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 what the water gave me.


F I L T H Y S E C R E T :: around windmont bay :: Forest
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Aurora Pearson

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· what the water gave me. · Jeu 13 Aoû - 18:37
lay me down, let the only sound be the overflow.
@Tony Burton  

Elle avait écrit un gribouillis plus qu’une note à l’attention de sa sœur et elle avait filé à la première heure, à l’instant exact où la lune termine sa course dans le ciel. Qu’importe si Leslie ne parvenait pas à la déchiffrer, nulle surprise se cachait au travers des lignes sibylline, Aurora était simplement partie se promener. Une habitude récurrente qui ne choquerait surement pas sa sœur mais lui éviterait de s’inquiéter pour rien. À peine la porte fut-elle passée que l’air frais souleva les plis de sa robe et chatouilla son visage sur lequel subsistaient quelques traces d’un sommeil léger. Elle prit aussitôt la direction de la forêt dont elle distinguait les hautes cimes au loin ; sapins et hêtres se faisaient la part belle sur un horizon mordoré. C’était son havre de paix, le lieu dans lequel elle s’épanouissait telle une fleur cherchant à grappiller un rayon de soleil. Il y avait cet appel indescriptible qui guidait ses pas, façonnait ses envies et faisait battre son cœur à plein régime. Aurora pressa son allure pour gagner le chemin principal de terre battue, qu’elle abandonna un peu plus loin pour s’enfoncer dans la masse verte. Régulièrement, elle s’arrêtait pour cueillir un brin d’herbe qu’elle glissait derrière son oreille, puis elle repartait comme si de rien était. Tout était inspiration et son esprit enregistrait chaque détail, chaque son, qui, bientôt serait troublé par les premiers curieux. Le début d’une mélodie venait de naitre sur le bord de ses lèvres tandis qu’elle arrivait enfin au lac. Immobile, elle resta là un instant à observer ses ondulations et ses reflets. Il n’y avait rassemblement personne aux alentours : l’endroit était on ne peut plus paisible. Elle s’approcha vers sa cachette, une lagune nichée au beau milieu de roches immenses, où elle posait toujours ses affaires le temps d’une baignade. Après un ultime coup d’œil, elle retira chaussures et habits qu’elle cala sous un gros caillou. Un sourire énigmatique sur ses traits, elle avança vers l’eau froide en sous-vêtements tout se tenant les côtes pour se réchauffer machinalement. Il lui fallut moins d’une seconde pour se décider à plonger et disparaitre sous l’immensité noire, devenant ainsi invisible à autrui.

À bout de souffle, elle réapparut à plusieurs mètres de là, le corps frissonnant mais complétement réveillé. Ici, elle n’avait plus pied et devait bouger pour ne pas couler vers les fonds obscurs. Aucune sensation n’était similaire à cet abandon de soi, si ce n’était l’incident fâcheux d’autrefois. Elle se redressa finalement pour se mettre sur le dos et flotta les bras en croix tout en fermant ses paupières brulantes. Les souvenirs étaient d’une clarté incroyable malgré les années qui s’étaient écoulées, pourtant, jamais n’avait-elle réussi à retrouver l’exquise sensation de ce jour-là. C’était difficile à décrire, une impression unique de voir le monde. Par la suite, elle avait bien tenté de retranscrire le tout en chanson mais les textes paraissaient fades et sans saveur. L’affaire tout entière était donc devenue un secret ; secret qu’elle entendait bien conserver voire réitérer quand elle en aurait l’occasion. À nouveau elle se laissa couler vers les profondeurs en prenant sa respiration, qu’on devinait à la surface grâce à de petites bulles.

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· Re: what the water gave me. · Jeu 17 Sep - 18:41
Persona non grata, ennemi public numéro douze, homme à abattre, cette sensation de gène lui collait à la peau. Les années passées à Windmont Bay lui avaient apporté une impression de confort à laquelle il s’était attaché, se créant en ces lieux un cocon, presque un foyer. En Oregon, il avait été disposé à tirer un trait sur son passé, à se focaliser sur un avenir incertain mais qui lui était apparu bien réel l’espace d’un instant. La normalité n’était toutefois pas un acquis pour Tony Burton. Plusieurs mois s’étaient écoulés depuis que le passé lui était revenu en pleine figure avec une violence aussi extrême que celle dont il avait fait montre à maintes reprises, et ce dès son plus jeune âge. Malgré les quelques amitiés – relatives, il n’avait hélas plus énormément de place dans son cœur pour l’intensité – développées en ville, il avait privilégié l’isolation, il s’était coupé du monde et ne côtoyait plus l’humanité qu’en cas de nécessité absolue. Pour le travail, il ne pouvait évidemment pas éviter les interactions sociales, c’était par ailleurs le maximum dont il était capable actuellement et il parvenait à donner suffisamment de change pour ne pas passer pour un individu taciturne, susceptible de dissimuler un lourd et sombre secret. Pour une raison qui le dépassait, la vérité n’avait pas éclaté au grand jour, il parvenait encore à passer inaperçu dans les rues, surtout lorsqu’il les fréquentait au petit matin, alors que le soleil ne balayait le monde que de rayons timides. Burton profitait de l’aube pour démarrer sa journée avec tranquillité, pour s’extirper des quatre murs de son studio et prendre une grande bouffée d’air. Ses pas l’avaient par hasard amené jusqu’à la forêt en périphérie de la ville, un beau jour d’été alors qu’il partait en quête de calme et de solitude ; depuis, il s’était créé une sorte d’habitude qui avait pris une autre dimension lorsqu’il avait posé ses yeux sur elle. Elle était une énigme. Il avait au départ cru avoir à faire à un mirage, l’expression vivante de la pensée d’un artiste romantique couchée sur une toile. Elle sortait de son imagination, de son cerveau malade qui manquait de contact charnel, Elle ne pouvait pas être réelle. Il n’avait pas compté ses rencontres fugaces avec sa belle illusion, il avait l’impression de la connaître depuis toujours, de l’observer de loin depuis des années lors de ses bains matinaux. L’aurore couvrait sa peau diaphane d’un voile pareil à du diamant, vision renforcée par l’éclat de l’eau sur ses courbes claires. Il ne parvenait pas à mettre de mot sur les émotions qu’il ressentait face à Elle. Le plaisir qu’elle offrait à ses yeux marchait main dans la main avec ce sentiment de déranger, de ne pas être à sa place, de n’être qu’un voyeur dégoûtant qui méritait d’être enfermé. Son être était inexorablement attiré par elle, il ne réfléchissait jamais à son trajet, il avançait, jusqu’à s’installer au pied d’un arbre à quelques mètres du cours d’eau, et il la contemplait. Ce matin-là, son instinct de « stalker » s’effaça au profit de celui de Saint-Bernard quand les secondes s’étendirent jusqu’à se transformer en une inquiétude palpable. Il se releva, ouvrit la bouche, mais n’eut aucun nom à crier. Il abandonna veste, téléphone et portefeuille sur place et se rua dans l’eau sans plus de réflexion. L’entrée de son corps dans la rivière réveilla l’ensemble de la forêt, des oiseaux s’envolèrent, des batraciens s’enfuirent, tandis qu’il plongeait à la recherche de la Venus de Windmont Bay. Ses mouvements flouaient les profondeurs et l’empêchaient de voir un mètre devant lui, il marqua par conséquent une pause et croisa le regard clair de la demoiselle. Ses doigts s’étendirent pour se refermer sur son poignet de porcelaine, et il la ramena en trois mouvements de jambes à la surface. Elle était réelle, elle était douce,  elle paraissait en colère. « Désolé... » Il venait de la sauver, et il lui demandait pardon. Tony Burton avait changé.

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· Re: what the water gave me. · Lun 26 Oct - 17:23
Elle aimait le silence matinal à peine troublé par la nature qui s’éveille au loin et le clapotis léger de l’eau. C’était en ces lieux qu’elle puisait l’inspiration pour ses chansons ou pour des poèmes, dont les feuillets tapissaient les murs de sa chambre avec des fleurs séchées. Peut-être était-elle réellement une sorcière comme beaucoup avaient pu le souligner par le passé, ce qui la faisait toujours sourire. Ils n’étaient pas loin de la vérité, à ceci près que son père était un tueur en série à présent derrière les barreaux pour l’éternité. Des origines sordides, difficiles à cacher malgré les efforts de sa mère et qui donnait à la famille une aura sinon mystérieuse, relativement inquiétante. De quoi attirer les curieux, ou au contraire repousser les plus téméraires. Qu’importe, Aurora ne s’en cachait pas et répondait volontiers aux questions quand n’était pas mal lunée. En grandissant elle avait su apprendre à distinguer les victimes du paternel (auxquelles elle n’avait aucune réponse à apporter) des simples obsédés par « l’œuvre »de cet inconnu à qui elle se plaisait de raconter des conneries. Elle n’avait aucune nouvelle de sa part, ne savait pratiquement rien le concernant et n’avait aucun souvenir, si ce n’était les images relayées par les médias. On avait évidemment cherché à les éloigner avec Leslie, cependant, une fois en âge de comprendre, elles étaient allées fouiner, suffisamment pour en faire des cauchemars par la suite. Tout cela était loin désormais et Aurora préférait se dire qu’il était mort. Pourtant, une partie d’elle ne pouvait s’empêcher de penser à lui, précisément à cause de son expérience récente ici même. Aurait-il été impressionné ou aurait-il rigolé de tant de candeur ? Elle frissonna et plongea dans les ténèbres pour chasser ses sombres pensées. Plus bas, plus loin, elle s’enfonçait lentement vers le vide, telle une poupée immobile aux yeux clos. Tout était si calme et paisible, si ce n’était…. Elle rouvrit brusquement les paupières en percevant un mouvement proche à ses côtés. Son regard croisa alors celui d’un étranger et elle eut à peine le temps de s’en émouvoir que déjà on la par le poignet vers la berge. Qui était-il ? Depuis quand était-il là ? Une fois à l’air libre, elle le toisa avec amertume et colère, pourquoi diable se mêlait-il de ce qu’elle faisait ? Toute dégoulinante de flotte, elle croisa les bras sur son ventre pour contrer la bise matinale, même si le geste était illusoire. Ce n’était pas qu’on la voit à moitié nue qui la dérangea, mais plutôt qu’on vienne troubler son intimité de façon aussi brutale et inopinée. « Vous êtes qui ? Pourquoi vous avez fait ça ? » Aux antipodes de s’imaginer qu’on pouvait croire qu’elle se noyait, elle s’emporta au lieu de remercier le pauvre malheureux à l’âme charitable. « J’avais pas besoin d’aide, et puis qu’est-ce que vous faites la ? » Elle était systématiquement seule dans les parages d’où l’intérêt de venir tôt avant que promeneurs ou voyeurs ne débarquent bruyamment. Était-il de ces gens-là ? Elle le considéra un instant, les sourcils froncés et la bouche pincée, cherchant à savoir s’ils s’étaient déjà croisés par le passé. Il avait l’air plus âgé, ce qui éliminait pas mal d’options, néanmoins elle n’arrivait pas à lui rattacher d’identité ; un parfait étranger donc. « J’ai froid. » Conclu-t-elle finalement en tremblotant, un poil inquiète. Elle n’était même pas certaine qu’ils soient du bon côté pour aller récupérer ses affaires.

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· Re: what the water gave me. · Jeu 12 Nov - 15:40
Les blondes avaient sur Burton une emprise qu’il ne contrôlait pas. Les souvenirs de la longue chevelure blond vénitien de sa génitrice étaient bel et bien présents, c’était eux qui devaient le mener inexorablement, si ce n’était à sa perte, au moins à chercher la compagnie de cheveux soyeux à la longueur interminables. La sirène qu’il venait de maladroitement tirer hors de l’eau ne dérogeait pas à cette règle tacite. Malgré la masse trempée qui encadrait sa silhouette, il n’était pas compliqué de percevoir la beauté et la grâce dans ses mouvements nerveux. Elle était une vision, un mirage. Mais un mirage en colère. Il fronça les sourcils en revenant bon gré mal gré dans l’instant présent. Ses bras retombèrent mollement de part et d’autres de son maigre corps tandis qu’elle quittait rapidement son étreinte, conservant son image de créature surnaturelle que le commun des mortels n’avait guère le droit d’espérer effleurer. Elle parla, et le charme se rompit aussitôt. Une humaine. Rien de plus, rien de moins qu’une foutue bonne femme aussi froide et agressive que le reste de ses semblables. Merde. « Ça fait beaucoup de questions et peu de latitude pour répondre, » rétorqua-t-il lorsqu’elle daigna enfin lui laisser l’occasion d’en placer une. Il jeta un regard circulaire pour aller récupérer sa veste, sèche malgré la rosée matinale sur laquelle elle était restée abandonnée le temps de son sauvetage raté. Il s’approcha à pas de loups de la demoiselle afin de lui tendre, pour qu’elle puisse l’enfiler au moins le temps de retrouver le reste de ses vêtements. « Je passais par hasard, je vous ai entendue et quand j’ai vu que les minutes passaient, j’ai paniqué… J’ai cru que vous étiez en train de vous noyer. » A l’évidence, Ariel la petite sirène n’avait pas eu besoin d’un preux chevalier. « Loin de moi l’envie de jouer le vieillard moralisateur, mais ce n’est pas très judicieux de se baigner toute seule, aussi tôt, dans un endroit aussi isolé. » Elle ne savait pas sur qui elle pouvait tomber. La preuve, elle n’aurait certainement jamais imaginé faire la rencontre d’un psychopathe de la trempe de Tony Burton – même si elle était chanceuse, celui qui lui faisait actuellement face n’était pas trop mal luné. « Quoi qu’il en soit, je voulais pas vous déranger. Vraiment, je pensais bien faire. » Ce n’était pas aujourd’hui qu’il ferait pencher la balance du karma en sa faveur. Son embarras était visible sur ses traits, cependant il ne l’empêcha pas de détailler le visage de la jeune femme, qui lui était vaguement familier. Windmont Bay était une petite ville qu’il avait pas mal sillonnée en deux années de vie en ces lieux, il était probable qu’il l’avait déjà croisée au détour d’une échoppe ou sur un bout de trottoir. « Est-ce qu’on se connaît ? » demanda-t-il pour en avoir le cœur net. « J’ai l’impression qu’on s’est déjà rencontrés, c’est bizarre. » Il n’arrivait aucunement à placer un prénom sur sa bouille, ni une activité professionnelle, preuve qu’ils n’étaient pas familiers. Toutefois, il ne pouvait s’enlever du crâne cet air de déjà-vu qu’elle éveillait en lui. « Moi c’est Tony, au fait. » Elle lui avait demandé qui il était, après tout.

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· Re: what the water gave me. · Mer 25 Nov - 20:23
La présence de cet étranger à ses côtés lui était aussi désagréable que le vent glacial sur sa peau humide. Il l’avait sorti des eaux nébuleuses où elle flottait tranquillement et pourquoi ? À aucun moment avait-elle réclamé son secours ou son assistance. Les bras croisés, elle l’observa avec une attention accrue alors que les questions fusaient de toute part. Elle était en colère contre lui et contre cette intrusion aussi soudaine que brutale dans sa bulle. À présent que son pseudo secret éclatait au grand jour, elle se sentait souillée voire vulnérable. Au fil des ans, elle avait pris pour habitude de venir ici, un lieu reculé à l’écart des autres, où elle pouvait jouer avec ses limites en toute impunité. Que cet homme ait pu assister à ça, la déstabilisait profondément, néanmoins elle ne rechigna pas quand il lui offrit sa veste en guise de trêve. Elle la passa aussitôt sur ses épaules frêles et se frotta les mains pour se réchauffer, un geste illusoire eu égard aux températures automnales. « Je ne me noyais pas, je méditais. » Qu’elle corrigea dans la foulée en l’observant d’un air furibond. Désormais, elle comprenait mieux ses motivations et imaginait non sans mal les raisons qui l’avaient poussé à croire à une noyade, cependant il avait eu tort. Elle n’était pas en détresse et n’avait que faire de son altruisme paternaliste. « Pourquoi ? Vous avez prévu de me tuer ensuite ? » Elle eut un petit rire sarcastique, loin de se douter de l’identité de celui qui se tenait en face d’elle. Aurora ne le disait jamais toutefois la plupart du temps elle se sentait protégée par l’aura de ce père absent dont tous connaissaient de près ou de loin la réputation. À ce titre, elle ne se posait pas vraiment de questions sur ce qui était casse gueule de faire ou non, ça lui passait dessus, voilà tout. Un jour, sans doute payerait-elle son excès de confiance très cher mais pas toute suite. « C’est dangereux seulement si on pense être en danger. Je suis sûre que vous diriez pas ça à un homme. » Ils restèrent là plusieurs minutes en chien de faïence à se jauger mutuellement sans que l’un ne daigne bouger pour retourner à ses occupations. Elle mourrait de froid, quant à lui… et bien elle ne savait pas ce qui le retenait. Éludant complètement ses excuses, elle sauta directement au reste de ses propos étranges qui lui firent froncer les sourcils. À sa connaissance, ils étaient de parfaits inconnus que le destin avait trouvé bon de réunir pour on ne sait quoi. Il ne lui inspirait rien de familier à moins qu’elle n’ait oublié, ce qui était tout à fait possible, car si c’était quelqu’un qu’elle avait croisé à la fin d’un concert, elle était rarement sobre. Pour autant, le fameux Tony (son prénom n’aidait pas outre mesure) ne donnait pas l’impression de trainer à ce genre d’évènement qui regroupait surtout des jeunes ou des poivrots esseulés. Du peu qu’elle voyait, il n’appartenait à aucune de ces deux catégories même si les apparences étaient parfois trompeuses. « Non je ne crois pas, enfin je ne sais pas, ça ne me dit rien. Vous êtes du coin ? » Elle faillit ajouter un commentaire sur sa sœur et se ravisa afin de ne pas donner trop de détails sur sa vie. « Moi c’est Aurora. » Qu’elle consentit finalement à lui lâcher du bout des lèvres, tout en resserrant le vêtement sur elle. « Je devrais aller récupérer mes affaires avant de repartir. Si vous voulez venir avec moi, comme ça je vous rends les vôtres ensuite. » Sans attendre sa réponse, elle amorça un pas en direction de la baie où elle avait tout laissé un peu plus tôt dans la matinée. « C’est rare de croiser des gens si tôt, d’ordinaire il n’y a que moi. » Maintenant qu’elle s’était calmée, elle s’interrogea à nouveau sur sa présence dans les parages qui lui paraissait suspecte malgré ses dires lacunaires. « Je crois qu’on y est. » Elle désigna du menton les rochers un peu plus bas sur le sentier qui faisait le tour du lac et accéléra la cadence.

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· Re: what the water gave me. · Lun 14 Déc - 15:31
Cette fille n’était pas comme les autres. Elle rouspétait, levait les yeux au ciel, se défendait de tout et de rien comme celles qu’il avait connues, mais quelque chose dans sa façon d’être la rendait unique. Il roula tout de même des yeux face à l’agressivité qu’elle envoya dans sa direction, sans chercher à le comprendre. La sérénité était un état d’esprit qu’il n’atteignait que grâce à l’ingestion de pilules, alors l’excuse de la blondinette qui justifiait sa noyade par un désir d’atteindre le Nirvana lui parut bien peu logique. « Pourquoi je ferais une chose pareille alors que je suis encore trempé d’avoir essayé de te sauver ? » Elle n’était pas supposée savoir qu’il avait malheureusement déjà ôté la vie, toutefois elle le gonflait suffisamment pour lui donner une once d’envie de la rejeter à l’eau, pour la punir d’être une ingrate arrogante. Il posa un regard vide sur elle alors que son débat s’orientait désormais vers un féminisme poussif qui n’avait pas sa place dans cette partie de la forêt. « Je suis pas un pro des chiffres, mais statistiquement un mec a plus de chance d’être l’agresseur que la victime, non ? » Il parlait en connaissance de cause. Il ponctua sa phrase d’un geste las de la main, prêt à prendre la poudre d’escampette, cependant son petit manège de preux chevalier – qui avait eu tôt fait de se retourner contre lui – ne pouvait prendre fin précocement, en tout cas pas tant que la jeune femme se réchauffait toujours sous sa veste. L’électricité ambiante sembla s’apaiser alors que la discussion s’orientait sur quelque chose de plus formel, des présentations en bonne et due forme après une rencontre aussi explosive et humide qu’un pétard mouillé. « Pas vraiment… Mais j’habite ici depuis quelques années. » Deux ? Trois ? Il n’était plus certain d’avoir gardé trace de son emménagement. La fuite du temps n’était hélas pas quelque chose sur quoi il avait la main, il subissait parfois des amnésies partielles qui ne l’aidaient pas à se constituer une chronologie viable. Il n’était quoi qu’il en fût pas un membre intégré dans la société locale, il ne pouvait par conséquent reconnaître que ses clients ou les habitués qui faisaient ses courses aux mêmes créneaux que lui ; Aurora – quel charmant patronyme – n’était ni l’une ni l’autre. « Oui, bien sûr. » Il essaya de fourrer ses mains dans ses poches mais ces dernières collaient trop à ses cuisses, il fut par conséquent contraint de garder ses bras ballants toute la durée de leur petite marche autour de l’étendue d’eau. « C’est pas une habitude pour moi. J’arrivais pas à dormir, je commence pas le boulot avant la fin de la matinée, alors je me suis dit que j’allais marcher un peu, pour profiter du beau temps et du soleil levant... » Une idée à la con qui ne le caractérisait pas. « J’aurais mieux fait de m’abstenir, pour pas ruiner votre petit rituel... » Il mentait à moitié, pour l’avoir déjà surprise au détour d’une promenade aurorale. Il accéléra l’allure pour coller à son train lorsqu’elle repéra le spot où elle avait abandonné ses habits puis ralentit une fois parvenus à destination. « C’est marrant quand même, que tu t’appelles Aurora et qu’on se soit rencontrés tôt le matin comme ça. T’as pas une sœur prénommée Dawn qui prend le relais tous les soirs, par hasard ? » Il laissa échapper un souffle amusé, suivi par un frisson qui le fit secouer la tête. Sans doute une partie de lui continuait de croire qu’elle n’était pas celle qu’elle prétendait être, qu’elle n’avait pas grand-chose d’humain.

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· Re: what the water gave me. · Mar 12 Jan - 19:06
Après mure réflexion, elle avait décidé que l’inconnu n’était peut-être pas aussi terrible qu’elle l’avait imaginé au départ. Il l’avait certes dérangé dans ses déambulations matinales, cependant elle estimait l’avoir suffisamment torturé en guise de représailles. Aussi, décida-t-elle de tempérer sa voix ainsi que ses propos. « Je ne sais pas les gens ont parfois des pulsions inexpliquées. » Qu’elle répondit en haussant mollement les épaules. Elle en connaissait un rayon sur le sujet et pour cause son père avait étalé ses meurtres à la vue de tous sans l’ombre d’un remord. Quand on lui avait demandé pourquoi, il s’était contenté de rigoler comme s’il s’agissait d’une blague hilarante. Par la suite il avait fini par préciser le fond de sa réflexion au combien provocante : il avait envie, voilà tout. Juste ça. Quelques mots qui selon lui justifiaient son massacre. Par conséquent, l’interrogation initiale de la jeune fille avait de quoi être légitime même si elle n’insista pas davantage. « Ouais, il parait. » A nouveau, elle botta en touche ; il avait décidément de la répartie, une chose qu’elle appréciait grandement chez ses interlocuteurs. Il remontait dans son estime et elle le plaça dans sa liste des gens à connaitre. Profitant de ce répit de courte durée, elle resserra la veste sur son corps transi par le froid. « Merci. » Lâcha-t-elle finalement à demi-mots pour a peu près tout ; la fausse tentative de sauvetage et puis le prêt de ses fringues quand le pauvre bougre était aussi trempé qu’elle. Puis ensemble, ils remontèrent la berge à la recherche de ses effets personnels non sans continuer leur conversation qui prenait une tournure plus intime. « C’est déjà oublié. Tu ne pouvais pas savoir, en même temps c’est pas vraiment commun comme rituel. » Voire pas du tout, mais il ignorait les motifs qui la poussaient à chercher ce genre d’accomplissement un brin sordide. Tous deux avaient vraisemblablement leurs secrets et comptaient bien les garder à renfort de pseudos vérités où s’entremêlaient également des mensonges. Néanmoins ils commençaient à devenir familier et pour preuve, le tutoiement avait remplacé les formules de politesses. « Tu travailles où ? » Elle s’étonna soudainement de sa propre curiosité à son égard. Il avait été simple étranger il y a à peine cinq minutes et il était maintenant une sorte de connaissance dans son champ de vision. Était-ce le destin qui lui envoyait un signe ? Si oui lequel ? Elle ne croyait pas au hasard, surtout de ce genre là mais elle y réfléchirait plus tard. Une pensée en chassant une autre, elle repéra au loin ses affaires et accéléra la cadence en cavalant à travers les rochers. Elle échappa de peu à se tordre une cheville avant d’entreprendre de ramasser tout son fourbi aussi froid qu’un jour d’hiver. « Tu es comique dans la vie c’est ça ? » Elle eut un petit rire spontané – rien de méchant – quoi que moqueur et lui fit un signe. « Tu peux te retourner s’il te plait, que je me rhabille. » Une précaution inutile quand il avait eu tout loisir de la mater à travers ses sous-vêtements devenus transparents à cause de l’eau, toutefois il lui sembla bon de le préciser. Tout en enfilant sa robe elle poursuivit en claquant des dents. « Ma sœur s’appelle Leslie mais t’es pas tout à fait dans le faux. On nous prend souvent pour des sorcières. » Une réputation qui les suivait à la trace car on les trouvait étranges et elles ne faisaient rien pour prouver le contraire, au mieux elles en jouaient. « Tiens… » Elle retourna vers lui afin de lui rendre son bien et hésita un instant. « Est-ce que tu veux boire un café ? » Se hasarda-t-elle à lui demander pour le remercier à sa façon d’avoir bien voulu lui prêter main forte.

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· Re: what the water gave me. · Lun 25 Jan - 11:19
Plus il échangeait avec la sirène, plus il se disait qu’elle en savait plus sur son compte qu’elle ne le laissait paraître. Quelque chose dans sa façon être et de parler lui intimait qu’il n’était pas le premier fou furieux qui traversait sa route. Elle était sur la défensive, sans être craintive. Elle lui adressait des regards en coin, sans le fuir à toutes jambes. Soit elle était inconsciente, soit elle en avait trop vu pour avoir peur d’un mec un peu louche. Il n’avait eu besoin que de quelques propos, d’abord bougons, puis de plus en plus détendus, pour la rendre moins farouche et plus à même d’entretenir une conversation. La harpie cédait sa place à une nymphe plus docile, toutes les créatures mythologiques semblaient vivre en elle. « C’est vrai... » Elle était la première personne qu’il rencontrait à s’adonner à des bains matinaux en pleine nature. Elle était vraiment bizarre, même si elle essayait de le faire passer lui pour un être irrationnel alors qu’il n’était pas rare de se balader au plus tôt de la journée. « Ici et là-bas. J’installe des alarmes un peu partout dans la région. » Il n’avait pas un job de bureau, il était amené à voyager dans ce coin de l’Oregon pour rassurer des clients et transformer leurs demeures en forteresses sécurisées. C’était un boulot qui lui correspondait parfaitement, car il lui permettait de rencontrer des gens sans avoir forcément à leur adresser la parole pour des échanges de banalités. Il  les saluait, procédait à ses installations, leur expliquait la marche à suivre et se barrait sans demander son reste. Il éprouvait parfois un plaisir malsain à s’immiscer dans la vie privée de personnes qui ne l’auraient jamais laissé rentrer chez eux, s’ils avaient su ce qu’il avait fait par le passé. « Quoi ? Euh... » Pris de court par sa question et sa requête, il pivota sur ses talons et secoua la tête. L’humour n’était pas son point fort, il était aussi mauvais humoriste qu’il était un public compliqué. La faute à sa caboche défectueuse, sans doute. Il fronça les sourcils en fixant un remous à la surface de l’eau avant de se redresser. Il esquissa un mouvement pour se retourner avant de se souvenir qu’il ne devait pas la regarder en petite tenue. « Pearson ? » Il ne connaissait pas énormément de monde à Windmont Bay mais le prénom et la description correspondaient à l’une de ses familières. Le monde était en effet très petit. Ses doigts se refermèrent sur le tissu de sa veste et son regard se perdit momentanément dans la contemplation des traits de la demoiselle. Voilà pourquoi elle lui rappelait quelqu’un. « Non, je vais devoir y aller… mais je peux te raccompagner chez toi. Pour t’éviter de tomber sur des types chelous. » Son regard était sombre mais un semblant de sourire s’esquissa sur ses lèvres. Il se remit en route vers la sortie du bois, lui jetant des regards en coin de temps à autres. « Je connais ta sœur. » Il aurait pu la définir comme une amie, toutefois, il n’était pas certain de la considérer comme telle depuis qu’elle avait officialisé une relation avec son meilleur ami, sans qu’il ne fût mis au courant de leur idylle auparavant. « Je trouve pas que ce soit une mauvaise chose d’être une sorcière, au moins ça vous rend plus intéressantes que soixante-quinze pourcents de la ville. » Que tous ces moutons pendus aux lèvres des spécialistes des ragots, ces adeptes du métro-boulot-dodo qui voyaient défiler leurs existences dénuées de sens, ces juges et jury qui avaient un grand besoin de balayer devant leurs portes avant de donner leurs sentences. « Si un jour on te met sur le bûcher, appelle-moi, je viendrai te tirer d’affaire. » Un nouveau sourire ponctua sa proposition, très honnête. Si leur rencontre avait été particulière, s’il ne la connaissait pas encore autant que d’autres qu’il considérait comme ses proches, il sentait chez elle une énergie unique et fragile, auprès de laquelle il se trouvait à l’aise. Le pouvoir d’attraction des sœurs Pearson, sans doute. Il comprenait un peu mieux son meilleur ami, désormais.

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· Re: what the water gave me. · Mar 2 Fév - 19:06
L’inconnu était très vite passé de la case « intrus » à la case « intéressant » grâce à sa répartie qui avait su faire mouche chez Aurora. Elle préférait de loin discuter avec des gens qui n’avaient pas peur de se frotter à son caractère bien trempé plutôt qu’avec ceux qui se pliaient au moindre de ses (faux) caprices. Et puis, maintenant que Tony avait grillé son petit manège, elle préférait le garder à l’œil. Si quiconque se penchait un peu trop près de ses escapades matinales, elle pourrait finir dieu sait où. Elle avait échappé non sans mal à des rendez-vous chez un spécialiste quand elle était plus jeune, ce n’était pas pour commencer maintenant. Oui elle avait un problème, quelque chose de sombre au fond d’elle et non elle ne voulait pas en parler, à qui que ce soit. « Des alarmes ? Dans les séries c’est souvent les coupables de trucs atroces. » Elle lui lança un regard en coin pour tenter de voir si il était de cette espèce là mais c’était comme si un filtre l’empêchait d’être lucide à son sujet. À présent arrivés sur la berge où se trouvaient ses affaires, elle lui demanda de se retourner. Le geste était illusoire car il avait eu tout loisir de la mater à moitié trempée mais par principe elle jugea bon de le préciser juste au cas où. Docile il obtempéra (même si elle ne vérifia pas s’il se tenait à carreaux) et elle s’habilla rapidement pour revenir à ses côtés afin de lui rendre sa veste. « Ouais Pearson c’est ça. Parce que toi t’es pas chelou peut être ? Mais Ok merci. » Plaisanta-t-elle dans l’ombre d’un sourire amusé comme si ils étaient amis de longue date. Contrairement à ses dires précédents, elle garda dans un coin ses velléités féministes quant au fait de rentrer en solo puis elle le suivit dans la forêt. L’air s’était légèrement réchauffé depuis son passage un peu plus tôt dans la matinée et ils croisèrent un ou deux curieux sur le chemin balisé. Il leur fallut un certain temps pour reprendre le fil de leur discussion, néanmoins Aurora apprécia le silence – tout sauf inconfortable – qui avait accompagné leurs pas pendant un moment. « Ha bon ? Tu connais Leslie, comment ? » Elle haussa un sourcil à cette information, un brin curieuse du lien qui unissait l’homme à sa cadette. Visiblement, elle n’était pas la seule à avoir des secrets quand chacune des sœurs clamait ouvertement être transparente à l’autre. Comment Leslie avait-elle rencontré son mystérieux sauveur ? Elle le fixa longuement, en vain. Peut-être était-ce tout bonnement des connaissances comme on saluait parfois le facteur ou la caissière du supermarché, néanmoins une petite voix au fond d’elle était persuadée que ça allait au-delà. « C’est une façon de voir les choses c’est sûr. Merci. » Ajouta t-elle d’un ton sincère, il avait eu le mérite de ne pas la prendre pour une folle ou avait pris le soin de le cacher. Cependant elle était persuadée qu’il le pensait vraiment et elle ne l’en apprécia que davantage. Toute sa vie avait été ponctué de ragots en tout genre à l’égard de sa famille, aussi, savoir que ses bizarreries ne l’effrayaient pas avait un côté réconfortant. Il restait certes un inconnu mais était de loin de ceux à garder dans ses contacts, qui plus est si il était intime avec Leslie. « Tu changes les alarmes et tu sauves les sorcières, c’est un agenda un peu particulier. T’es spécial aussi, dans le bon sens. » Tout ce qui sortait de l’ordinaire avait naturellement sa sympathie. En reconnaissant les premiers toits des maisons à plusieurs mètres de là, elle s’interrompit soudainement. « Je vais continuer, je suis plus très loin maintenant. C’est quoi ton numéro ? Si un jour je dois t’appeler à l’aide ? » Précisa-t-elle sans arrière-pensée, en le fixant de ses grands yeux curieux pour voir si il irait jusqu’au bout de sa parole.

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· Re: what the water gave me. · Mar 9 Fév - 15:31
Les circonstances peu banales de leur rencontre maintenaient la jeune femme sur la pointe des pieds, elle semblait toujours susceptible de s’envoler à la moindre parole déplacée, à tout geste brusque ; pourtant Tony n’était plus aussi taciturne, il laissait même s’exprimer son penchant bavard, qui avait tendance à lui porter défaut car il pouvait dès lors révéler des détails sur son existence qui ne devait tomber dans aucune oreille locale. « Heureusement qu’on n’est pas dans une série, alors... » Il n’avait presque jamais profité de sa situation professionnelle pour accomplir des actes criminels, ce n’était arrivé qu’une fois, en cas de légitime défense, et cela n’avait pas porté préjudice aux clients. Il n’avait pas souvenir d’avoir procéder à une installation dans une maison qui valait le coup de risquer son job, son salaire lui était nécessaire, et il avait de la chance d’être employé par une entreprise qui ne faisait que prétendre réaliser des bilans détaillés des antécédents de leurs agents. Sa veste froide et détrempée sur le bras, il secoua la tête face à la plaisanterie de la demoiselle. « Il y a peut-être des mecs encore plus chelous, du genre à se baigner dans l’eau froide d’un lac avant le lever du soleil ? » Il fallait au moins une originale pour reconnaître l’un de ses semblables. Maintenant qu’elle était rhabillée, et de meilleure humeur, il pouvait se permettre de la contempler avec un regard nouveau, moins embarrassé. La ressemblance avec Leslie n’était pas flagrante, toutefois discernable dans le creux d’une lèvre, dans l’éclat d’un regard, et évidemment dans le blond d’une chevelure. « Disons qu’on a une connaissance commune. » Il peinait à se remémorer les circonstances exactes de leur rencontre, de ce qu’il s’en souvenait, elle était apparue un jour comme s’ils se connaissaient depuis des lustres et il s’était laissé attendrir par ses grands yeux clairs. Son histoire avec Naaji avait refroidi leurs liens et il n’avait guère eu l’occasion de la revoir depuis. Il n’aurait su dire si elle lui manquait, en tout cas il acceptait volontiers de la remplacer par son aînée au moins pour aujourd’hui. « Merci à toi... » Il lui rendit sa reconnaissance car il n’avait pas souvent l’occasion de recevoir de telles marques de sympathie. Aurora lui apparaissait douce et innocente, loin de l’image renvoyée lorsqu’elle avait ouvert la bouche pour lui adresser ses tout premiers mots. Il arrêta sa marche après avoir jeté un coup d’œil au voisinage, puis reporta son attention sur la blondinette. « Tu n’auras qu’à crier très fort, le jour où ça t’arrive, ok ? » Il n’était pas un homme facile, il ne communiquait pas ses coordonnées à la première venue, et ce même si elle partageait son patronyme avec l’une de ses amies. « Je plains celui qui te chercheras des noises un jour, en plus. » Il plaqua un demi-sourire sur ses lèvres avant de tendre sa main en avant afin de la saluer de manière académique. Si elle était aussi curieuse que cela, elle interrogerait sa sœur à son propos et cette dernière lui filerait – ou pas – son numéro. Il n’aurait su dire s’il espérait qu’elle le fasse ou non, il n’avait pas encore fini de faire le procès de la sirène dans sa caboche. « A la prochaine, peut-être, Aurora Pearson. » Son ton fut plus mystérieux qu’escompté, lui qui n’avait que la couleur de cheveux du stéréotype du grand brun ténébreux, et il tourna les talons avant de s’éloigner, pour lui laisser le champ libre pour rentrer chez elle, sans craindre qu’un "mec chelou" ne la suive jusqu’à chez elle. Là n’était pas l’intention de Tony à son égard.
Il n'était pas toujours un monstre.

- topic terminé -

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