sympathie de ses semblables. Mais voilà qu’elle avait récidivé et avait eu une aventure avec un homme marié, dont l’épouse était l’une de ses plus proches amies qui plus est. Fauter une fois, d’accord, mais deux ? Si les habitants de la petite ville lui avaient offert une seconde chance sans qu’elle n’ait à la demander, ils semblaient unanimement déterminés à ne pas lui en octroyer une troisième.
La chute de sa côte de popularité s’était accompagnée d’une baisse de moral. Joan n’avait jamais attaché d’importance à sa réputation, mais répudiat l’animosité manifestée à son égard, qui lui donnait véritablement l’impression d’être la mauvaise personne qu’on la disait être. Joan avait fini par accepté qu’elle le méritait, et ce constat, quoi qu’accablant, s’était accompagné de la ferme résolution d’adopter une meilleure ligne de conduite.
Pour elle, d’abord, son estime personnelle, son équilibre.
Et puis pour sa fille – à quatre ans, Niamh était trop petite et innocente pour se rendre compte de quoi que ce soit, mais qu’en serait-il à sept ou huit ans quand elle serait apte à remarquer que le voisinage chuchotait sur le dos de sa mère avec des airs médisants ?
Il fallait que les choses changent.
Joan avait ainsi, entres autres choses, espacé ses soirées au club de strip-tease sans pouvoir se résoudre à y mettre un terme. Dans cette période où le moral n’était pas au plus haut, elle aurait accepté de faire une croix sur Addison Holloway et sur le club de strip-tease, mais elle ne se sentait pas tout à fait prête à renoncer à Justyn.
Elle ne le connaissait pas si bien que ça – très peu, en fait, ils n’avaient guère échangé qu’une douzaine de conservations tout au plus, toujours le soir, à la sortie du club. Mais ils s’étaient tout de suite bien entendu, ça avait même quelque chose d’inné, presque magnétique cette bonne entente immédiate, la sympathie mutuelle, et quand bien même la moitié de ce qu’elle lui racontait n’était que tissu de mensonges, Joan avait parfois l’impression qu’il la voyait vraiment, qu’il discernait le vrai dans ce qu’elle pouvait dire et que, malgré le mensonge, ils commençaient petit à petit à véritablement faire connaissance – une illusion, sans doute.
Il était trop tard pour lui révéler la vérité et ses habitudes au club de strip-tease entraient en conflit avec ses nouvelles résolution sans qu'elle n'arrive à se faire à l'idée de ne plus s'y rendre y passer des moments avec Justyn – Joan était bloquée.
Elle aperçut Justyn à Windmont Bay pour la première fois un vendredi matin, au détour de Harbor Row, il avait les airs de celui qui s’offre une balade ou part faire ses courses – elle eut un sursaut de surprise en le reconnaissant, sentit à nouveau ce pincement dans ses entrailles et se sentit oppressée par cette impression d’être bloquée dans une situation impossible.
Avait-il jamais mentionné Windmont Bay ? Elle s’en serait souvenue. Elle en tout cas ne l’avait jamais mentionné – car Addison Holloway vivait à Portland – la surprise du jeune homme de l’y rencontrer devait donc être au moins égale à la sienne.
Il n'avait pas encore posé les yeux sur elle. Son instinct de préservation (ou plutôt : de lâcheté) lui intima de détourner les yeux, changer de route et déguerpir fissa. Pourtant elle resta là. Elle avança à sa rencontre.
« Justyn. » Joan eut un sentiment étrange en prononçant son prénom – comme si à la fois elle le prononçait pour la millionième fois, qu’elle le connaissait et surtout qu’il la connaissait depuis un nombre incalculable d’années ; et à la fois comme si c’était la première fois qu’elle l’entendait sortir de sa bouche, ce qui était un peu le cas : ‘Justyn’ Addison l’avait déjà prononcé quelques fois, Joan s’y risquait pour la toute première. Ils étaient en face l’un de l’autre depuis moins de cinq secondes, ils n’avaient pas encore échangé deux mots que déjà Joan prenait sa décision : elle allait lui avouer la vérité. « Salut. » Elle rougit imperceptiblement, un peu bêtement – elle rougissait de le croiser pour la première dans un contexte différent, de le rencontrer à la lumière du jour, et des révélations qu’elle avait à lui faire si le courage ne l’abandonnait pas d’ici là.
Elle dût se hisser sur la pointe des pieds pour déposer une bise sur sa joue mal rasée.
En se reculant lentement, Joan vit dans la clarté étincelante de l’azur de ses yeux un signe d’espoir qui lui permit de rassembler tout le maigre courage dont elle disposait. « Tu as un moment ? On pourrait prendre un café peut-être ? » À y regarder d’un peu plus près, ces yeux d’un bleu translucide étaient tout aussi aptes à faire fondre son courage en un clignement de paupières, mais on pouvait déceler dans le fin sourire qui étirait ses lèvres rosées qu’elle y mettait toutes sa bonne volonté.

_________________
would you run or stay with me. TYkhACQx_o would you run or stay with me. 1F38I0k6_o
bury all your secrets in my skin come away with innocence and leave me with my sins. the air around me still feels like a cage and love is just a camouflage.

Justyn Henessy

messages : 1042
name : ndia
face + © : christian hogue @self
multinicks : chani, zander
points : 1504
age (birth) : 30 y.o (june 20th)
♡ status : not important
work : striptease dancer
activities : (ec)

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : [open] james・gabriela・lucas・mila・joan・tc(aneurin&maisie)・lottie・ (dora・tony)

would you run or stay with me. Empty
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
· Re: would you run or stay with me. · Lun 15 Juin - 20:35
Rien ne prédestinait Justyn Henessy de vivre dans la bourgade de Windmont Bay. Il aurait pu s’installer ici comme ailleurs. C’était un choix hasardeux sur une carte routière qui la conduit jusque là. Dans son entourage le plus proche, personne n’avait mis les pieds dans cette ville, personne n’était capable de lui faire part des atouts de la petite ville, de la mentalité de ses habitants ou encore de l’ambiance régnante dans ses rues. Personne. Un nom inconnu sur une carte de l’Oregon. Force est de constater que c’est cette raison qui l’a poussé à prendre la route vers cette cité : personne ne la connaissait et aucun de ses habitants ne le connaîtrait. C’est cet inconnu qui venait réchauffer un peu ses entrailles. Il n’avait pas peur de s’installer dans l’inconnu, au milieu des inconnus… il l’a longtemps cherché comme pour se racheter une conduite, pour réécrire les pans foireux de son existence et pour faire table rase de ses antécédents. Car pour certains, Justyn Henessy n’existe plus dans le cercle familial. Il a été gommé du schéma archétype de la famille qui veut être parfaite, qui ne veut pas montrer ses fêlures en public parce qu’il n’est pas le fils parfait et qu’il ne pourra jamais le devenir. En s’installant à Windmont Bay, il s’est émancipé des siens et de son géniteur. Il a juste terminé de déchirer la photo de famille qui l’était déjà bien avant son départ.
Windmont Bay devait être son terrain de jeu neutre. Pour autant rien ne s’est passé comme prévu. C’est sans compter de retrouver sur son chemin quelques histoires passées, des histoires et des protagonistes refoulés dans sa mémoire au rayon des souvenirs. Il apprend à composer avec ces présences autour de lui, sans vraiment s’en soucier. Il est l’électron libre parmi toutes ces connexions sociales. Néanmoins, Justyn n’a pas tiré un trait définitif sur Portland : il ne peut pas renier sa bande de potes, la bande de garçons qui se retrouvent chaque soir, dans cette pièce qui leur sert de coulisse, avant de monter sur scène. Déjà onze ans que sa présence habite le club de strip-tease. Il n’a jamais envisagé prendre une tout autre direction à son curriculum vitae – qui est vide, aucun diplôme et sa seule expérience professionnelle reste celle de danseur dans ce club – comme si tout cela lui convenait.
Il redresse la tête alors qu’une silhouette qui ne lui est pas inconnue entre dans son champ de vision. Il reconnaît cette silhouette aux formes élégantes et gracieuses, à ces traits doux qui dessinent ce visage. Il la reconnaît. Bien trop rapidement son prénom vient s’ancrer dans son esprit. Il l’a déjà vu, il lui a déjà parlé et, quelque part en son for intérieur, il sait qu’il ne peut pas l’oublier. Sa présence au club l’avait longtemps intrigué. Jusqu’au jour où il a décidé de prendre les devants. Malgré les conversations, malgré les mots et les regards échangés, il ne se souvient pas qu’elle lui a parlé de Windmont Bay : elle vit à Portland, là où il travaille. Alors, quand il la voit défiler devant lui, sous son regard qui ne peut rester insensible, une once de surprise ne peut s’empêcher de se peindre sur son visage. Que fait-elle là ? Que fait Addison Holloway à Windmont Bay ? Vient-elle rendre visite à un proche ? À de la famille ? Ou vient-elle seulement s’y perdre pour visiter la petite ville ? Trop de questions viennent chambouler la quiétude régnante de son esprit quand Adisson vient faire son entrer dans son espace vitale. « Hey », articule-t-il, en réponse à son salut, alors que sa joue vient réceptionner les lèvres rosées de la belle pour un baiser. Un fin et discret rictus étire ses lèvres, au même moment où l’azur de ses yeux se dépose sur son doux et calme minois. Il voudrait lui demander ce qu’elle fait là mais ne le fera pas – parce qu’il sait qu’il détesterait qu’on vienne le sonder. « Bien entendu, qu’il répond en opinant de la tête, viens, je t’invite ». Il lui adresse un signe de tête pour se mettre en marche, en direction du café à quelques rues de là où leurs chemins se sont croisés. Pendant qu’ils se rendent à cet endroit, son regard parcourt, de temps en temps, le visage de la belle, détaillant les traits agréables qui dessinent son visage. « Je ne m’attendais pas à te voir ici », qu’il commente, un fin sourire se frayant un chemin sur sa bouche. Il aurait pu dire avoir été surpris, mais il préfère refouler toutes ses sensations qui ont pu venir gonfler ses veines. C’est la phrase parfaite pour lui demander ensuite ce qu’elle fiche là mais il reste silencieux, plongeant un peu plus profondément l’une de ses mains dans la poche de sa veste. Il se dit qu’elle finira par bien par donner une explication à cette présence dans le dédale de Windmont Bay. […] Arrivé devant la porte qu’il ouvre, il laisse entrer la belle Addison devant lui. Ils s’installent à cette table où deux chaises les attendaient déjà – comme si tout était déjà préparé alors que ce n’est qu’un putain de hasard –. Il prend place, faisant face à la jeune femme. « Comment vas-tu , Addison? », il lui demande, en plantant son regard dans le sien.
@joan wright

_________________
in another love i would have found a way to stay
 
Never too late to write the best of your story
Remember to breathe
or else you're gonna be sorry
Life's no race, it's a companion
Always face with reckless abandon

Joan Wright

messages : 667
name : anane.
face + © : natalie portman © romane, thinkky, vocivus.
multinicks : vesper, sharon.
points : 1278
age (birth) : thirty-six (17|08)
♡ status : divorced.
work : lawyer (resigned).
home : ocean avenue.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : ■■□

would you run or stay with me. Empty
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
· Re: would you run or stay with me. · Mar 16 Juin - 22:11
Quand elle avait commencé à suivre la femme d’un banquier accusé d’extorsion de fonds, Joan n’avait pas une seule seconde imaginé qu’elle se retrouverait dans un club de strip-tease. C’était pourtant dans ces lieux insolites que s’était achevée la soirée de Mme X (préservons son anonymat), le premier jour que Joan avait passé à l’épier. Ainsi que la seconde. La troisième. Et une multitude d’autres depuis.
Elle venait parfois avec un jeune ami, parfois avec des copines, parfois seule sans forcément rentrer chez elle non accompagnée – en tout cas elle revenait, chaque soir, Joan se disait que quelque chose lui échappait, c’était à n’y rien comprendre.
Elle passait son temps à observer les moindres faits et gestes de la jeune femme, à analyser chaque détail. Elle cherchait une réponse à une question qui lui échappait toujours, ça commençait à la rendre folle, et Mme X qui continuait de revenir au club, soir après soir.
Et puis, au bout d’un moment, Joan n’avait plus fini par y voir qu’un plaisir coupable, un pêché mignon. Elle avait accepté de ne pas résoudre l’énigme et, de fait, perdu tout intérêt. Elle n’avait, toutefois, pas cessé de revenir elle aussi au club de strip-tease – car entre-temps elle avait rencontré Justyn. Elle continuait à observer les uns et les autres, parfois elle guettait l’arrivée de Mme X, mais l’excitation et la curiosité n’y étaient plus, elle se moquait de la perdre du regard au bout de trois minutes, en réalité elle ne venait plus que pour Justyn – et non, pas pour le plaisir de l’observer se dénuder et offrir aux yeux de tous ce corps bien bâti dont la nature l’avait généreusement doté, mais pour les quelques conversations qu’ils pouvaient échanger (même très courtes) une fois le rideau tombé et le jeune homme rhabillé.
À certains moments de nos vies, des choses anodines pouvaient prendre une importance capitale ; c’était ainsi que, dans une période où elle se sentait peu appréciée par ses pairs et commençait à douter d’elle-même autant que de la vie qu’elle avait décidé de mener, Joan avait vu en cette amitié naissante, ce « bon feeling » qui, à une autre période de sa vie, aurait semblé anodin, une lueur d’espoir à laquelle s’accrocher.
« Merci. » Elle accepta, à son tour, l’invitation, son cœur peureux s’agitant d’appréhension, ses entrailles remuant de culpabilité.
Elle lui emboîta le pas, risqua de temps à autres un regard vers son profil sans oser rien dire pour l’instant. Son cerveau s’agitait mais pédalait dans le vide, il essayait de préparer, les bons mots, les meilleures tournures de phrases, il n’y arrivait pas – ce qui n’était pas une excuse pour se défausser, désormais que la décision était prise.
Il ne s’attendait pas à la voir. Il s’attendait encore moins à ce qu’elle dirait. Justyn avait un sourire innocent sur les lèvres, des airs si calmes et insouciants, Joan sourit elle aussi. Elle sentait pourtant, dans son commentaire, la curiosité sous-jacente – mais celle-ci devrait patienter quelques instants avant d’être assouvie, Joan n’allait pas s’épancher dans la rue, il fallait au moins s’asseoir, adopter une position assez confortable pour dispenser d’un côté et recueillir de l’autre les confessions qui les attendaient. « Moi non plus. » répondit-elle ainsi, elle arborait un sourire en croissant de lune, le trouver à Windmont Bay avait également été une surprise, ils avaient encore du chemin à faire avant d’apprendre à se connaître, et pas seulement de son côté à elle – elle espérait simplement qu’après avoir révélé ce qu’elle avait à révéler, ils s’en laisseraient la chance.
Elle apprécia la galanterie, la porte du Marceline’s coffee shop tenue pour la laisser entrer. Une table légèrement isolée – ce qui était bienvenu, même si le café était ce jour-là peu fréquenté – semblait les attendre, prête à être le témoin d’aveux que Joan n’arrivaient pas à préparer dans sa tête, que Justyn n’était probablement pas plus prêt à écouter.
« Très bien, je te remercie. » Elle ne lui retourna pas la question. C’était légèrement impoli, exactement le type d’attitude que Joan se refusait d’adopter en temps normal – mais en l’occurrence, si elle lui retournait la question, la conversation entre « Addison et Justyn » serait enclenchée et sans doute, une fois de plus, lui échapperait-elle – le retour en arrière serait encore plus difficile qu'il ne l'était déjà.
Une serveuse passa prendre leur commande, offrant un instant à Joan pour prendre son inspiration.
Elle regarda la jeune femme s’éloigner et expira. « J’habite ici, à Windmont Bay, en fait. Je ne crois pas te l’avoir dit. » Elle n’osa reposer ses noisettes sur Justyn qu’une fois la phrase prononcée. Elle lui avait dit Portland – elle ne doutait pas qu’il s’en souvint parfaitement. « Enfin, je suis sûre de ne pas te l’avoir dit. » corrigea-t-elle ainsi, admettant elle-même son mensonge, le premier d’une longue lignée, avant qu’il ne puisse la mette devant le fait accompli. Joan s’efforçait de regarder Justyn dans les yeux, mais il était très tentant de détourner le regard, dévier ses yeux fuyants vers le plafond, ses pieds ou même ses mains, pour échapper au jugement muet que ces prunelles translucides semblaient prêtes à faire tomber sur elle. Était-ce ce sentiment d’impuissance totale, mêlé de regrets et d’une crainte sourde, que ressentaient les coupables qui, face au juge, attendaient que tombe leur verdict ? Elle avait toujours trouvé dans ce regard clair quelque chose d’encourageant, de rassurant : un espoir, une lumière – désormais il lui paraissait insondable, trouble, elle lui trouvait presque quelque chose de grave.
Joan ne se laissa toutefois pas démonter. « En réalité, il y a beaucoup de choses que je n’ai pas dites. Ou sur lesquelles j’ai menti. » L’avocate s’arrêta là sans prévenir, elle n’allait rien ajouter de plus – pas tout de suite. Elle n’avait de toute évidence pas tout dit – loin de là – et l’idée n’était pas de ménager un quelconque suspense ou seulement d’attiser la curiosité de Justyn ; elle lui laissait, déjà, une porte de sortie. Si poursuivre la conversation avec une femme qui lui avait menti n’était pas une chose qu’il avait envie de faire, il était libre de quitter la table. Joan en aurait le cœur serré de ne pas avoir expié ses fautes et de voir s’éloigner si rapidement ce qui lui avait paru être un point de lumière dans un long couloir sombre – mais elle n’essaierait pas de le retenir.
Il était somme toute peu probable qu’il ne décide de quitter la table si tôt et la laisse là sans demander d’avantage d’explications, sans savoir exactement sur quoi et pourquoi elle avait menti, mais c’était une hypothèse à ne pas écarter – certaines personnes étaient si droites que la seule idée du mensonge les rebutaient au plus haut point (Joan songea qu’Addison Holloway, peut-être, étaient de celles-ci).
Pleine d’appréhension, elle releva les yeux vers le jeune homme, honteuse sans trop le laisser paraître, et retint son souffle.

_________________
would you run or stay with me. TYkhACQx_o would you run or stay with me. 1F38I0k6_o
bury all your secrets in my skin come away with innocence and leave me with my sins. the air around me still feels like a cage and love is just a camouflage.

Justyn Henessy

messages : 1042
name : ndia
face + © : christian hogue @self
multinicks : chani, zander
points : 1504
age (birth) : 30 y.o (june 20th)
♡ status : not important
work : striptease dancer
activities : (ec)

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : [open] james・gabriela・lucas・mila・joan・tc(aneurin&maisie)・lottie・ (dora・tony)

would you run or stay with me. Empty
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
· Re: would you run or stay with me. · Mer 17 Juin - 20:54
Addison fait partie de ces quelques personnes, qu’il fréquente encore à Portland. Ces rares personnes ont le même trait d’union avec lui : le club de strip-tease. A Portland, il ne lui reste que sa bande garçons – ses potes et collègues – puis il y a Addison qui s’est ajouté dans son paysage, avec le temps, comme pour venir lui apporter un peu de douceur et de féminité dans son entourage exclusivement composé de chromosomes XY suintant la testostérone au m². Il n’avait pas envisagé qu’elle vienne apporter un peu de lumière à son sombre tableau, il n’avait jamais envisagé d’avoir sur sa route une douce et belle Addison comme il n’a pas envisagé de la retrouver, aujourd’hui, devant lui, en plein coeur de Windmont Bay. Rien n’a été écrit par avance entre eux. Jamais il n’aurait envisagé la perspective d’un échange dans sa nouvelle citadelle, la perspective d’un café en tête à tête avec elle – peut-être aurait-il fini par le désirer à un moment, plus tard. Alors, sans même réfléchir à la conséquence, il l’invite prendre ce café. Tout cela n’était peut-être que la suite logique de leur relation : après le temps des conversations nocturnes, à la sortie du club, souvent dans les rues animées par les âmes de la nuit, parfois autour d’un verre dans le club, viendrait le temps des conversions diurnes. Parfois leurs conversations étaient courtes, parfois duraient bien plus longtemps – et c’est dans ces moments-là où ils se rendaient compte qu’ils n’avaient pas vu passer le temps parce que ce temps-là passé ensemble leur avait fait du bien, comme le pansement de leurs maux. D’ailleurs, elle lui signifie qu’elle non plus. Elle ne s’attendait pas à le croire, ici, à Windmont Bay. C’est étrange de la retrouver ici. Elle n’est pourtant pas différente de ce doux visage qu’il côtoie la nuit. Le son de sa voix est toujours aussi agréable et bienveillant à écouter, son regard doux et son sourire qui vient discrètement creuser ses joues. Elle est la même, qu’elle soit à Portland ou à Windmont Bay, de nuit comme de jour. Alors, après être entrés dans le Marceline’s coffee shop, ils s’installent à cette table, à l’écart des autres, à l’abri des oreilles indiscrets. Il s’assoit autour de la table, qui paraît étrangement trop petite pour l’accueillir, lui et sa grande carrure. Il plie ses jambes, qui dépasse de tous les côtés. Son regard se pose sur Addison, quand elle lui répond aller bien. Elle va très bien, même. Il hoche doucement de la tête mais n’a pas le temps de répliquer quoique ce soit que bien rapidement une serveuse les accueille pour prendre leur commande. Il est interrompu mais ce n’est pas comme si ce qu’il voulait lui dire était important. Ca ne l’était pas. Presque instinctivement, son regard suit celui de la belle brune qui observe la serveuse s’éloigner d’eux. Ses billes bleues se posent enfin sur son visage, détaillant ses traits en silence. Il arque un léger sourcil, seule marque de sa surprise car les traits de son faciès restent insensibles aux mots de la jeune femme. Elle aussi habite à Windmont Bay. « Je pensais que tu habitais à Portland... », il souffle. C’est les souvenirs de leurs premières conversations qui reviennent à la surface de sa mémoire – qui n’est pas infaillible –: elle avait mentionné Portland, sa relation amoureuse et son couple – c’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle vient au club, pour pimenter sa vie sentimentale et sexuelle –, évoquant rapidement son travail dans un cabinet d’architecture de la ville. Pourtant leur première conversation ne remonte pas à des années, mais seulement à quelques mois. Sa mémoire deviendrait-elle défaillante ? « Moi aussi, j’habite ici, à Windmont Bay », qu’il lui révèle à son tour, en croisant son regard azuréen avec celui de la belle. Il ne lui a jamais parlé de là où il habitait – mentionnant seulement un appartement peu envieux –. Il pose ses bras sur la table, tout en ne la quittant pas du regard. Il trouve cette coïncidence drôle mais appréciable. Alors, Addison reprend la parole. Il sourcille doucement, en entendant ces mots qui émanent de sa bouche rosée. Elle lui explique qu’il y a beaucoup de choses qu’elle ne lui a pas dites à son sujet. Lui non plus ne lui a pas tout dit à son sujet. Il y a bien des pans de son existence qui sont inconnus aux yeux de la belle brune – peut-être apprendrait-elle un jour à en découvrir quelques uns ? Il ne sait pas. Il ne s’est jamais épanché sur ce bien-être qu’il éprouvait en sa présence, sur cette quiétude nouvelle qui émanait en son for intérieur quand elle se trouvait près de lui. Tout près de lui. Dans son espace vital. Ce n’est pas tant cette réplique qui le fait réagir mais bien la suite de ce qu’elle lui dit. Il n’y a pas seulement des choses qu’il ignore à son sujet… il y a aussi des choses sur lesquelles elle a menti. Cette femme est bien trop douce, délicate et agréable pour être une version erronée. Il peine à le croire. « Comme sur quoi, par exemple ? » Il ne bouge pas et ne laisse rien paraître. Il se tient prêt à entendre ses paroles et à accueillir ses confessions. Peut-il la juger ? Le Justyn d’avant aurait serré son poing, commencé à agiter l’une de ses longues jambes et à la faire trembler, aurait fini par donner un coup dans la table, un peu trop violemment. De ce Justyn, il n’en est plus rien à présent. Les effets de la thérapie, mêlés à la douceur de cette femme qui lui fait du bien. Il lui lance un doux regard, comme pour lui signifier qu’elle peut se lancer.
@joan wright

_________________
in another love i would have found a way to stay
 
Never too late to write the best of your story
Remember to breathe
or else you're gonna be sorry
Life's no race, it's a companion
Always face with reckless abandon

Joan Wright

messages : 667
name : anane.
face + © : natalie portman © romane, thinkky, vocivus.
multinicks : vesper, sharon.
points : 1278
age (birth) : thirty-six (17|08)
♡ status : divorced.
work : lawyer (resigned).
home : ocean avenue.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : ■■□

would you run or stay with me. Empty
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
· Re: would you run or stay with me. · Dim 21 Juin - 16:42
Il ne s’était pas mis en colère, n’avait pas tapé du poing sur la table, n’était pas parti en renversant sa chaise derrière lui. En fait, il était même d’un calme olympien pour quelqu’un qui venait d’apprendre avoir été dupé, il ne laissait pas paraître grand-chose, c’en était presque impressionnant.
Comment aurait-elle réagi si un homme ou une femme avec qui elle était en train de faire connaissance et de lier une amitié aussi plaisante qu’inattendue lui avouait d’un coup d’un seul qu’il ou elle mentait depuis le début ? Joan était une femme d’un naturel doux et posé, cependant une telle révélation aurait fait pulser son sang jusque ses veines
Justyn lui, recevait la nouvelle non sans insensibilité – elle pouvait le voir dans ses yeux clairs – mais avec une sérénité qui l’étonnait autant qu’elle lui apportait de soulagement.
Joan avait conscience qu’il n’était pas raisonnable d’imaginer une issue positive à la conversation qu’ils entamaient, mais le calme de Justyn avait quelque chose de rassurant, d’encourageant – la situation ne s’y prêtait pas tout à fait mais elle aurait presque été tenté de lui montrer sa reconnaissance pour aborder ses confessions avec une telle douceur – on aurait dit de la prévenance.
Elle soupira et passa ses mains sur son visage quand la question des détails, légitime du reste, fusa. Justyn ne s’attendait pas aux aveux qu’elle allait lui faire et Joan le trouva tout d’un coup d’une innocence que faisait ressortir ces yeux d’un bleu azur et qui lui donna la sensation de clous que la culpabilité enfonçait dans ses entrailles.
Il y avait tant à dire, elle ne savait plus par où commencer.
« Sur mon nom. Ma ville. Mon mariage. Mon job. » La liste était longue, mais Joan s’arrêta là – il aura compris l’idée, qu’elle résuma ainsi : « Sur tout. » Elle lui laissa un instant pour digérer la nouvelle – cette fois-ci, elle n’allait pas s’arrêter là et attendre des questions qui devaient se bousculer dans la tête du jeune homme. Elle guetta la serveuse qui revenait avec leurs cafés, la remercia et patienta jusqu’à ce que celle-ci soit repartie à une distance où elle ne pourrait laisser traîner une oreille indiscrète avant de reprendre.
« C’est une histoire stupide. Je suis avocate. J’ai suivi la femme d’un prévenu pour évaluer son mode de vie. Elle venait au club régulièrement – alors moi aussi, du coup. Dans des situations comme celles-là, si je rencontre quelqu’un, je préfère être prudente et me faire passer pour une autre. Alors c’est ce que j’ai fait quand tu m’as abordée... » C’est en commençant ses explications que Joan se souvint qu’à sa rencontre avec Keane aussi, elle ne s’était pas présentée sous sa véritable identité. – mais elle avait, avec Keane, été plus clairvoyante et avait rapidement choisi de mettre les choses au clair (pressentant qu’elle allait revoir cet homme, et vouloir le revoir, sans se douter à quel point). Joan n’avait, cette fois-ci, pas eu cette intelligence, mais elle ne pouvait s’empêcher de trouver aux deux situations des similitudes. Cette pensée lui redonna un peu d’un espoir qu’elle savait candide : peut-être qu’il n’était pas trop tard, peut-être qu’il serait prêt à tirer un trait sur ces débuts ratés et à tout recommencer, peut-être que Justyn et elle pouvaient reprendre leur rencontre à zéro mais laisser leur amitié naissante là où ils l’avaient laissée.
Ou peut-être que croire ne serait-ce qu’une seconde à cette éventualité c’était faire preuve d’une naïveté adolescente.
« Et une fois qu’on s’est présentée sous un faux nom, c’est compliqué de revenir en arrière... » acheva Joan, didactique. Elle empruntait un ton factuel, explicatif – elle ne se cherchait pas d’excuse, ne demandait pas (encore) pardon – cela viendrait plus tard, si le jeune homme n’avait pas déjà décidé qu’elle n’en valait pas la peine.
L’avocate prit sa tasse de café entre ses mains, apprécia la chaleur qui irradia contre ses paumes tandis que tout son corps frissonnait et but deux gorgées sans jamais quitter Justyn du regard – quoi que honteuse, elle ne baissait plus les yeux, la preuve qu’il devait exister en elle un fond de courage sous les kilos de lâcheté et de mensonges. Elle attendait, avec une patience nerveuse toute relative, ce que le jeune homme allait trouver à répondre à ça, ce qu’il allait en dire, en penser, et décider. Joan n’aurait su tout à fait dire quelle réaction chez Justyn elle redoutait le plus : qu’il choisisse ce moment-là pour quitter la table sans un mot de plus, qu’il reste et peut-être la blâme mais sans chercher à savoir qui elle était vraiment, ou bien qu’il demande la vérité à son sujet.
Dans le premier cas, la déception serait rude mais au moins sans appel – elle pourrait tourner la page et en tirer une bonne leçon.
La seconde hypothèse était la plus cruelle, car elle signifierait que, quoi qu’il ne soit pas tout à fait en colère, il n’avait pas envie de gratter la surface pour connaître la véritable Joan – sans doute avait-elle fantasmé la complicité innée qu’elle avait cru déceler entre eux.
La troisième possibilité, enfin, si elle était celle qui pouvait lui laisser le plus d’espoir, serait néanmoins à double tranchant car elle impliquait le risque que Justyn ait apprécié Addison, le personnage qu’elle lui avait présenté, mais qu’il se découvre moins d’amitié envers la véritable femme qu’elle était. Et ce serait là la plus cuisante des déceptions pour Joan Wright.

_________________
would you run or stay with me. TYkhACQx_o would you run or stay with me. 1F38I0k6_o
bury all your secrets in my skin come away with innocence and leave me with my sins. the air around me still feels like a cage and love is just a camouflage.

Justyn Henessy

messages : 1042
name : ndia
face + © : christian hogue @self
multinicks : chani, zander
points : 1504
age (birth) : 30 y.o (june 20th)
♡ status : not important
work : striptease dancer
activities : (ec)

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : [open] james・gabriela・lucas・mila・joan・tc(aneurin&maisie)・lottie・ (dora・tony)

would you run or stay with me. Empty
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
· Re: would you run or stay with me. · Mer 24 Juin - 10:35
Elle ne lui a pas tout dit, elle ne lui a pas dit la vérité. Elle lui a menti. Pourtant, difficile pour Justyn de l’imaginer ne pas avoir été sincère avec lui. Sur quoi avait-elle bien mentir ? La raison de sa première soirée au club ? Impossible, elle lui avait expliqué être venu pour mettre du piment dans sa vie intime, une recherche de l’interdit. Cela ne lui sert à rien de réfléchir, de chercher là où elle ne lui aurait pas dit la vérité. Elle est la seule à le savoir. Alors, il l’invite à formuler ses mensonges, à les confesser, tout en restant assis sur son siège. Comment devrait-il réagir ? S’énerver ? Sûrement, mais pourquoi devrait-il se mettre en colère ? Certes, il avait commencé à tisser quelque chose avec elle, mais quelque chose de superficiel. Il s’est interdit d’envisager autrement Addison que comme une cliente régulière du club puis comme une connaissance. Il ne veut pas se rendre à l’évidence qu’elle lui apporte la lumière dans sa vie un peu sombre et cabossée et que sa présence à ses côtés lui fait du bien. L’avoir à ses côtés est bénéfique. Elle est devenue, au fil des conversations, son adjuvant. Son regard azuréen se pose sur le visage de la belle brune. Il attend. Il attend qu’elle prenne la parole. Il attend qu’elle passe à l’aveu. Puis les premiers mots sont énoncés. Elle lui a menti sur son nom, puis sur sa ville – elle vient de lui apprendre qu’elle n’habite pas Portland mais Windmont Bay – et son mariage et enfin sur son job. Il reste interdit, quelques instants, comme pour se remettre de ces quelques mots qui sont devenus un uppercut, une douche froide. Il reste sonné, silencieux, sur sa chaise, alors qu’elle renchérit. Elle lui a menti sur tout. Tout. Doit-il considérer que chaque mot, chaque pensée, chaque geste qu’elle lui a tenu, qu’elle a eu pour lui n’étaient que des mensonges ? Il ne peut pas y croire – ou ne veut pas –. Pourtant, il se recule dans sa chaise, retirant sa main de la table, en effleurant une dernière fois les doigts de la jeune femme. Il croise les bras. Alors que pendant un moment la possibilité de la laisser en plan, dans ce café, vient effleurer son esprit. Il peut encore partir. Il va se lever, quitter la table et partir, sans même poser un regard sur elle. Mais, pourtant, il reste là, sonné, abasourdi par les mots. Il relève la tête et croise le regard de la serveuse, venue leur apporter leur boisson chaude. D’un signe de tête, il la remercie alors qu’elle repart aussi vite qu’elle est venue comme pour laisser, une nouvelle fois, le champ libre à Addison – il ne sait même pas comment il doit l’appeler maintenant car il se rend à l’évidence qu’Addison n’existe pas. Elle n’a jamais existé. La brune reprend la parole et continue. Sa voix s’élève de nouveau. Ses mots prononcés viennent se chambouler avec ses dires précédents dans l’esprit de Justyn. Elle est avocate. Le mot résonne un peu plus fort dans son esprit. Et la simple évocation de cette profession lui rappelle ce qu’il a été, par le passé. Il agite doucement la tête, comme pour chasser les souvenirs de ce qu’il était. Elle n’est pas secrétaire dans un cabinet d’architecture, elle n’est pas venue pour ajouter une nouvelle flamme dans sa vie intime. Elle est avocate, elle ne s’est pas rendue dans le club pour raviver son intimité à deux avec son fiancé, elle s’y est rendue pour suivre une cliente. Ce n’est pas par hasard qu’il avait décidé, un soir, après son show, à la sortie du club, de l’aborder. Il avait terminé par ne plus y aller par quatre chemins au fil de la conversation, en lui demandant ce qu’elle venait faire là. Parce que sa présence dans le club l’avait intriguée. Son regard coule un instant le long de la longue fenêtre, en se souvenant de la première fois où ils se sont échangés des mots. Les nouvelles paroles de la jeune femme viennent le tirer de ses pensées. Ses billes bleues se posent de nouveau sur son regard. Elle lui explique alors qu’il est compliqué de revenir en arrière, pour elle, une fois qu’elle s’est lancée dans ces mensonges, dans ces vérités camouflées. Un seul mot parvient à franchir la barrière de ses lèvres, lorsqu’elle a terminé de lui expliquer : « ok ». Ce mot méprisant et rancunier. Au fur et à mesure qu’elle prend la parole, l’image d’Addison se déconstruit et s’efface de son esprit. Néanmoins, il peine à croire que tous les moments, aussi brefs qu’ils peuvent être parfois, étaient factices, qu’elle avait joué un jeu de A à Z. Il repose ses bras sur la table, serrant et desserrant l’un de ses poings un peu nerveusement. Il plonge son regard azuréen dans le sien. « Tu t’appelles comment alors ? », il lui demande finalement. Quelque part, il a envie de savoir qui elle est, qui est cette femme qui se trouve devant lui. Aime-t-elle certaines choses qu’Addison aimait ? Elle dégage cette même douceur qu’elle. Le son de sa voix, comme celle d’Addison, l’apaise, dans la façon dont elle a d’articuler les mots, de poser sa voix. Y a-t-il dans cette femme des bouts d’Addison ? Ou… y avait-il dans Addison des petits morceaux de cette femme ? « Mais, je ne comprends pas bien », il énonce, en ne la quittant pas du regard. Il a besoin de savoir quelque chose : « pourquoi décider de me dire la vérité ? ». Oui, pourquoi ? Pourquoi ne pas avoir décidé de continuer d’entretenir de vivre avec ces mensonges ? Il a besoin d’une réponse.  
@joan wright[/color]

_________________
in another love i would have found a way to stay
 
Never too late to write the best of your story
Remember to breathe
or else you're gonna be sorry
Life's no race, it's a companion
Always face with reckless abandon

Joan Wright

messages : 667
name : anane.
face + © : natalie portman © romane, thinkky, vocivus.
multinicks : vesper, sharon.
points : 1278
age (birth) : thirty-six (17|08)
♡ status : divorced.
work : lawyer (resigned).
home : ocean avenue.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : ■■□

would you run or stay with me. Empty
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
· Re: would you run or stay with me. · Ven 31 Juil - 17:27
La culpabilité était un sentiment qui lui était plus que familier. Joan vivait avec depuis tant d’années qu’elle ne se rendait plus compte qu’il la suivait où qu’elle aille en pesant lourdement sur ses épaules, à lui courber l’échine lentement, insidieusement.
Mais au moins se sentait-elle coupable. Elle se disait parfois que c’était à cela qu’elle reconnaissait qu’elle n’avait pas tout à fait mauvais fond, que son âme n’était pas si noire qu’on pouvait se le figurer – après tout si c’était le cas, elle n’éprouverait aucune culpabilité vis-à-vis de ses actes ou de ces décisions, n’est-ce pas ? Ou peut-être se leurrait-elle – d’ailleurs, elle avait beau avoir avoué à son ex-mari la vérité sur la paternité de leur petite fille, son sentiment de culpabilité à ce sujet ne l’avait pas quitté, elle ne s’était jamais délestée que du poids du secret. C’était Keane qui avait amené le sujet sur la table et l’avait fait passer aux aveux – elle avait exprimé depuis longtemps son désir de se décharger de ce secret sans jamais trouver le courage de s’y résoudre et n’avait finalement révélé la vérité qu’une fois au pied du mur, confrontée par son ex-mari. L’aveu n’avait cependant pas pris la forme d’une quelconque libération et le poids sur ses épaules n’avait pas perdu ne serait-ce qu’un gramme – au contraire, l’événement n’avait fait que contribuer à la période sombre qu’elle traversait déjà.
Le regard limpide de Justyn sur elle lui donnait l'impression d'être à nue, comme observée aux rayons X, et la faisait ainsi se sentir plus coupable que jamais. Son ton mesuré, froid, presque méprisant lui serra la gorge, quoi qu’elle ne pouvait lui en vouloir, et malgré sa résolution Joan se put se retenir de baisser le regard un instant vers sa tasse, honteuse, avant de remonter lentement vers son visage. Il était fermé, tendu, agacé, en colère même sans doute, et légitimement, mais il était toujours là, il demanda son prénom, on aurait dit qu’il ne demandait pas que son patronyme, qu’il attendait quelque chose.
Elle remarqua son poing serré convulsivement sur la table, c’était comme s’il comprimait son cœur dans sa cage thoracique.
« Joan. Joan Wright. » se présenta-t-elle enfin en fixant les prunelles océan de Justyn qui l’étudiaient avec intensité. Se pouvait-il que son nom lui dise quelque chose, qu’il ait entendu parler d’elle à Windmont Bay ? Ils vivaient dans une petite ville, la rumeur allait grand train, toutefois il n’était pas rare que deux habitants de la petite ville demeurent des étrangers pendant des années – la preuve, elle n’avait jamais imaginé que Justyn y vivait avant de le croiser ce matin – jamais encore elle ne l’avait rencontré dans les ruelles de Windmont Bay, pas plus qu’elle n’avait entendu le moindre mot, ni la moindre rumeur, le concernant. Il n’était donc pas impossible que la réciproque soit également vraie – ce qui serait pour le mieux pour Joan, de toute évidence tout ce que Justyn aurait potentiellement entendu dire dans Windmont Bay à son sujet ces derniers mois ne pourrait que lui porter préjudice.
À la nouvelle question du jeune homme, Joan poussa un long soupir, se fendit d’un sourire tordu de nervosité et se passa à nouveau les mains sur le visage. C’était à la fois ce qu’il y avait de plus simple à avouer – elle lui disait la vérité parce qu’elle ne voulait par le perdre – et à la fois ce qu’il y avait de plus compliqué à expliquer – parce qu’au fond, ils ne se connaissaient pas vraiment, n’est-ce pas ? et si leur amitié naissante, quoi que factice, revêtait tant d’importance à ses yeux, c’était aussi parce que Joan traversait une période de troubles et turbulences qui avaient mis des années à s’installer, n’étaient que le fruit de ses écarts et toutes ses erreurs, qu’elles nécessitaient plus que le temps d’un café pour être expliquées et qu’il était sans doute un peu tôt d’exposer à quelqu’un qui ne connaissait pas son nom cinq minutes plus tôt.
Sa main restée sur son front glissa sur sa joue avant de retomber sur la table. Elle commença à rougir comme une adolescente avant même de prononcer le moindre mot. « On s’entend bien tous les deux, non ? » C’était un sentiment plus qu’une question – la véritable question, sous-jacente à leur conversation, était de savoir s’ils s’entendaient suffisamment bien pour que les mensonges puissent être, sinon oubliés, du moins dépassés. « Tu vas trouver ça stupide mais je n’avais... je n’ai pas envie de perdre ça, donc je ne pouvais pas continuer à mentir. » Elle s’abstint de lui fournir les lourds et innombrables détails qui auraient pu contribuer à justifier son besoin de ne pas voir s'envoler ces débuts d'amitié : ses nombreux écarts, sa réputation en berne, la haine justifiée qu’elle inspirait à son ex-mari, ses remises en question tant personnelles que professionnelles... Il était de toutes façons trop tôt pour évoquer ces problématiques très personnelles dont elle préférait du reste l’épargner, en espérant, peut-être, qu’un jour ou l’autre ils se donneraient la chance d’apprendre à se connaître suffisamment pour partager de tels sujets. « Je suis désolée. » Le temps était enfin venu de présenter des excuses aussi sincères que légitimes, Joan les prononça d’une voix douce et sans manquer de soutenir son regard. « Et puis on commence à se connaître et je pense que tu ne mérites pas qu’on te mente comme ça sur toute la ligne. » Elle se pinça les lèvres et but une nouvelle gorgée de café pour essayer de noyer les remous de culpabilité qui à nouveau venaient lui tordre l’estomac.

_________________
would you run or stay with me. TYkhACQx_o would you run or stay with me. 1F38I0k6_o
bury all your secrets in my skin come away with innocence and leave me with my sins. the air around me still feels like a cage and love is just a camouflage.

Justyn Henessy

messages : 1042
name : ndia
face + © : christian hogue @self
multinicks : chani, zander
points : 1504
age (birth) : 30 y.o (june 20th)
♡ status : not important
work : striptease dancer
activities : (ec)

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : [open] james・gabriela・lucas・mila・joan・tc(aneurin&maisie)・lottie・ (dora・tony)

would you run or stay with me. Empty
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
· Re: would you run or stay with me. · Dim 2 Aoû - 17:30
Au fur et à mesure des paroles de la jeune femme, l’image d’Addison partie en morceaux dans un coin de son esprit. Addison n’existe pas. Elle n’est que le fruit d’une imagination. Il réceptionne la nouvelle comme un coup qu’il ne parvient même plus à éviter, tant il ne s’est pas attendu à de telles révélations. Jamais il n’aurait imaginé que leur conversation prendrait cette coloration, cette tournure, en acceptant l’invitation de celle qu’il appelait encore Addison quelques minutes plus tôt. Il réagit à peine – parce qu’il ne sait pas comment il doit réagir : devrait-il partir ? –, une seule syllabe ne parvient à se frayer un chemin jusqu’à la barrière de ses lèvres. Une syllabe empreint de mépris, de rancune et de surprise à la fois. Un étrange cocktail qui envahit son for intérieur. Il se plonge dans un silence lourd, tout en confrontant son regard azuréen au visage de la belle brune. Il la détaille longuement, comme pour remplacer les pièces brisées par son aveu. De colère et par nervosité, il compresse son poing qu’il ne cherche même plus à cacher. Une pensée vient effleurer son esprit : si elle ne s’appelle pas Addison, qui est-elle vraiment ? Comment s’appelle-t-elle ? Il verbalise à voix haute sa question. « Joan », il répète quand elle décline son identité. Elle s’appelle Joan. Joan Wright, plus précisément. « Joan, d’accord », dit-il à nouveau, comme s’il cherchait à supprimer le prénom d’Addison de son disque dur et à y graver celui de Joan. Il relie mentalement les nouvelles données : elle s’appelle Joan Wright, vit à Windmont Bay comme lui – ce qu’ils ont découvert réciproquement –, est avocate. « Moi, c’est toujours Justyn », qu’il déclame, comme s’ils venaient de rejouer leur première rencontre. Cette fois où l’inconnue avait piqué sa curiosité avec trop d’intensité, où il lui a adressé la parole pour la première fois. Un trop discret rictus se dessine sur son visage. Justyn aurait pu choisir de quitter la table et couper brusquement court à cette conversation, rejetant ainsi Joan. Il n’en est rien. Il est resté là, comme s’il lui offrait sa chance. Quelque part, en son for intérieur, il se dit qu’Addison n’est pas si différente de cette Joan. Certes, certaines données étaient différentes, dans les faits : leur profession, leur situation familiale (elle lui a révélé avoir menti sur son mariage, alors il devine qu’elle n’est pas sur le point de se marier comme elle lui avait expliqué les premières fois au club), leur habitat, etc. Elle ne peut pas avoir joué la comédie tout ce temps passé avec lui, qu’il vient à penser – peut-être naïvement ?--. Il ne la quitte plus du regard, alors qu’il la questionne de nouveau. Il détaille le moindre de ses gestes : ses mains dans lesquelles elle plonge son beau visage, quelques instants, cette façon dont elle a de baisser le regard quand elle se sent gênée, honteuse ou coupable encore, ce rouge qui vient colorer ses pommettes lui donnant un air charmant. Quand Joan prend la parole, il l’écoute attentivement et silencieusement car il a besoin d’entendre une réponse. Il a besoin de comprendre sa démarche, à travers cet aveu. Il hoche la tête, quand elle lui demande s’ils s’entendent bien, pour approuver. Jusqu’à présent, il n’y avait eu jamais d’animosité entre eux. Justyn n’avait jamais caché apprécier ses conversations – parfois légères – avec elle et (surtout) sa présence à ses côtés, qui avaient le mérite de mettre un peu de baume dans son quotidien chaotique. Il plisse légèrement les yeux, quand elle articule le mot « stupide », essayant de comprendre ce qui peut lui faire penser cela. « Je vois... », articule-t-il calmement. Lui non plus n’a pas envie de perdre cette bonne entente qui existe entre eux. Il desserre son poing et sa main vient entourer sa tasse de café qu’il porte à ses lèvres pour en boire une gorgée. Il pose ses deux mains sur la table, alors que Joan prend à nouveau la parole. Elle dit être désolée. Il ne répond rien. Il est encore trop tôt pour lui d’accepter ses excuses – même s’il sait d’avance qu’il l’excusera pour cela et qu’il passera à autre chose –, par fierté ou rancune. Ou un peu des deux à la fois. Il reconnaît dans le son de sa voix ce qu’il apprécie tant chez elle : cette douceur naturelle qu’elle dégage qui l’apaise. Et ça non plus, il n’a pas envie de le perdre. « Tu trouves que je te connais un peu ? », qu’il demande, presque de façon ironique. Lui a l’impression d’avoir découvert des pans de sa vie, aujourd’hui, une dizaine de minutes plus tôt. Elle seule sait si elle a été sincère dans leur échange, malgré son identité factice, et peut lui répondre. Lui tangue avec toutes ces nouvelles données qui sont venues se greffer à son disque dur.  
@joan wright

_________________
in another love i would have found a way to stay
 
Never too late to write the best of your story
Remember to breathe
or else you're gonna be sorry
Life's no race, it's a companion
Always face with reckless abandon

Joan Wright

messages : 667
name : anane.
face + © : natalie portman © romane, thinkky, vocivus.
multinicks : vesper, sharon.
points : 1278
age (birth) : thirty-six (17|08)
♡ status : divorced.
work : lawyer (resigned).
home : ocean avenue.

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : ■■□

would you run or stay with me. Empty
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
· Re: would you run or stay with me. · Sam 8 Aoû - 12:22
Joan ne put réprimer un imperceptible sourire en entendant son prénom sortir de la bouche de Justyn pour la première fois. La honte, la gêne, la culpabilité étaient encore là, nuages omniprésents accrochés à la montagne de son mensonge – mais ils étaient provisoirement relégués au second plan, Joan se sentait tout à coup à la fois vulnérable et légère, comme si lui révéler son prénom permettait à Justyn de la voir véritablement pour la toute première fois et que c’était une chose qu’elle avait longtemps attendue.
Ce sourire insaisissable se creusa encore lorsqu’il déclara que son propre prénom n’avait pas changé. Elle lui trouvait, et ce n’était pas une première, comme une innocence qui ne faisait qu’accroître la culpabilité qu’elle pouvait ressentir à l’idée de l’avoir berné, mais qui faisait en même temps partie des petites choses inattendues qu’elle appréciait découvrir chez le jeune homme autant qu’elle regretterait s’il se refusait à lui pardonner son imposture.
Joan avait pourtant d’autres amis, qui lui suffisaient au quotidien et en la présence desquels elle aurait pu ne pas se rendre nécessaire l’amitié de Justyn. Des amis qui lui avaient du reste toujours fait gage de leur loyauté, y compris en ces temps un peu troubles : Donna recevait chacun de ses aveux, même les moins glorieux, avec une empathie remarquable et sans jamais une once de jugement, et Shiloh était son roc, peut-être le même qu’elle était pour lui, son soutien bienveillant et indéfectible lui était devenu non plus seulement bienvenue mais essentiel. Elle aurait pu se contenter de leurs amitiés, déjà précieuses, inestimables en temps de remise en question – mais non, il avait fallu que son chemin croise celui de Justyn et qu’elle attache, au fil de quelques conversations à peine, une importance inattendue à cette récente rencontre, qu’elle y voit la lumière qui manquait à son sombre quotidien. Était-ce seulement l’attrait de la nouveauté et le fait qu’il posât sur elle un regard vierge de tout historique et tout jugement ? Était-ce cette complicité qu’ils s’étaient trouvée immédiatement, qui l’avait prise un peu de court car elle avait traversée le masque de cette fausse identité, mais qu’elle appréciait toujours se découvrir avec un homme ?
Joan n’aurait su tout à fait l’expliquer, définir la source de cet attachement rapide ; en revanche elle venait de le formuler à voix haute, confessant à Justyn son désir de l’inviter dans sa vie – sa véritable vie, aussi bancale et incertaine fût-elle.
Tantôt naïve, tantôt pragmatique, elle ne savait pas dans quoi elle se lançait et elle dévisagea longtemps le jeune homme, sondant ses prunelles cristallines comme pour analyser ce qui se cachait derrière ce regard, ce simple hochement de tête. Joan ne pouvait lui tenir rigueur pour laisser ses excuses sans réponses – elle sentait néanmoins son émoi transparent, flagrant presque, apparent dans le rouge qui lui était monté aux joues.
« Je crois, oui. » répondit-elle lorsqu’il demanda si elle estimait qu’il la connaissait un peu, un brin naïve sans s’en rendre compte sur le coup. Certes, tout ce qu’elle lui avait dit d’elle jusqu’ici n’était que mensonges – toutefois il y avait aussi tout ce qu’il avait vu d’elle ailleurs que dans ses mots. Si elle n’avait jamais fait que mentir à son sujet, dans son attitude Joan n’avait jamais vraiment cherché à jouer un jeu – peut-être seulement la première fois, et puis, leur bonne entente aidant, elle avait oublié de prétendre, fait tomber le masque et laissé Justyn apercevoir une personnalité qui était véritablement la sienne.
Il ne pouvait pas se fier à ses mots, mais le reste lui offrait une image incomplète quoi que réelle de la personne derrière le mensonge. Toutefois à peine ouvrit-elle la bouche en cherchant ses mots pour le lui expliquer que Joan fût prise de doutes, rattrapée par la naïveté de ce qu’elle allait tenter de lui affirmer. Comment aurait-il pu voir le vrai du faux quand il ne soupçonnait même pas qu’elle se présentât à lui sous un autre jour ? Et quand bien même il avait désormais les cartes en mains, était-il concrètement possible, avec le recul, de déceler la part de vérité, la part de Joan dans le personnage fictif qu’il avait eu devant lui ?
La jeune femme lâcha un soupir lent, long, qui s’épuisa dans l’écho de sa solitude. « En fait, je n’en sais rien. » reconnut-elle, sa culpabilité revenue la draper sans préavis.
La connaissait-il, ne serait-ce qu’un peu, par bribes, avait-il seulement le moyen de parvenir à connaître, reconnaître une partie d’elle en recollant les fragments d’elle qu’elle avait bien voulu lui laisser voir ? En réalité, aucun des deux n’était apte à répondre à cette question – et ils ne le sauraient jamais que s’ils continuaient à s’apprivoiser.
La véritable question qui se posait désormais était de savoir si Justyn souhaiterait qu’ils prennent cette direction, qu’ils recommencent de zéro mais celle-ci non plus de trouverait pas de réponse là, maintenant, chez Marceline, devant un café. Joan s’imaginait bien qu’il lui faudrait même du temps pour prendre cette décision, comme il lui fallait du temps pour digérer l’information qu’elle venait de lui révéler.
« Écoute, je vais devoir y aller... » Ce n’était pas seulement l’impression de ne plus pouvoir rien faire, là tout de suite, qui l’incitait à couper ainsi court à leur conversation et à prendre la tangente, ce n’était pas non plus sa sempiternelle lâcheté qui la rattrapait de plein fouet – jetant un coup d’œil à l’horloge accrochée au dessus de comptoir du salon de thé, Joan avait pu constater que le temps ne tarderait pas à lui manquer si elle souhaitait être à l’heure au rendez-vous qui l’attendait à Portland en fin de matinée. « Mais si tu en as envie – et si ce n’est pas trop tard », s’il n’était pas fâché en somme, si l’aperçu du compliqué de sa vie ne lui donnait pas envie de prendre ses jambes à son cou, aussi, « – je crois que tu as mon numéro de téléphone alors tu peux m’appeler. » Elle haussa les épaules dans un mouvement infime et cette fois-ci dénué de trop de candeur.

_________________
would you run or stay with me. TYkhACQx_o would you run or stay with me. 1F38I0k6_o
bury all your secrets in my skin come away with innocence and leave me with my sins. the air around me still feels like a cage and love is just a camouflage.

Justyn Henessy

messages : 1042
name : ndia
face + © : christian hogue @self
multinicks : chani, zander
points : 1504
age (birth) : 30 y.o (june 20th)
♡ status : not important
work : striptease dancer
activities : (ec)

— boom, butterfly effect.
how we met :
rp status (fr/en) : [open] james・gabriela・lucas・mila・joan・tc(aneurin&maisie)・lottie・ (dora・tony)

would you run or stay with me. Empty
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
· Re: would you run or stay with me. · Dim 9 Aoû - 10:24
Justyn encaisse l’aveu de celle qu’il appelle à présent Joan. Il ne bouge pas, il ne cille pas. Seuls son regard azuréen sonde cette jeune femme qui se tienne à face de lui. Qui es-tu vraiment Joan?. Il se rend à l’évidence que les quelques pans qu’elle a pu lui livrer au détour de leurs conversations – notamment lorsqu’ils ont commencé à faire connaissance – d’une vie qui n’était pas la sienne. Elle lui a menti. La perspective qu’elle s’est jouée de lui ne lui plaît guère mais il réprime ce sentiment particulier dans un coin de son esprit. Il a entendu ses excuses, même s’il n’a ni répondu, ni réagi. Il aura besoin d’un peu de temps pour recoller le puzzle déconstruire, bien trop brusquement et soudainement, autour d’une tasse de café. Quand Joan (et il se répète son nom, en son for intérieur, comme pour le graver un peu plus) lui fait remarquer qu’ils se connaissent un peu, le blond n’est plus capable d’en dire autant. Il aurait pu prétendre la connaître un peu, avant d’entendre la vérité et de découvrir la véritable identité de celle qui avait su prendre une place toute particulière à ses côtés dans sa vie. Il ne la quitte plus du regard, guettant sa réaction, son attitude et observant les traits de son visage qui se dessinent encore et encore. Il reconnaît en elle cette façon aussi douce et apaisante de prononcer les mots, son souffle rassurant et cette douceur qui transparaît dans chacun de ses gestes, de ses mots. Il croit, par instants aussi brefs et éphémères, retrouver celle qu’il avait rencontré, Addison. Il plisse légèrement les yeux quand elle lui dit qu’elle croit qu’il la connaît un peu. Elle croit, elle n’en est pas sûre. Il ne sait pas ce qu’il attendait de cette réponse. Peut-être cherchait-il à être rassuré. Se rassurer qu’au-delà de cette façade tronquée et peinte par Joan elle avait pu être vraie dans sa façon de réagir ou encore de penser ou encore dans ses humeurs. C’est peut-être ce qu’il aurait eu envie d’entendre. Qu’elle lui affirme avec fermeté qu’il la connaissait un peu. Il se pince les lèvres, quand la voix de Joan résonne de nouveau, sonnant en écho dans sa boîte crânienne : elle n’en sait rien. Elle n’en sait rien. Cette phrase sonne un peu plus fort en lui, ébranlant le peu d’espoir qu’il avait encore. S’était-elle jouée complément de lui ? Jusqu’à se réinventer entièrement à ses côtés ? Jusqu’à réinventer ses humeurs et ses agissements avec lui. Il dodeline la tête, d’une façon presque imperceptible, venant chasser ces idées. Il n’a pas envie de croire cela mais il doit se rendre à l’évidence qu’il ne sait plus. Secoué par les révélations de Joan. « Si toi non plus tu n’en sais rien... », il énonce, haussant légèrement les épaules. On pourrait y lire un reproche mais il n’en est rien. Ils semblent être tous les deux dans ce même état d’esprit, plongés dans cet inconnu aussi troublant qu’il soit.
Il reste silencieux, terminant sa tasse de café. Les idées et les perspectives se bousculent dans son disque dur. Il comprend bien trop rapidement qu’il est celui qui possède les cartes en main de leur relation, celui qui pourrait décider de la jeter et de ne plus lui donner vie à cette amitié, celui qui déciderait de la réanimer et de lui donner une nouvelle chance. Il le sait mais il est encore trop tôt pour lui de prendre une décision. Si par le passé, sa décision aurait été bien trop promptement prise, il a appris que ce n’est pas en réagissant dans l’instant t que l’on prend les bonnes décisions. Ses billes bleues se raccrochent au visage de Joan. Elle va partir. Il ne sait pas s’il doit prendre cette annonce comme une possible fuite ou si elle doit seulement répondre à un impératif professionnel. « D’accord », il ne la retient pas. Il repousse sa tasse vide, au centre de la table. Ils vont se quitter. La voix douce de Joan retentit. Elle évoque son numéro de téléphone qu’il possède déjà et d’un geste presque instinctif, sa main droite plonge dans la poche de sa veste comme pour s’assurer de sa présence. « Oui », il énonce. Elle ne lui a pas donné un faux numéro, qu’il vient à penser. Il devra changer le nom de son contact. Remplacer le nom d’Addison par celui de Joan. Il la recontactera mais il est encore trop tôt pour dire à quel moment il le fera.
Justyn se lève et cherche dans sa poche son porte-feuille. Il dépose un billet pour payer les deux cafés, puis il la raccompagne en dehors. « Au revoir, Joan. Passe une bonne journée », il finit par dire quand il se retrouve en face d’elle, sur ce trottoir. Elle va retrouver son quotidien. Il va en faire de même.  
@joan wright

sujet terminé

_________________
in another love i would have found a way to stay
 
Never too late to write the best of your story
Remember to breathe
or else you're gonna be sorry
Life's no race, it's a companion
Always face with reckless abandon
Contenu sponsorisé




would you run or stay with me. Empty
Revenir en haut Aller en bas
· Re: would you run or stay with me. ·
 
would you run or stay with me.
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
F I L T H Y S E C R E T :: windmont bay :: Harbor Row :: marceline's coffee shop-
Sauter vers: