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Dorothy Smith
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· Ca peut paraître bien ordinaire (Zander) · Sam 23 Avr - 15:02

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@Zander Byrd & Dorothy
Aller à un concert, repeindre ma chambre en vert, boire de la vodka, aller chez Ikea, mettre un décolleté, louer un meublé et puis tout massacrer. Pleurer pour un rien, acheter un chien, faire semblant d'avoir mal et mettre les voiles.


Ce n’était sans doute pas grand-chose mais la paire de petites clés métalliques qui trônaient dans le creux de sa paume, c’était un immense pas en avant, le début véritable d’une existence dont elle avait choisi chaque minute. Pour la première fois qu’elle était venue au monde, elle allait avoir son chez elle, son chez elle rien qu’à elle. Ce ne serait pas sa chambre d’enfance qu’elle devait partager avec ses sœurs sans rien pouvoir laissé émaner de ses goûts sur les murs vierges. Ce ne serait plus l’appartement délabré qu’elle occupait avec Hector et les amis de ce dernier. Ce ne serait pas non plus la chambre occupée au sein du foyer des grands parents de Zander, tout aussi bienveillants qu’ils étaient de leur petit-fils. Ce serait un endroit à elle, qui lui appartiendrait et dont elle pourrait faire ce qu’elle voudrait, sans craindre de déranger, sans craindre de s’imposer. Si elle souhaiter installer sur les murs ses dessins, elle pouvait le faire. Si elle voulait aménager un coin de nature sur le petit balcon, elle pouvait le faire. Si elle souhaitait se lancer dans la concoction d’un épicé, bien loin de ses habitudes, elle pouvait le faire. Si elle souhaitait se coucher tard dans la nuit, manger à des horaires incongrus ou danser en petite culotte sur un air de Madonna, elle pouvait le faire. Ce n’était peut être pas grand-chose et l’appartement trouvé n’était pas bien grand mais c’était à elle et le signe d’un nouveau départ. Pour de vrai cette fois-ci. Elle ferma les yeux quelques instants pour savourer l’instant alors qu’une brise matinale vint lui caresser délicatement ses cheveux blonds qui avaient quelque peu poussé depuis son installation en ville. Sa vie se rapprochait de la normalité qu’elle tendait à avoir. Elle avait un emploi fixe suffisamment bien payé pour lui permettre non seulement de payer un loyer mais plus encore de mettre de côté pour ses cours du soir. Maintenant qu’elle avait un toit rien qu’à elle, elle pourrait se rendre au refuge animalier pour adopter ce petit chat noir à trois pattes dont personne ne voulait et dont elle prenait toujours un soin particulier lors de ses heures de bénévolat. Elle appréciait les longues promenades en bord de mer, notamment lors de la sortie des écoles, observant avec attendrissement les bandes d’écoliers s’ébrouer gaiement entre eux ou avec leur famille. Elle avait même réussi à se faire quelques amis en qui elle pouvait avoir confiance, enfin surtout un grâce à qui tout ça ne lui serait pas arrivé. Celui qu’elle voyait comme un chevalier sur son fier destrier blanc et qu’elle vit arriver au loin.

Un large sourire s’épanouit sur ses lèvres carmin alors qu’elle fit signe à Zander, ce dernier ayant accepté de venir l’aider à déménager. Elle l’accueillit en le serrant dans ses bras pour le saluer, appréciant comme toujours le parfum profond et salé qui se dégageait du white hat. Ce parfum qu’elle associait typiquement à lui était devenu sa madeleine de Proust, cette odeur familière et rassurante qu’elle associait à de bons souvenirs. Ils se connaissaient depuis quelques mois désormais mais sa première impression s’était confirmée au fur et à mesure de ses semaines : c’était quelqu’un de bien, profondément. « Tu es venu ! » s’exclama-t-elle en se détachant de lui, même si elle savait pouvoir compter sur lui. Elle n’avait pas grand-chose à déménager, principalement des vêtements et des livres entassés dans des cartons récupéré à Davey’s. L’appartement était doté d’une cuisine équipée mais ne possédait pas d’autres meubles. Elle avait pu récupérer ici et là, principalement auprès de ses collègues de travail ou par le bouche à oreille, des meubles de seconde main qui, eux, donneraient du fil à retordre. Au regard de l’exigüité des escaliers de son nouveau logement, il s’agirait de bien pivoter le canapé dans ces derniers. Ou de le scier en deux pour le faire passer mais l’utilité serait grandement amoindrie. « Merci ! » Elle fit un signe de tête vers l'intérieur. « Je t'ai préparé mon fameux gâteau au chocolat. Il est encore chaud si tu en veux pour prendre des forces. »

Elle poussa un soupir en posant ses mains sur ses hanches d’un air décidé. « Tu crois qu’il vaut mieux commencer par les gros meubles ou se ménager avec les cartons en premier ? » Instinctivement, elle débuterait par les gros afin de permettre à Zander d’être libéré pour vaquer à ses occupations de justicier pas si masqué le plus rapidement possible. Mais elle avait désormais un doute : et si l’un des deux se blessait en faisant tomber la bibliothèque sur son pied gauche et qu’il fallait lui amputer le gros orteil, menaçant sa marche en équilibre jusqu’à la fin de ses jours ? Il fallait vraiment qu’elle arrête avec ses scénarios catastrophes. « Peut être le matelas d’abord ? » Oui, c’était plus sûr. Personne ne pouvait être blessé par un matelas de deux personnes, aussi lourd et peu maniable soit-il. Son patron avait accepté de lui prêter le camion qui servait aux livraisons de sorte qu’il n’y avait qu’à glisser les affaires dans ce dernier et conduire jusqu’à Crescent Lane. Ce serait assurément la partie la plus facile, la plus difficile étant les 3 étages sans ascenseur. Mais ils étaient jeunes après tout ?

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Zander Byrd
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· Re: Ca peut paraître bien ordinaire (Zander) · Dim 24 Avr - 10:12
Zander avait pris quelques jours pour lui, en mer. Ce voyage lui a apparu comme une nécessité, après ces derniers mois passés — certains diront qu'il ne faisait que de fuir, comme il a pu le faire par le passé —. Si, d'un point de vue professionnel, Zander est épanoui et continue d'évoluer dans l'échelle des reconnaissances au sein de ses pairs, sa vie personnelle n'a plus de sens pour lui, depuis sa rupture. Plus rien n'avait de sens, sans elle. Il lui a fallu du temps pour apprendre à aller de l'avant, pour ne plus regarder derrière lui. Aujourd'hui, il va mieux. Du moins, en apparence. En apparence, parce que personne ne sait les remous en son for intérieur. Alors, oui, peut-être a-t-il cherché à fuir les remous qui s'agitent dans ses entrailles. Comme à chaque fois que Zander part en mer, il ne prend pas le temps de consulter ni sa boîte mail, ni sa messagerie personnelle. C'est à son retour qu'il prend le temps de lire, d'écouter ces quelques messages que certains prennent la peine de lui laisser pendant son absence. Parmi ces messages reçus, il y en a un de Dorothy Smith. La jeune femme lui demande s'il acceptait de venir lui prêter un coup de main pour son déménagement. Il y a quelques mois encore, Dorothy Smith était une inconnue, dont il ignore l'existence sur le territoire américain. Le réseau amical l'avait mis sur son chemin. Il lui avait proposé une chambre chez ses grands-parents. Mais, aujourd'hui, elle quitte sa petite pièce dans le foyer des Byrd pour prendre son envol.

Il avait écrit l'adresse sur un bout de papier, qu'il a rangé dans le fond de la poche arrière de son jean. Il estime connaître assez bien Windmont Bay pour ne pas avoir besoin de se servir d'un GPS pour trouver son chemin. Il n'a pas pris sa voiture. Pour la distance qu'il a à faire, il se dit qu'il peut s'en passer — conscience écologique ? —. Il sillonne les rues de la petite bourgade, jusqu'à arriver au point d'arrivée. Il se dit qu'il doit être bien arrivé puisqu'il aperçoit, sur le trottoir, un camion garé. « Bien entendu ! », énonce-t-il, quand Dorothy lui fait remarquer qu'il est venu. Il lui esquisse un sourire, alors qu'elle le remercie — sûrement d'avoir répondu présent, d'être là. « Oh ! Je pense qu'il vaut mieux le garder pour après ?! Après l'effort, le réconfort, comme on dit », qu'il énonce. Il n'est pas certain qu'il serait plus efficace avec le ventre plein, bien au contraire.

Silencieux, il suit Dorothy pour savoir quoi faire. Il s'arrête en face d'elle, alors qu'elle le questionne. Il prend un instant, un très court instant, un air réfléchi, considérant sa question. Commencer par les gros meubles ? ou par les cartons ? De manière générale, Zander est incapable de faire des choix, ou alors après de longues réflexions. Alors, dans un premier temps, il hausse les épaules. « Comme tu préfères. Je saurais m'adapter », articule-t-il. Il n'est pas du genre à imposer une vision des choses aux autres. Il est plutôt de ceux qui préfèrent subir celle des autres, plutôt que d'imposer la sienne. Il se dit qu'au moins, il n'a pas à faire de choix, à prendre des décisions. « Commençons par le matelas alors ! ». De toute façon, il faut bien qu'ils commencent par quelque chose. Zander commence par monter dans le camion et se dirige tout naturellement vers le matelas. Il commence à le tirer, puis se tourne vers Dorothy : « tu préfères te mettre devant ? », qu'il demande. Après s'être répartis les deux positions stratégiques pour monter le fameux matelas, les deux jeunes trentenaires se mettent à l'œuvre. « Si tu veux reprendre ton souffle avant d'arriver, dis-le », ils sont à mi-chemin. Il se dit qu'ils devront bien arriver à amener ce matelas jusqu'à bon port — il a l'avantage de pouvoir se courber dans les angles. [...] Quelques minutes plus tard, ils entrent dans l'appartement de Dorothy qu'il découvre pour la première fois. « On doit le déposer où ? », qu'il demande.

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Dorothy Smith
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· Re: Ca peut paraître bien ordinaire (Zander) · Dim 15 Mai - 15:21
Dans toutes les séries et films qu’elle avait regardé, il semblait que le déménagement était un rite de passage de l’enfance à l’âge adulte, un moment partagé entre larmes maternelles, émue ou soulagée de voir le petit quitter son nid, grognements paternels devant la lourdeur des cartons de sa descendance ayant commis l’erreur irréparable de mettre les livres dans le même carton, rires des amis cassant par inadvertance un objet avec plus ou moins d’importance et fierté de celui qui apprend à battre de ses propres ailes. Dorothy en avait été, en quelque sorte privée, de sorte qu’elle s’émerveillait de chaque instant depuis qu’elle avait fait son premier pas en ville. Il n’était cependant pas précisé, dans les films et les séries, combien les déménagements demandaient également d’entraînement physique et sollicitaient une réflexion digne des plus grands logisticiens de l’Antiquité grecque. Ce qu’elle ne possédait évidemment pas. Heureusement, elle avait eu la possibilité de développer des relations avec les habitants de son nouveau lieu de vie, certains plus que d’autres, et elle s’était progressivement ouverte à ces derniers, demeurant toutefois sur ses gardes pour ne pas souffrir inutilement une fois de plus, pour conserver une part d’elle dont la jeune femme n’était pas prête à dévoiler à qui que ce soit et surtout pas lui. C’est une nouvelle Dorothy qui s’épanouissait telle une fleur délicate à la douce lumière de la lune, loin de l’effet dévastateur et opiniâtre de l’astre solaire. La troisième fois était la bonne. « Tu as tout à fait raison. Ce sera la carotte pour nous faire avancer. » approuva-t-elle avant de lui adresser un clin d’œil, consciente de sa gourmandise. « Enfin surtout toi. » Elle était vraiment heureuse d’avoir croisé le chemin d’un être aussi exceptionnel qu’était Zander. Peu de personne aurait réagi comme lui. Là d’où elle venait, on accueillait rarement un étranger les bras grand ouverts. Même quand elle était avec Hector, il fallait que le nouvel arrivant ait quelque chose d’intéressant à amener, souvent à la limite de la légalité, pour que son époux se décide à ouvrir la porte. Il n’y avait aucun point commun entre les deux hommes, même si elle ignorait pourquoi elle ferait la moindre comparaison entre eux. Mais il était bon d’avoir quelqu’un sur qui compter en toute circonstance, quelqu’un qui était généreux et sincère, quelqu’un qui était capable de lui offrir la meilleure partie d’elle-même.

« Je ne savais pas si tu aurais le message à temps. J’espère que tu as eu beau temps. » A chaque fois qu’elle allait au travail, elle passait devant le port, vérifiant que le navire de son ami était toujours à quai et y déposant de temps à autres des muffins de sa concoction dans une petite boîte métallique pour échapper aux mouettes chapardeuses. Elle ne l’avait pas vu pendant quelques jours, supposant une sortie en mer confirmée par le grand-père du beau brun. Elle en était heureuse pour lui, se disant que ce vent de liberté lui ferait du bien et qu’il prendrait ainsi des couleurs. Même si elle et son teint de porcelaine étaient plutôt mal placés en ce sens. « Je peux guider, ce sera plus simple puisque je connais les lieux. » proposa-t-elle, se positionnant à l’une des extrémités du matelas avant de guider son comparse dans l’étroitesse des escaliers, le rouge montant à ses joues sous des efforts qu’elle n’avait pas l’habitude de faire et moins encore dans un espace aussi réduit. Après quelques minutes de pagaille, elle parvint à ouvrir la porte de l’appartement d’un léger coup de fesse. Ce dernier en forme de deux pièces en carré en quinconce l’une de l’autre offrait une vue agréable sur un joli parc agrémenté d’un petit balcon pour y prendre son café le matin. « La seconde pièce vers la droite. » indiqua-t-elle. L’entrée se composait d’un petit espace de rangement et des WC. La première pièce constituait la pièce de vie avec cuisine ouverte, petit bar servant de table. La deuxième pièce à laquelle était collée une salle de bain moderne serait sa chambre. « I…ci. » souffla-t-elle avant de laisser le matelas tomber sur le sol, ce dernier soulevant un très léger nuage de poussière en dépit du ménage qu’elle avait réalisé la veille. Satisfaite et plutôt fière de présenter son chez-elle, elle montra du doigt un coin de la pièce à côté d’une des deux fenêtres. « Je pense que j’installerai le lit ici contre le mur. Ca me laissera de la place pour mettre une petite penderie. Viens, je vais te faire le tour du propriétaire, même si ce sera rapide. » Elle lui attrapa la main pour lui faire visiter les lieux rapidement avant de terminer sur le balcon. « Et ici si je me penche un peu sur le côté, on peut presque voir le port et une partie du bateau de ton voisin. » Elle plaça ses mains sur ses hanches avant de glisser un regard vers l’intérieur. « Tu en penses quoi alors ? » Elle était impatiente de savoir si elle avait fait le bon choix, si celui qui avait choisi de vivre dans un lieu aussi atypique allait valider un lieu si conventionnel. Son opinion n’aurait pas dû compter plus que le propos avis de la jeune femme, mais cela faisait tellement longtemps qu’elle se pliait aux exigences d’autrui. C’était encore tout nouveau pour elle.

@Zander Byrd

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