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Beckett Schaeffer

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· there was always a moment there when i knew. · Sam 14 Nov - 18:51
@Marley Denbrough - 13.11.2020

and i believe in reinvention, do you believe that life is holding the clue? take away all the lonely moments, give me full communication with you.

Voilà, c’était fait. Après de nombreux mois de discussions, de hauts, de bas, de contrordre et de réflexion, ils avaient signé, deux semaines auparavant, alors qu’octobre touchait à sa fin, le contrat de vente pour une modeste bicoque. Située à la sortie de la ville, il y avait de quoi se remonter les manches côté travaux et entretien, toutefois rien susceptible de freiner le désir de Marley ou de mettre au défi les talents manuels de Beckett. Le coup de cœur s’était fait naturellement, de concert, il avait suffi d’un tour du propriétaire et d’un regard pour finaliser la prise de décision. Il ne s’agissait ni plus ni moins que d’un instant de magie qui s’ajoutait à ceux qu’ils avaient vécus depuis qu’ils se connaissaient. Si Bee avait encore eu des doutes, ces derniers s’étaient envolés lorsque la clé de la porte d’entrée avait atterri dans la paume de sa main, qu’il avait vu l’expression enjouée de son homme au moment où il avait franchi le seuil de leur maison pour la première fois. Dans la précipitation, des erreurs avaient été commises, comme le fait de libérer l’appartement de Marley alors que la maison n’était pas encore habitable, les obligeant à camper dans la pièce à vivre aux murs décrépis en attendant l’avancée de la réfection des autres pièces. Aucun des deux ne se plaignait, toutefois, ils s’endormaient chaque soir sur leur petit nuage commun et semblaient vivre dans une phase de lune de miel des plus agréables. Pour l’une des premières fois depuis l’officialisation de leur couple, ils semblaient sur la même longueur d’onde. Marley avait eu raison de les amener sur ce choix de vie, en lui proposant de se mettre en ménage malgré les réticences de Schaeffer, soufflées par un manque de confiance en lui et en sa faculté à se projeter. La présence de son petit ami adoucissait ses peurs car il savait, dès l’instant qu’il plongeait son regard dans le bleu de ses yeux, qu’il l’aimait comme il n’avait jamais aimé et n’aimerait jamais une autre personne. La banalité revêtait un caractère extraordinaire lorsque l’infirmier était dans les parages, il ne pouvait imaginer un quotidien sans lui. Il ne voulait pas non plus manquer une étape dans la construction de leur nouveau projet, c’était pour cette raison qu’il avait insisté pour être présent lors du passage de l’agent immobilier, qui venait leur remettre le trousseau de clés jusqu’alors égaré ouvrant l’accès au jardin et au vieil abri qui rouillait dans un coin. Il ne souhaitait pas manquer une information particulière à propos de leur chez-eux, alors il avait volé à la fin de sa journée de travail pour récupérer Harry à la clinique – sur le parking, Monsieur Schaeffer était toujours interdit de pénétrer à l’intérieur de l’établissement – et se mettre en route vers Crescent Lane. « Désolé, je suis en retard, » lança-t-il, le souffle court, un Harry échevelé dans les bras, en rejoignant le duo déjà présent sur les lieux. « Il a été malade sur le trajet, j’ai dû faire une intervention d’urgence pour ne pas vous présenter un gosse tout cracra, » plaisanta-t-il, malgré un fond de vérité, avant de se pencher sur Marley afin de déposer un bisou affectueux sur sa joue. « Hé, ça va ? » Ils travaillaient en horaires décalés cette semaine, il n’avait pas eu l’occasion de le voir le matin-même. Auparavant, il mettait un point d’honneur à se lever pour partager le petit déjeuner avec lui, cependant ses journées folles ne lui permettaient plus de tourner le dos à une heure ou deux de plus de sommeil, son corps en avait besoin s’il tenait à offrir à Marley une maison saine et jolie pour Noël.

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· Re: there was always a moment there when i knew. · Sam 14 Nov - 21:02
Tout était à la fois semblable et différent dans le quotidien de Beckett et Marley depuis deux petites semaines. Même si jusqu’à présent, ils ne vivaient pas officiellement ensemble, l’impression était tout comme, le blondinet passant plus de nuits chez son compagnon qu’au domicile de Charlotte. Aujourd’hui, les choses prenaient une tournure plus concrète, plus réelle, et cela comblait plus que de raison le jeune infirmier qui était aux anges. Leurs deux (fortes) personnalités s’étaient toujours confrontées l’une à l’autre mais ils avaient désormais passé ce stade, il n’était plus question ici de s’opposer mais davantage d’avancer dans la même direction, main dans la main ; chose que Denbrough désirait depuis un temps certain maintenant. D’un côté les doutes et les nombreuses incertitudes de Beckett, de l’autre les convictions et les espoirs de Marley, deux mondes qui se faisaient enfin face et évoluaient en harmonie ensemble. Convaincre son petit ami de le suivre totalement dans sa folie des grandeurs ne fut pas une mince affaire, il s’agissait d’un travail acharné et de longue haleine auquel il n’avait jamais cessé de croire, et ce malgré la multitude d’obstacles dressés sur leur route. Heureux d’avoir su l’attirer dans sa réalité, celle d’un couple pleinement épanoui et amoureux, il se sentait tout simplement chanceux d’avoir un homme tel que lui à ses côtés ; une personne qui l’aidait à prendre confiance en lui et qui le valorisait par le biais de compliments distribués gratuitement au fil des jours. L’achat de leur maison représentait encore un doux rêve à ses yeux, il avait du mal à réaliser que la situation était bien réelle et qu’ils vivaient officiellement sous le même toit. Beaucoup de tâches restaient à faire mais cela n’effrayait aucunement les deux hommes qui se réjouissaient à l’idée de façonner cette demeure à leur image, tout transformer pour mieux pouvoir s’identifier aux lieux et clamer haut et fort qu’il s’agissait de leur propriété. Beckett était assurément plus à l’aise que lui en travaux manuels mais il lui apportait toute l’aide nécessaire et dont il était physiquement capable de donner, dans la limite de ses capacités bien entendu, raison pour laquelle il se chargeait généralement des achats de matériels sur Portland dans le but de soulager un minimum son compagnon et lui éviter cette contrainte. La décoration, en revanche, constituait un domaine qui l’intéressait bien plus et pour lequel il avait déjà énormément d’idées. Lorsque son homme franchit la porte, son fils dans les bras, il se tenait devant la baie vitrée du salon en compagnie de l’agent immobilier et son sourire s’élargit presque immédiatement. Le professionnel ne se formalisa aucunement du léger retard et accueillit ses excuses avec bonne humeur, de plus il s’agissait de son dernier rendez-vous de la journée. « Ça va et toi ? » souffla Marley en lui caressant le bras. « Il va bien ? » demanda-t-il, sourcils froncés, en baissant les yeux sur l’enfant. Son discours précédent, bien que tourné avec humour, n’avait rien de rassurant quand on connaissait les antécédents médicaux du petit. « J’ignorais que vous aviez un fils, » rétorqua l’agent immobilier en passant son index sur la joue dodue du bébé. « Il est adorable. Comment s’appelle-t-il ? » s’enquit-il ensuite en essayant de distraire un Harry visiblement bougon car il n’esquissa pas le moindre sourire. « Je, euh, » balbutia l’infirmier avant de se racler la gorge. « C’est le fils de Beckett. Nous n’avons pas encore d’enfant tous les deux, » dit-il sans réfléchir et en oubliant, au passage, de répondre à sa question. Le sujet Harry était compliqué à aborder pour Marley mais cela ne regardait absolument pas leur invité et il saurait faire bonne figure, comme il le faisait déjà depuis qu’il s’était mis en couple l’année dernière.

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· Re: there was always a moment there when i knew. · Lun 16 Nov - 19:09
Ce n’était que la deuxième fois que Beckett amenait Harry dans la nouvelle maison, et cela perturbait grandement le gamin, qui appréciait ses habitudes et les lieux familiers. Les quelques symptômes de gastro-entérite qu’il présentait depuis la veille n’ajoutaient pas à son humeur massacrante, son père en avait été témoins sur le trajet. L’enfant de deux ans n’était par conséquent pas dans les meilleures dispositions pour sociabiliser, encore moins pour faire la rencontre d’inconnu. Heureusement, l’agent immobilier était sympathique et paraissait apprécier les enfants, comme le démontraient la patience avec laquelle il chercha à capter l’attention de Harry ainsi que ses grands sourires. Dommage pour lui, le petit Lancaster-Schaeffer restait hermétique face à ses tentatives, zéro gazouillis, zéro balbutiements, ce fut à peine un regard qu’il adressa à l’intermédiaire qui lâcha finalement l’affaire pour se redresser et s’intéresser à la population adulte. Beckett coula un regard en direction d’un Marley aussi à l’aise que s’il avait été sur une patinoire sans patin aux pieds, avant de secouer la tête et de s’adresser directement à l’agent immobilier. « Harry. Il s’appelle Harry. Ou Grumpy Harry, aujourd’hui... » Sa petite plaisanterie eut l’effet escompté puisqu’elle chassa l’atmosphère étrange instaurée par la précédente réponse de son homme. L’agent lâcha un rire amusé, avant de jeter un nouveau coup d’œil au gamin. « On ne peut pas être de bon poil tous les jours ! » Schaeffer acquiesça à l’aide d’un hochement de tête et d’un large sourire engageant, puis se rapprocha de la baie vitrée pour montrer l’extérieur à Harry. Cela semblait rappeler toute la petite troupe à l’ordre. « Ah oui, les clés... » L’homme fouilla dans sa besace pour en extirper le trousseau qu’il tendit d’abord à Beckett avant de se raviser et de l’adresser à Marley. « Vous avez déjà fait un beau travail de nettoyage, j’ai presque eu du mal à reconnaître la pièce à vivre, en entrant. » Ravi que ses maigres efforts ne passent pas inaperçus, le grand blond se retourna, berçant toujours l’enfant de gauche à droite, pour rejoindre la conversation qu’il n’avait que brièvement quittée. « Je me suis occupé de la plomberie dans la salle de bain et de la réfection des murs de la plus grande chambre. C’est pas mal de boulot... On a des amis qui vont nous donner un coup de main de temps en temps, en plus, ça ira d'autant plus vite. » Le professionnel s’avança dans la pièce pour en faire le tour d’un regard, puis donna quelques conseils, avant de proposer de leur fournir quelques noms d’entreprises locales qui pourraient les aider à avancer plus vite dans leurs travaux. Comme à chaque fois que la limite de ses moyens était mise sur le tapis, Bee se rembrunit quelque peu et secoua négativement la tête. « C’est gentil, mais on préfère faire ça nous-mêmes, c’est vraiment un projet qui nous tient à cœur... » Il n’avait pas honte de ne pas posséder la fortune nécessaire pour mener à bien des travaux de grande envergure, qui leur offriraient une maison sans doute plus saine et agréable à vivre, toutefois il préférait exposer un verre à moitié plein au semi-inconnu, comme si l’impressionner était quelque chose d’important. Pour couper court à la conversation, il ouvrit la porte-fenêtre qui menait vers le jardin afin que la petite troupe puisse aller tester le fameux jeu de clés. « Tu nous ouvres, mon cœur ? » demanda-t-il en resserrant son étreinte autour d’un Harry qui se mit à frissonner malgré le manteau toujours présent autour de lui. Ce n’était peut-être pas une bonne idée de le prendre avec lui dehors, mais il ne pouvait pas non plus se permettre de le laisser seul à l’intérieur, avec tous les outillages dangereux qui traînaient à même le sol.

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· Re: there was always a moment there when i knew. · Mer 18 Nov - 11:47
Rassuré que Beckett reprenne le contrôle de la conversation, Marley souffla lentement par le nez dans le but de se donner une certaine contenance et masquer ce trouble qui l’habitait pourtant. Son embarras ne dura toutefois que quelques courtes minutes puisqu’il s’intéressa de nouveau aux échanges entre l’agent immobilier et son conjoint. Certes ne prit-il pas part à la discussion sur les travaux mais il partageait néanmoins l’avis du grand échalas. Ils n’avaient pas le même rapport à l’argent, néanmoins il comprenait sa manière de penser et pourquoi il tenait à ce point à se mettre en avant devant cet homme. Cet instant lui appartenait, c’était un peu comme son moment de gloire, il était pleinement en droit de fanfaronner et d’être fier du travail déjà accompli, même si le plus long restait encore à faire. Il ne désirait pas lui voler la vedette et le laissa, par conséquent, expliquer lui-même l’avancée de leur rénovation, après tout c’était lui qui avait fait le plus de choses sous leur toit, l’infirmier n’étant qu’un assistant à ce stade. « On va s’en sortir, » conclut-il néanmoins avec un large sourire tandis qu’il faisait tournoyer le trousseau de clés dans le creux de sa main. Beckett donnait l’impression de maîtriser la situation, il savait ce qu’il faisait, avec ou sans l’aide de leurs amis, il viendrait à bout de ce labeur colossal. « J’arrive, » souffla-t-il en rattrapant le retard qu’il avait sur eux en quelques rapides enjambées. Il ouvrit la porte du vieil abri situé au fond du jardin et jeta un œil inquisiteur à l’intérieur avant de reculer d’un pas, au moins la clé fonctionnait. « Encore un endroit à rénover, j’imagine… » fit-il remarquer avant de lâcher un rire amusé. La cabane leur serait d’une grande utilité une fois les travaux de la maison achevés, mais elle arrivait en fin de liste ; une activité du dimanche toute trouvée lorsque les beaux jours reviendront. Son regard se posa sur les joues rosies de Harry, qui ne semblait définitivement pas dans les meilleures conditions aujourd’hui, avant de tendre ses mains pour le récupérer des bras de son père. « Je vais le rentrer avant qu’il ne se transforme en glaçon. » Ou que sa température ne grimpe en flèche, songea-t-il en le calant contre son torse. « A bientôt Monsieur Froggatt et merci pour tout. » Il lui adressa un sourire sincère avant de disparaître pour les laisser régler les derniers détails entre eux, la présence du petit à l’extérieur n’étant pas une nécessité. « Oh regarde, » murmura-t-il à l’attention de l’enfant lorsqu’un chat roux traversa le jardin à toute vitesse pour rejoindre la ruelle de l’autre côté. Ce n’était pas la première fois qu’il apercevait l’animal depuis qu’ils avaient emménagé, peut-être allaient-ils tous se faire un nouvel ami s’il choisissait de leur rendre visite de temps en temps. « Tu crois qu’on va devoir investir dans des croquettes ? » demanda-t-il à Harry qui continuait de regarder par-dessus son épaule, à l’endroit même où le chat était sorti de leur champ de vision. Il ne s’éternisa toutefois pas et referma la porte-fenêtre derrière eux pour conserver la chaleur de la maison, Beckett toquerait pour rentrer ou ferait le tour pour passer par la porte d’entrée principale. Comme ils n’étaient pas encore bien équipés et qu’un léger chantier – plus ou moins organisé – régnait autour d’eux, Marley déposa le petit sur le matelas, installation de fortune qui leur servait pour le moment de lit. Il prit place à ses côtés après avoir ôté ses chaussures et commença à lui retirer plusieurs couches, notamment sa grosse doudoune qui lui donnait des airs de ballon de baudruche. « Tu vas dormir ici cette nuit ? » demanda-t-il à l’enfant comme si ce dernier était en mesure de répondre à une telle question. « Ouais… Toi non plus t’en sais rien, » dit-il dans un petit soupir. Le gamin était très certainement sourd – ou possédait d’autres problèmes qui en donnaient l’impression – pour autant, cela n’empêchait pas le maître des lieux de lui parler.

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· Re: there was always a moment there when i knew. · Lun 23 Nov - 11:08
Schaeffer avait le bagout facile. Discuter de la pluie, du beau temps, ou de tout sujet amené par son interlocuteur lui était évident, car il était curieux et possédait, mine de rien, une culture générale conséquente. C’était encore plus aisé lorsqu’il se sentait impliqué dans l’échange, et il ne pouvait rêver meilleure conversation que celle concernant sa maison, son foyer, son petit nid douillet d’amoureux. Heureusement que Marley était là pour prendre le relai avec le petit malade car son paternel délaissait son rôle au profit de maître des lieux, bavard comme pas permis. « Merci, Marl’. » Il lui adressa malgré tout un sourire reconnaissant et leur envoya un bisou de loin lorsque le duo disparut à l’intérieur de la maison ; c’était en effet plus sage et sécurisant pour Harry de ne pas rester trop longtemps dans le froid. Cela permit à Beckett d’échanger encore quelques minutes avec l’agent immobilier qui, en dépit du stop reçu plus tôt dans la discussion, lui offrit quelques adresses et conseils avisés pour avancer leur projet sous les meilleurs auspices. En retour, Bee lui laissa un rouleau de fil électrique tout neuf abandonné dans le cabanon par les précédents propriétaires, comme le professionnel semblait en avoir besoin. Lui aussi aurait pu en avoir l’utilité, toutefois il préférait faire preuve de générosité, l’homme n’avait été que patience et gentillesse avec le couple, il devait bien lui rendre la pareille avec ce petit geste. La conversation se poursuivit jusqu’à ce que Schaeffer le raccompagna à sa voiture, garée devant la maison. « Merci beaucoup, c’est un plaisir de savoir que la commission de la vente va à quelqu’un d’aussi sympa que vous, » plaisanta-t-il à moitié avant de le saluer et de lui souhaiter une bonne soirée. Il retourna ensuite à l’intérieur de la maison et referma aussitôt afin de ne pas perdre une once de chaleur, la pièce à vivre n’étant en effet chauffée que par l’intermédiaire d’un chauffage d’appoint dans l’attente d’installer les vrais radiateurs. « Hé, mes petits hommes ! » Il enleva son manteau puis s’approcha de Harry pour déposer un bisou sur le sommet de son crâne tout blond et en fit de même sur les lèvres de Marley avant de s’installer en tailleur en face d’eux. « Il avait de la fièvre mais je crois que ça commence à redescendre. » Le gamin n’avait pas trop bonne mine, toutefois Beckett était habitué. Le pauvre enfant n’était pas doté de défenses immunitaires très efficaces, il se chopait souvent des petits rhumes et des états grippaux, il n’y avait malheureusement rien d’illogique là-dedans, et mieux valait qu’il fut prompt aux petites maladies et à l’ouïe défectueuse qu’à d’autres troubles plus profonds qui auraient pu être liés à sa génétique. « Je vais le ramener à Charlotte dans la soirée, pour ne pas qu’il attrape froid ici. » Ni que ses pleurs ne dérangent Marley, pensa-t-il sans le dire à voix haute. Il attrapa la petite mimine du blondinet pour jouer avec. « Hein que tu seras mieux avec ta maman dans ton vrai petit lit ? » La moitié des meubles n’était pas encore arrivée dans la nouvelle maison, les couchages n’étaient pas encore disponibles et il ne souhaitait pas faire dormir son fils entre eux. Les câlins avec l’infirmier se faisaient déjà rares, alors il n’osait imaginer ce que cela donnerait s’il osait un jour installer physiquement son marmot au milieu d’eux. « Je pourrai aller nous chercher quelque chose à manger, ou on pourra aller grignoter un truc au Mickey’s si tu veux. » Ils habitaient à deux pas du dinner désormais, ce qui était une plus-valu non négligeable pour des types qui aimaient beaucoup manger ou commander à l’extérieur. Pas parce qu’ils n’étaient pas doués en cuisine, chacun se débrouillait, mais par facilité, et sans doute aussi pour gagner du temps et profiter de la compagnie de l’autre, un fait qui se faisait hélas de plus en plus rare ces dernières semaines.

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· Re: there was always a moment there when i knew. · Hier à 10:52
Plus il observait ce petit être et plus il se répétait intérieurement à quel point il était injuste pour lui de vivre dans un tel monde. Même si le bambin n’avait pas conscience (l’aurait-il seulement un jour ?) de toute la souffrance précédemment vécue et ayant mené à sa naissance, Marley se permettait de le ressentir pour deux. L’amitié entre Charlotte et Beckett l’avait toujours désarçonné, il ignorait encore aujourd’hui de quelle manière se positionner vis-à-vis de cette dernière, raison pour laquelle il se tenait à l’écart la majeure partie du temps, pour ne pas interférer dans des affaires qui ne le concernaient pas. De ce fait, et à force de se maintenir lui-même à bonne distance, il n’avait pas l’impression d’avoir sa place auprès de ce duo dont la relation demeurait énigmatique selon lui. Quand il détaillait le minois du petit, c’était avant tout le visage de la jeune femme qu’il voyait, bien entendu il partageait la même couleur de cheveux que son père, mais les similitudes s’arrêtaient là. Depuis que son compagnon lui avait (tardivement) avoué toute la vérité, il avait bien du mal à accepter ce lien parental entre les deux ; pourtant Beckett était bel et bien le père de Harry, dans la vie de tous les jours et sur le papier, le jeune homme l’avait reconnu comme le sien lors de la grossesse de son amie. Il ne comprenait toujours pas en quoi ce mensonge avait représenté une nécessité, voire une obligation, à l’époque. Certes ignorait-il tout des parents de la jeune maman, néanmoins il n’imaginait pas le père biologique (qui était également son père à elle) réclamer un quelconque droit sur l’enfant. Qui était suffisamment fou et stupide pour crier sur tous les toits qu’il avait violé sa propre fille ? A part un séjour en prison, l’homme n’aurait rien obtenu d’autre. Du moins, il s’agissait là de son propre avis sur la question qu’il avait jadis exposé à son homme avant de décider de se taire à jamais. Il avait dit ce qu’il pensait, toutefois, cela ne le regardant pas, il n’en avait plus parlé par la suite. « On n’est pas petits ! » répondit-il à sa remarque lorsqu’il les rejoignit à l’intérieur. Il écouta attentivement la suite de ses explications et hocha doucement la tête. Il n’avait pas attendu son avertissement pour être alerté par la température corporelle du petit, bien qu’il fût difficile dans son cas d’établir tous les diagnostics nécessaires. Harry ne réagissait pas comme tous les enfants de son âge, par conséquent il n’était toujours pas évident de déterminer quand il était nécessaire de véritablement s’inquiéter. Il ne parlait pas, était dans sa bulle, et jouait suivant ses humeurs, seul son appétit pouvait éventuellement les mettre sur la bonne piste. Il connaissait très bien son dossier médical, l’ayant suivi lorsqu’il travaillait encore à la clinique de Windmont Bay, et les petites maladies étaient récurrentes dans la vie du petit bonhomme, ce n’était pas simple à suivre et supporter mais Beckett semblait s’en être accommodé. En tout cas, il ne paniquait plus au moindre symptôme comme il avait pu le faire dans le passé. « C’est vrai qu’il fait froid ici, » fit-il remarquer dans un petit raclement de gorge, destiné à masquer son malaise, avant de se remettre debout. Légèrement blessé par les paroles du blondinet, il feignit un intérêt soudain pour le radiateur auprès duquel il se plaça et frotta ses mains. Son attention étant alors focalisée sur la baie vitrée et le jardin, la prochaine question parvint à ses oreilles à retardement, si bien qu’il tourna presque brusquement la tête vers lui, comme s’il venait tout juste de sortir d’un sommeil profond. « Hmm oui, le Mickey’s c’est une bonne idée. » Il souffla doucement par le nez et leva ses bras vers le plafond pour s’étirer. « On pourra y aller à pieds à ton retour ? » proposa-t-il avant de se diriger vers la cuisine pour se servir un verre d’eau. « Ils t’ont laissé entrer ? » demanda-t-il, en revenant dans la pièce à vivre pour s’adosser contre un mur. « A la clinique, je veux dire, » précisa-t-il aussitôt.

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